1945 : les Japonais ont perdu la guerre. Un jeune lieutenant est en fuite, il est recherché pour crime de guerre… Seconde guerre mondiale : l’officier Takuya Kiyohara est affecté au quartier général des forces armées de Kyushu, l’île du sud-ouest du Japon considérée comme un endroit stratégique de la guerre du Pacifique. Jour et nuit, il coordonne les informations concernant les intrusions d’avions américains, note la violence incessante des bombardements, puis l’ampleur sans précédent de la déflagration de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. Vient l’annonce de la défaite, le 15 août 1945, avec la déclaration solennelle de l’empereur exhortant la population exténuée, hébétée, à “supporter l’insupportable”. Ce jour-là, l’état-major donne l’ordre d’abattre dans les plus brefs délais les aviateurs récemment faits prisonniers. Takuya se porte volontaire pour l’exécution. Quelques semaines plus tard, il apprend qu’il est recherché par les autorités pour crime de guerre. Une longue fuite commence, une errance fantomatique, hallucinée, au cours de laquelle il tente d’échapper au jugement d’un pays dévasté par l’horreur de la guerre, de se fondre dans l’anonymat de la population civile de son pays occupé, appauvri, anéanti par les destructions massives. Mais ce cheminement vers la rédemption ne sera pas suffisant pour effacer en lui le souvenir de la lumière d’été dans la clairière où furent décapités les grands hommes blonds. Sorti au Japon en 1978, ce roman est le premier qui osait poser la question des crimes de guerre à une époque où celle-ci était encore occultée par la société japonaise. Par sa problématique, il est aujourd’hui encore d’une remarquable actualité, et Yoshimura y est au sommet de son art : son écriture froide, distante, implacablement lucide, permet l’exploration mentale extrêmement précise d’un homme simple, docile, sans conscience politique, plongé dans une situa
Prize winning Japanese writer. Akira Yoshimura was the president of the Japanese writers union and a PEN member. He published over 20 novels, of which in particular On Parole and Shipwrecks are internationally known and have been translated into several languages. In 1984 he received the Yomiuri Prize for his novel Hagoku (破獄,engl. prison break) based on the true story of Yoshie Shiratori.
Another gripping book by Yoshimura. This story follows Takuya, an officer in the Japanese army who beheaded an American POW in the immediate aftermath of Hiroshima and Nagasaki. Shocked by the thousands of civilian casualties caused by American fire bombings and nuclear attacks, Takuya eagerly followed orders to execute American prisoners. After the capitulation of his country, Takuya finds himself on the run from the American military tribunals promptly set up to judge "war criminals". Takuya's first disappointment comes from the attitude of his superiors who deny all responsibility and put the blame on rank and file soldiers. After saying hurried goodbyes to his parents, Takyua tries to find refuge with his uncle, a former superior officer. His uncle's advice is blunt: surrender. Takyua then tries to find shelter with former comrades, but nowhere is he welcome. Everybody is starving and terrified of the new masters. Worse than that, Takuya realizes that his fellow citizens have internalized American propaganda and feel genuine revulsion upon meeting a "war criminal". Eventually he finds a job with Terasawa, a good man who doggedly pursues his dream of rebuilding his matchbox factory. Matches are among the many rationed goods giving rise to a lively trade on the black market. Takuya proves diligent and trustworthy, to the extent that Terasawa, who has lost his only son, wants to adopt him, forcing Takuya to confide his secret. Terasawa doesn't turn him in, and carries on treating him almost like a friend. But just as Takuya starts to relax, he is finally arrested as a result of an anonymous postcard he sent his parents to let them know he was still alive. Takuya realizes that his family has been under a lot of pressure during the whole time he lived under a false identity. Takuya comes to trial and is condemned to a long sentence, but as months and years go by the Americans start treating the Japanese as partners rather than as former enemies, and Takuya is released. However, he remains so disillusioned and discombobulated that he can't pick up where he left off and his future doesn't look very bright. This is not the first book I've read about post war Japan but certainly one of the strongest.
Ce roman débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Takuya, ancien officier dans la défense anti-aérienne se rend au quartier général à la demande d'un lieutenant. La carte qu'il lui a envoyée, quelques mots à peine, ne laisse rien présager de bon. Et effectivement, Shirasaka lui annonce que les Américains traquent sans relâche les criminels de guerre et qu'il doit fuir au plus vite sans quoi c'est la pendaison qui l'attend. Takuya a en effet participé à la décapitation au sabre de pilotes ayant bombardé les régions habitées par des civils... L'officier ne peut plus compter que sur lui-même et traverse un Japon en ruines sous l'oppression de MacCarthur. L'écriture est belle, poétique. La vision de la guerre vue par les militaires japonais, la surprise de ces bombes d'un caractère "nouveau", la réalité de la vie après guerre, la question des crimes de guerre : ces thématiques sont autant de raisons pour lesquelles j'ai trouvé ce livre passionnant.
S'interrogeant sur la notion de culpabilité en temps de guerre, ce grand roman dresse le portrait d'un Japon honteux et meurtri à la fin des années 1940, hanté par Hiroshima et sa défaite "humiliante", mais aussi par ses propres dérives criminelles. A travers la fuite de son personnage, Yoshimura nous parle d'un pays et d'un homme qui essayent de se reconstruire et d'oublier. Mais le peuvent-ils réellement après de tels événements ?...