À l'aube du XXe siècle, tandis que Paris vit sa Belle Époque et que circulent les premières automobiles sur les Grands Boulevards, la République doit mener de nombreux combats. C'est dans ce climat de prospérité et de menace que Raoul Thibaut de Mézières, ardent patriote et brillant polytechnicien, devient conseiller culturel et scientifique à l'Élysée. Mais il est surtout l'homme de l'ombre du président d'une IIIe République fort troublée, chargé d'élucider en toute discrétion les énigmes propres au pouvoir. Et, pour cette enquête, le jeune homme aura fort à faire. On revient sur les circonstances du décès de Pierre Curie et les origines polonaises de Marie alimentent les soupçons de l'opposition. Et si la plus célèbre physicienne était une espionne allemande ? Agent spécial du président, Raoul devra avant tout protéger l'intérêt public... Quitte à laisser dans l'ombre certaines pistes gênantes.
Afin d'éviter tout nouveau scandale, à la façon de l'affaire Dreyfus, le président Fallières convoque son conseiller, Raoul Thibaut de Mézières, et lui donne pour mission d'enquêter discrètement sur la mort de Pierre Curie, survenue accidentellement alors qu'il traversait la chaussée. Des détails troublants n'ont pas été étudiés plus longuement, et aujourd'hui sa veuve, Marie, voit sa carrière sous le feu des projecteurs, ce qui dérange une certaine classe politique. Les rumeurs les plus folles courent à son sujet, le président n'attend rien d'autre de Raoul qu'il étouffe tout ceci dans l'oeuf. La découverte d'une relation amoureuse entre Marie Curie et son assistant commence à mettre le feu aux poudres, notre conseiller culturel et scientifique, pourtant totalement dévoué à la cause de la veuve éplorée, ne sait bientôt plus à quel saint se vouer. Autant au départ j'ai savouré l'ambiance et l'intrigue historiques, autant j'ai fini par me perdre à mi-parcours parce que l'auteur nous assommait de considérations trop politiques et scientifiques pour mon goût. Une nouvelle fois, l'enquête n'est ici qu'un prétexte pour mettre en avant une époque (la IIIème république, la Belle Epoque). Cela a du bon, car j'ai vraiment eu le sentiment de me familiariser avec des détails qui m'étaient jusque-là inconnus. Et le tableau est tellement bien dressé qu'il égare parfois le lecteur entre les frontières du réel et de la fiction. Je n'oublie pas non plus que l'ensemble peut paraître lourd et confus, et qu'il faut s'accrocher pour ne pas se perdre dans les détails, révélant peut-être une volonté de trop bien faire. Malgré tout, je vais jeter un oeil sur les deux autres romans de la même série, curieuse que je suis de savoir si Raoul va conclure avec la belle Florence...