Kanafani, dėja traduit en anglais, en allemand, en hongrois, légitime doublement la publication en France de ces trois nouvelles: écrivain arabe parmi les plus novateurs, c'est un révolutionnaire. Il en est mort. Son personnage essentiel, métamorphose incessante mais toujours authentique, c'est le peuple de Palestine. Mao Tsé-toung disait un jour à Yénan: Seul celui qui devient l'élève du peuple peut en devenir le maître et Gramsci niait que l'on puisse « savoir sans comprendre, sans sentir et être passionné ». A l'écoute de son peuple, Kanafani en était une voix immense. « Des hommes dans le soleil » est un univers de désert, de métal, de lumière et de bruit. L'histoire de ces Palestiniens errant à travers les frontières dans une citerne fut à l'origine de l'un des meilleurs films arabes d'aujourd'hui, Les dupes. « L’horloge et le désert », c'est le temps reconquis, l'histoire réappropriée et sans retour. Michel Seurat parle d'un « autisme de l'opprimé qui rappelle étrangement l'univers de Genet » dans Les paravents. « Oum-Saad la matrice », la femme-terre, c'est la « Palestine de la Résistance, tout comme Nedjma était l'Algérie de la Toussaint 54 ». Disparaissant dans l'histoire, le peuple devient chrysalide. Ghassan Kanafani Palestinien de Jaffa vivant au Liban, Ghassan Kanafani a rejoint le Mouvement Nationaliste Arabe puis le Front populaire pour la Libération de la Palestine de Georges Habache. Il en devint le porte-parole. Après avoir collaboré aux journaux nassériens de Beyrouth, il appellera dans al-Hadaf, l'organe du Front populaire, les fedayin à combattre sans trêve. Son œuvre littéraire, essentiellement celle d'un nouvelliste, publiée en deux volumes, a paru après sa mort. Car le 8 juillet 1972, Ghassan Kanafani était assassiné par les services secrets israéliens. Né en Tunisie en 1947, Michel Seurat est sociologue. Professeur à l'Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth en 1971, il est actuellement chercheur auprès de l'Institut Français d'Etudes Arabes à Damas
Ghassan Kanafani was a Palestinian journalist, fiction writer, and a spokesman for the Popular Front for the Liberation of Palestine (PFLP). Kanafani died at the age of 36, assassinated by car bomb in Beirut, By the Israeli Mossad
Ghassan Fayiz Kanafani was born in Acre in Palestine (then under the British mandate) in 1936. His father was a lawyer, and sent Ghassan to a French missionary school in Jaffa. During the 1948 Arab-Israeli War, Kanafani and his family fled to Lebanon, but soon moved on to Damascus, Syria, to live there as Palestinian refugees.
After studying Arabic literature at the University of Damascus, Kanafani became a teacher at the Palestinian refugee camps in Syria. There, he began writing short stories, influenced by his contact with young children and their experiences as stateless citizens. In 1960 he moved to Beirut, Lebanon, where he became the editor of several newspapers, all with an Arab nationalist affiliation. In Beirut, he published the novel Men in the Sun (1962). He also published extensively on literature and politics, focusing on the the Palestinian liberation movement and the refugee experience, as well as engaging in scholarly literary criticism, publishing several books about post-1948 Palestinian and Israeli literature.
Les trois nouvelles sont tellement intenses en émotions (surtout la première: Des hommes dans le soleil), que j'ai dû faire des pauses à plusieurs reprises. La première m'a effectivement le plus marquée, sa fin étant particulièrement atroce et brutale. L'arabe n'étant pas mon fort, je l'ai lu en français, mais la traduction ne change en rien la manière particulière qu'a Ghassan Kanafani de raconter, avec une brutale honnêteté. Je ne suis pas Palestinienne, mais faisant partie d'une diaspora, ces nouvelles me marquent car elles touchent à quelque chose de très personnel qu'est le manque de la patrie, le manque que l'on ressent pour notre Terre. Je ne peux donc qu'imaginer ce que les Palestiniens doivent ressentir à cette lecture, la plupart d'entre eux n'ayant plus jamais revu leur terre.