Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, " manifesto ", témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda inlassablement intactes. Deux narrations s'entrelacent, qui signent le portrait d'un homme dont la jeunesse fut marquée par la guerre civile espagnole et l'exil : celle de Léonor, envahie par les souvenirs et les émotions de la longue veille aux côtés de sa mère, Cécile ; et celle de Félix, dont l'esprit s'est échappé vers les contrées du passé. Il y a rejoint l'ombre d'Ernesto (Hemingway), qu'il n'a jamais revu depuis les déjeuners du dimanche à Pamplona, alors que lui était encore un petit garçon, dans les années trente. L'écrivain, déjà auréolé de sa gloire, y suivait les courses de toros. Aujourd'hui, toute différence d'âge abolie, Félix se remémore ceux qu'ils ont connus, sa petite enfance à Gernika, les mystérieuses activités politiques de ses oncles dans la maison d'exil des Landes. Il en vient bientôt à évoquer la mort tragique de ses enfants nés avant sa rencontre avec Cécile, et confie à son vieux complice combien sa nouvelle famille l'a aidé à continuer à vivre, dessiner et sculpter. Ernesto, à son tour, lui raconte son besoin d'écrire, Martha et les femmes qu'il ne pouvait s'empêcher de séduire, sa propre fascination pour la mort, son suicide. Mais leur ultime conversation ne s'achèvera pas avant que Félix ait pu montrer à Ernesto le violon que, de ses mains, il fabriqua pour Léonor. A son chevet, sa fille lui fait écouter une ultime fois leur sonata da Chiesa de Corelli... La musique a tant accompagné leur bonheur, leur pas de deux artistique, depuis que, élève précoce, Léonor apprenait à maîtriser son instrument. Cette même musique ponctue d'une déchirante douceur leur dernière nuit, dont le récit, magnifique tombeau poétique, donne à jamais vie au créateur et au père merveilleux que fut Félix.
Léonor de Récondo, née en 1976, débute le violon à l’âge de cinq ans. Son talent précoce est rapidement remarqué, et France Télévisions lui consacre une émission alors qu’elle est adolescente. À l’âge de dix-huit ans, elle obtient du gouvernement français la bourse Lavoisier qui lui permet de partir étudier au New England Conservatory of Music (Boston/U.S.A.). Elle devient, pendant ses études, le violon solo du N.E.C. Symphony Orchestra de Boston. Trois ans plus tard, elle reçoit l’Undergraduate Diploma et rentre en France. Elle fonde alors le quatuor à cordes Arezzo et, grâce au soutien de l’association ProQuartet, se perfectionne auprès des plus grands maîtres du genre (Quatuor Amadeus, Quatuor Alban Berg). Sa curiosité la pousse ensuite à s’intéresser au baroque. Elle étudie pendant trois ans ce nouveau répertoire auprès de Sigiswald Kuijken au Conservatoire de Bruxelles. Depuis, elle a travaillé avec les plus prestigieux ensembles baroques (Les Talens Lyriques, Le Concert d’Astrée, Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel). De 2005 à 2009, elle fait partie des musiciens permanents des Folies Françoises, un ensemble avec lequel elle explore, entre autres, le répertoire du quatuor à cordes classique. En février 2009, elle dirige l'opéra de Purcell Didon et Enée mis en scène par Jean-Paul Scarpitta à l'Opéra national de Montpellier. Cette production fait l'objet d'une tournée. En avril 2010, et en collaboration avec la chanteuse Emily Loizeau, elle crée un spectacle mêlant musique baroque et musique actuelle. Léonor de Récondo a été premier violon sous la direction de Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), Patrick Cohën-Akenine (Les Folies Françoises), Enrico Gatti, Ryo Terakado, Sigiswald Kuijken. Elle est lauréate du concours international de musique baroque Van Wassenaer (Hollande) en 2004. Elle fonde en 2005 avec Cyril Auvity (ténor) L’Yriade, un ensemble de musique de chambre baroque qui se spécialise dans le répertoire oublié des cantates. Un premier disque de l’ensemble paraît chez Zig-Zag Territoires autour du mythe d’Orphée (plusieurs fois récompensé par la presse), un deuxième de cantates de Giovanni Bononcini en juillet 2010 chez Ramée. Léonor de Récondo a enregistré une quinzaine de disques (Deutsche Grammophon, Virgin, K617, Alpha, Zig-Zag Territoires) et a participé à plusieurs DVD (Musica Lucida). En octobre 2010, paraît son premier roman, La Grâce du cyprès blanc, aux éditions Le temps qu'il fait. Chez Sabine Wespieser éditeur, elle publie en 2012 Rêves oubliés, roman de l’exil familial au moment de la guerre d’Espagne. Pietra viva (Sabine Wespieser éditeur, 2013), plongée dans la vie et l’œuvre de Michel Ange, rencontre une très bonne réception critique et commerciale. Avec Amours, son nouveau roman paru le 8 janvier 2015, Léonor de Récondo, dont on retrouve la phrase juste et précise qui conduit le lecteur au plus près de ses émotions, fait exploser les cadres de la conformité bourgeoise pour toucher à l’éclosion du désir, la prise de conscience de son propre corps, la ferveur et la pureté d’un sentiment qui balayera tout, et impressionne par l’amplitude de ses sources d’inspiration.
