Depuis son accession au pouvoir, le PLQ a transformé le Québec en profondeur, si bien qu'aujourd'hui, la quasi-totalité des partis emboîtent le pas et acceptent l'héritage laissé par ceux qu'ils aspirent à remplacer. On critique certes les politiques libérales dans leurs menus détails, mais ce n'est souvent que pour mieux en honorer l'esprit. Il va sans dire que ce legs marquera durablement la société québécoise. Mais celle-ci se porte-t-elle mieux aujourd'hui qu'en 2003 ? Est-ce possible d'accepter la philosophie des réformes libérales sans pâtir de ses conséquences ? Ne devrait-on pas plutôt renoncer à cet héritage ? Pour répondre à ces questions, Guillaume Hébert et Julia Posca rappellent à notre mémoire les grandes figures du règne libéral (Jean Charest, Monique Jérôme-Forget, Raymond Bachand, Nathalie Normandeau, Tony Tomassi, Philippe Couillard, etc.) et peignent un tableau réaliste de la révolution (néo)libérale qu'a connue le Québec.
Clair, quand même assez sobre et concis, cet essai livre exactement ce que son titre suggère, c'est-à-dire une analyse des politiques socio-économique du gouvernement libéral de Jean Charest et de Philippe Couillard en se concentrant, pour la majeure partie de l'essai sur un politicien ou deux à la fois par chapitre (que ce soit Charest, Barrette, Normandeau, Bachand, Jérôme-Forget, Couillard, et même François Legault à la fin!).
On y traite évidemment d'austérité, mais aussi de corruption, d'idéologie, de rémunération des médecins, du plan Nord, des portes tournantes entre le gouvernement et le privé, des PPP, etc.
Cet essai délivre un bonne analyse, qui couvre quand même une très longue période (il y a donc plein de choses qui ne sont pas dites) avec une bonne continuité dans la critique et les éléments s'enchaînent bien les uns aux autres pour constituer un véritable récit de la vision politique libérale des 15 dernières années qui s'est attelée à privatiser le public, agrandir les inégalités, imposer des mesures d'austérité absolument inutiles et connues pour être dommageables et évidemment s'enrichir grâce à de telles politiques.