La jeune Marine Aubier est secrétaire de direction dans une entreprise parisienne quand les Allemands envahissent la France, au printemps 1940. Marine est une jeune femme simple, pas vraiment belle mais au charme certain. Avec son frère Louis, qui vit à Clermont-Ferrand, elle se lance dans la Résistance. Dans son réseau elle rencontre un certain Igor, bel homme et résistant fantasque : ils tombent fous amoureux et courent tous les risques... En 1942, Marine est arrêtée, pour avoir gardé chez elle un émetteur. Elle survit à deux années affreuses, dans un camp de concentration, mais Igor l'attend à son retour, à l'hôtel Lutétia. Marine est sauvée, Igor l'aime et la chérit, ils s'épousent : une nouvelle vie commence, sans les souffrances ni les éclats troubles du passé. Igor se lance dans le cinéma. Son premier film est un succès. Marine devient une journaliste en vue. Très vite, elle enchaîne reportages, portraits, enquêtes... Mais comment vivre sa vie simplement, quand on l'a risquée chaque jour ? Igor n'est pas toujours fidèle et leur couple brinquebale... Jusqu'à l'accident : infirme, Igor ne pourra plus se déplacer qu'avec deux cannes... Seule Marine saura lui insuffler l'énergie, la volonté de continuer. Et puis, un soir de désoeuvrement, elle rencontre un journaliste anglais, David. Résistera-t-elle à sa nouvelle passion ?
C’est très prenant mais la fin est vraiment bâclée. Elle a beaucoup donné à son mari devenu infirme, soit. Mais il lui a sauvé la vie en s’occupant d’elle après les camps. Ensuite elle le trompe et il l’accepte, la laisse vivre sa passion, quitter la France quand elle veut pour sa carrière et un autre homme, à une époque où les femmes n’avaient aucun droit, sauf celui de se marier et de faire des enfants. Puis il se suicide et en quelques jours elle passe à autre chose : « la plaie s’était fermée ». Elle, orpheline, ayant perdu son frère dans les camps, se remet du suicide de son mari qui était sa seule famille en un clin d’œil? Qu’elle soit amoureuse d’un journaliste anglais qui ait réveillé son corps et qui comprenne sans doute mieux ses intérêts et son métier, on le conçoit bien mais qu’en quelques lignes l’autrice nous dise qu’elle a zappé son mari, le père de ses deux enfants mineurs, ça paraît un peu fort. Pire, quelques jours à peine après la mort de son père elle accepte que son fils dise de cet homme, qu’il ne connaît pas et qui entend prendre la place de son père, que c’est lui qui commande maintenant, ça parait franchement délirant et a minima massivement déloyal et révoltant. D’ailleurs, de ces enfants l’autrice n’en parle quasiment jamais. A croire que l’histoire se passe maintenant et que l’héroïne se contrefiche totalement de leur ressenti. Bref, j’imagine que le roman s’inspire de la vie et/ou de la personnalité de l’autrice mais la fin est trop abrupte pour être crédible. Et comme pour éviter justement de décrire la suite de cette histoire invraisemblable, l’autrice tue son héroïne, dans la plus pure tradition des écrivains français (et peut-être aussi étrangers).
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