Je crois que ce roman est une catharsis personnelle pour son autrice, et il m’a été difficile de m’y attacher en tant que lectrice. J’ai été très émue par les passages où Léonor de Recondo relate la dernière nuit à l’hôpital, mais beaucoup moins par les passages où Hemingway (?) et son père discutent. S’il fallait savoir quelque chose sur le lien entre Hemingway et le père de l’autrice pour comprendre ces passages, je suis totalement passée à côté. Bref : un livre plutôt joli (la plume de l’autrice reste sublime) que j’oublierai vite, malheureusement.
Je ne sais pas quoi en penser, c'était très beau clairement, un beau message d'amour a un père. Mais peut-être vraiment trop intime pour être 100% apprécié. Et la déformation professionnelle me fait me dire "mais qui cela pourrait intéresser" :/ mais en tout cas, j'aime la plume de Recondo, c'est beau, poétique.
"Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, " manifesto ", témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda inlassablement intactes. Deux narrations s'entrelacent, qui signent le portrait d'un homme dont la jeunesse fut marquée par la guerre civile espagnole et l'exil : celle de Léonor, envahie par les souvenirs et les émotions de la longue veille aux côtés de sa mère, Cécile ; et celle de Félix, dont l'esprit s'est échappé vers les contrées du passé. Il y a rejoint l'ombre d'Ernesto (Hemingway), qu'il n'a jamais revu depuis les déjeuners du dimanche à Pamplona, alors que lui était encore un petit garçon, dans les années trente. L'écrivain, déjà auréolé de sa gloire, y suivait les courses de toros. Aujourd'hui, toute différence d'âge abolie, Félix se remémore ceux qu'ils ont connus, sa petite enfance à Gernika, les mystérieuses activités politiques de ses oncles dans la maison d'exil des Landes. Il en vient bientôt à évoquer la mort tragique de ses enfants nés avant sa rencontre avec Cécile, et confie à son vieux complice combien sa nouvelle famille l'a aidé à continuer à vivre, dessiner et sculpter. Ernesto, à son tour, lui raconte son besoin d'écrire, Martha et les femmes qu'il ne pouvait s'empêcher de séduire, sa propre fascination pour la mort, son suicide. Mais leur ultime conversation ne s'achèvera pas avant que Félix ait pu montrer à Ernesto le violon que, de ses mains, il fabriqua pour Léonor. A son chevet, sa fille lui fait écouter une ultime fois leur sonata da Chiesa de Corelli... La musique a tant accompagné leur bonheur, leur pas de deux artistique, depuis que, élève précoce, Léonor apprenait à maîtriser son instrument. Cette même musique ponctue d'une déchirante douceur leur dernière nuit, dont le récit, magnifique tombeau poétique, donne à jamais vie au créateur et au père merveilleux que fut Félix"
What happens to our brain when we’re in a coma? Do we finally try and find our dear ones, the ones we’ve lost before? Do we replay the moments in our life when we were happy, fearful, wishful? Do we wander in the unknown and gravitate towards the characters we’ve never met before in our lives? This is what Félix goes through, while Léonor and Cécile sit besides him, on his deathbed. I’ve felt all of the same feelings, sitting besides my dying father. I, too, wished it would all precipitate towards an end I did not want (yet longed for). Maybe this is why I see the beauty and the truth in her words and maybe this rating has more to do with her courage to put these words out than with her talent to put them together. I still found some of moments in this book beautifully described.
