Les mots nous manquent pour dire le plus banal des paysages. Vite à court de phrases, nous sommes incapables de faire le portrait d'une orée. Un pré, déjà, nous met à la peine, que grêlent l'aigremoine, le cirse et l'ancolie. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d'une " histoire naturelle " attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s'autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la " peinture de paysage " au rang d'un savoir crucial. La galaxie et le lichen, l'enfant et le papillon voisinaient alors en paix dans un même récit. Ce n'est pas que l'homme comptait peu : c'est que tout comptait infiniment. Des croquis d'Alfred Wallace aux " proêmes " de Francis Ponge, des bestiaires de William Swainson aux sonnets de Rainer Maria Rilke, ce livre donne à entendre le chant, aussi tenace que ténu, d'un très ancien savoir sur le monde – un savoir qui répertorie les êtres par concordances de teintes et de textures, compose avec leurs lueurs des dictionnaires éphémères, s'abîme et s'apaise dans le spectacle de leurs métamorphoses.
Le sous titre et la 4ème de couverture sont formidables, dommage qu’ils semblent être ceux d’un autre livre. L’idée proposée (la perte du vocabulaire et du langage de la nature) était brillante mais elle est à peine évoquée dans l’ouvrage. Tout comme la plupart des noms évoqués en 4ème de couverture. Rilke arrive vaguement à la fin dans une citation...
L’auteur s’empêtre dans le détail des milliers d’insectes assassinés par les naturalistes de la fin du siècle dernier. On ne comprend jamais où il veut en venir... Bref comme il le dit lui même c’est un long discours sans sens ni propos.
Reste qu’il cite énormément d’auteurs et de personnalités qui semblent fascinantes. Deux étoiles pour les sources donc.
Alors que je n’ai eu que très peu dans ma vie l’élan de lire et comprendre la flore et la nature, j’ai découvert cette année combien lire là-dessus m’apaisait. Vraiment. Ce livre a été un sacré défi par contre (dictionnaire à portée de mains et description sans fin de scarabées et de procédés de taxidermie). Au bout du compte, je suis contente d’être passée au travers. Il y a de très beaux passages et de belles réflexions, quoique je ne sache pas ce que j’en retiens clairement. L’auteur même ne semble pas trop savoir où il va. C’est un ouvrage un peu à mi-chemin entre un essai historique, sur l’art, la sociologie et l’écologie.
Lecture méandreuse car foisonnante lexicalement, historiquement, géographiquement... D'une grande originalité à l'exception du focus exclusif sur des mexis blancs occidentaux...