J'aime toujours autant Léonor de Récondo, son style, ses mots, et son amour de la vie. Ce livre est un peu différents des autres, principalement parce qu'il est très autobiographique, mais aussi parce qu'il mêle plusieurs strates temporelles (celle de Léonor, et celle de son père, qui s'entremêle aux souvenirs d'Hemingway).
C'est un livre assez dur, qui traite de la mort du père de Léonor, mort à l'hôpital, dans une chambre médicalisée, la nuit... Et pourtant, qu'est ce que c'est beau ! Je ne saurais comment le dire avec plus de précision, mais je trouve que le style de Léonor de Récondo fait des petites choses de la vie, des éléments sublimes.
le récit de la dernière nuit de l'accompagnement de son père vers la mort, entrecoupé de souvenirs donc ceux tragiques de ses enfants disparus , suicidés, mais aussi d'autres plus lumineux qui se répondent. C'est un très bel hommage , peut -être en forme de thérapie, de ceux que l'on aimerait savoir écrire, en posant et en écoutant le mots avec cette belle écriture qui résonne comme une mélodie. La conversation avec Hemingway est peut être intéressante pour la forme du récit mais est anecdotique et manque de crédibilité.
"Nous sommes bien là, tous les trois. J’aimerais que cet instant s’étire. Nous pourrions dormir un peu près de toi et reprendre notre souffle. Avant que tu ne retournes à mourir et nous, à vivre."
Parce que c'est de ça dont il s'agit ; une foudroyante agonie qui remplit l'espace du crayon sur le papier et du violon serré contre la joue.
Un joli roman écrit par une plume à la poésie presque onirique et à la lumineuse tristesse. Les pages d’adieu à son père sont bouleversantes. Celles consacrées aux échanges fantasmés entre ce dernier et Ernest Hemingway sont parfois un peu abscons pour se sentir véritablement emportés. Reste quoi qu’il en soit la poésie de Léonor de Récondo...
Voici un livre que j'ai découvert en version audio et cela m'a permis d'apprécier davantage la beauté de la plume de l'autrice, sa finesse, l'émotion qu'elle véhicule et cette intimité qui nous saisit. De très beaux moments, un rythme spécialement réussi grâce à ce "pas de deux" entre les souvenirs de Léonor et les échanges entre Felix et Ernesto. Je recommande très chaleureusement.
I like the style and the way it is written (two different things here), and it is a calm book that just takes you along. It is a bit sad that it does so in a very disjointed fashion and that I really cannot see why Hemingway needs to be there.
Beau, super poétique comme Léonor de Récondo sait le faire. Très personnel comme récit, c'est peut-être pour cela que j'ai eu de la difficulté à persévérer dans ma lecture.
L'hommage magnifique d'une fille à son père. Une ode à l'artiste, à l'artisan ❤️ encore une grande réussite pour une autrice qui me touche à chaque fois ❤️
Un livre qui vous transporte tout en douceur dans la vie de tous les jours. Une balade nostalgique. Je l'ai lu sans peine et avec beaucoup de délectation.
bel opus qui mèle son histoire quand elle accompagne son papa agonisant à l'hopital, et l'histoire de son père, l'exil d'Espagne, dans un dialogue inventé avec Ernest Hemingway. très beau livre
De sa plume douce et attentive, Léonor de Récondo signe un magnifique manifeste contre l’oubli, pour le souvenir et sur la difficulté du deuil. Des très émouvants passages où elle fait raconter à son père, face à « Ernesto », le plaisir qu’il a pris à construire un violon pour sa fille, on comprend la force de l’amour et la puissance réconfortante du souvenir pour surmonter la perte.
Très beau récit intime qui aborde avec finesse et une grande beauté une relation père fille. L'écriture de Recondo m'a rappelé Réparer les vivants de Maelys de Kerangal.