Jump to ratings and reviews
Rate this book

Le paradoxe d'Anderson

Rate this book
Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes.

À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section " économique et social ". Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d'imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd'hui le détruit. Comme le paradoxe d'Anderson, par exemple. " C'est quoi, le paradoxe d'Anderson ? " demande Aline. Léa hésite. " Quelque chose qui ne va pas te plaire ", prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : " Les usines ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent. "



Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence Capa, il se consacre à l'écriture. Il a notamment publié, aux éditions Don Quichotte, Le Diable au creux de la main (2013), Les Échoués (2015) et Ce que tient ta main droite t'appartient (2017).

304 pages, Paperback

Published August 16, 2018

1 person is currently reading
19 people want to read

About the author

Pascal Manoukian

11 books7 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
7 (20%)
4 stars
16 (45%)
3 stars
7 (20%)
2 stars
2 (5%)
1 star
3 (8%)
Displaying 1 - 7 of 7 reviews
Profile Image for Oliver.
5 reviews4 followers
February 10, 2024
No sé si darle cinco estrellas de lo bueno que es o una de las ganas de llorar que me ha provocado
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,095 reviews43 followers
September 30, 2018
C'est un roman social que nous propose Pascal Manoukian en cette rentrée littéraire.

Direction L'oise, Essaimcourt.

Une famille unie, Christophe et Aline, la quarantaine, deux enfants; Léa 17 ans qui prépare son bac socio-économique, Mathis atteint d'une étrange maladie ( il est fragile et a besoin de soins).

Ils ont acheté à crédit une petite maison. Ils vivent modestement en construisant une belle unité familiale.

Christophe travaille comme contremaître chez Univerre, usine construite sur les anciennes terres agricoles de son enfance - vendues par son père à l'époque pour joindre les deux bouts.

Aline dont tout le village se souvient de Staline - le surnom de son grand-père Léon - est ouvrière dans une usine de textile.

Ils sont heureux mais leur bonheur est précaire. Un rien peut tout faire basculer comme à d'autres, leurs voisins par exemple qui licenciés par sms avaient dû vendre leur maison pour une bouchée de pain.

Léa révise activement pour décrocher son bac. C'est vers elle qu'ils portent tous leurs espoirs, un diplôme pour sortir de cette spirale, lui permettre d'accéder à une autre vie.

Un matin en arrivant au travail chez Wooly, les machines les plus modernes, les plus performantes ont disparu, dont celle d'Aline qui se retrouve sur le carreau. Quelques semaines plus tard, chez Univerre rien ne va plus, on parle de délocalisation et une grève sera entamée. C'est un tsunami social pour Aline et Christophe qui veulent à tout prix faire comme si de rien n'était pour protéger les enfants et permettre à Aline de vivre l'année de son bac sans soucis.

Le décor est planté. Quelle claque !

Une fois encore, Pascal Manoukian me touche, il me bouleverse car quelle empathie dans son écriture. Il trouve les mots justes et nous fait ressentir ce que de nombreux travailleurs vivent ou ont vécus suite à une délocalisation ou fermeture d'entreprise. Comment en quelques regards, la caissière du supermarché peut décrypter qui a reçu sa prime de licenciement par exemple.

Il nous parle du monde ouvrier, de sa précarité, de mondialisation, de délocalisation, de déclassement et fractures sociales. Des dérives du capitalisme, du fossé énorme entre les deux classes sociales, patron et ouvrier. De la course au profit et du prix à payer.

L'écriture est fluide, aiguisée, puissante, juste, acérée. Les mots sont bien choisis, une petite pointe d'humour noir voire de cynisme nous délivre la détresse du monde ouvrier. C'est réaliste, noir, poignant.

On suit un peu comme un journal, mois après mois, la vie de cette famille qui s'enlise peu à peu et essaie de trouver des solutions pour éviter le déclassement social.

Un livre à lire de toute urgence.



Ma note : coup de ♥


Les jolies phrases

Essaimcourt a la beauté de ces arbres presque morts, chaque feuille est un miracle et vient apporter sa tache de vie là où celle-ci a presque disparu.

La terre reste mais les usines partent.

Vous la connaissez cette terre, bon sang ! Vous l'avez travaillée durement. Elle est belle, grasse, généreuse. Ils vont lui arracher les entrailles, la castrer, la rendre stérile, la bétonner. Elle vous a toujours nourris. Les usines, elles, ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent.

L'innovation inventait perpétuellement de nouveaux emplois qui en s'imposant, détruisaient les anciens, à terme, le solde entre postes créés et postes supprimés devait devenir positif.

C'est comme ça, à peine fini d'élever ses enfants, il faut déjà s'occuper des parents.

Aline vient de comprendre la mondialisation : c'est lorsque son travail disparaît dans un pays dont on ne connaît rien.

Plus les parents ont peur du déclassement, plus ils poussent leurs enfants à entreprendre des études, mais plus les enfants accumulent les diplômes, moins ils trouvent du travail correspondant à leur niveau.

Vivre sans usines, c'est vivre sans poumons. C'est par là qu'un pays respire, les gars. Sans elles, il s'essouffle, contraint d'être en permanence sous assistance. La désindustralisation, c'est le cancer.

La mémoire est comme un buvard entre deux pages de cahier, elle ne garde que des traces. Des mots sans importance, des moments de rien.

C'est la faiblesse des pauvres et des petits de s'accrocher à l'existence, si médiocre soit-elle. S'il suffisait d'abandonner pour se libérer des souffrances, il n'y aurait pas autant de misère.

Les donneurs d'ordre ne savent même pas qu'ils existent. Ils suppriment des postes, en rajoutent, en transfèrent, en fusionnent, derrière leurs écrans, les yeux rivés sur le SIG, le REX, e EBE, le EBIT. Ce sont les seuls noms qu'ils prononcent dans leur espéranto boursier, les autres n'existent pas, Sandra, Magali, Christophe et Cindy ne rentrent pas dans leurs tableaux Excel, ou alors en soustraction.

Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient debout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif.

https://nathavh49.blogspot.com/2018/0...
Profile Image for Caroline Thorley.
152 reviews1 follower
January 21, 2024
An excellent book. Very clever in the way it links in the economics the daughter of the main characters is studying for her bac with events in real life. Covers as very great deal of material and is a very accurate picture of the situation faced by very many people and not just in France. The situation of this family is very difficult. Touches of humour lighten things up. I very much enjoyed the way this book was written. It's one I'd read again.
81 reviews3 followers
January 27, 2025
Je suis sous le choc. Utiliser un si beau vocabulaire pour décrire l’intérieur d’une voiture, comparer chaque paysage/rayon de lumière à une peinture classique pour étaler sa connaissance des arts, mais décrire les femmes comme des baleines échouées ou des cornets de glace triple bourrelet. On dirait que l’auteur ne comprend pas que la lutte des classes ne concerne pas que les hommes.
Profile Image for anna:).
30 reviews
April 23, 2025
la claque! merci maman de me l'avoir conseillé, j'ai bien pleuré ....
Profile Image for Granny Sebestyen.
497 reviews23 followers
July 3, 2019
"Le paradoxe d'Anderson" de Pascal Manoukian (295p)
Ed. Seuil.

Bonjour les fous de lectures ...

ATTENTION... Pascal Manoukian nous a sorti, une fois de plus, UNE PERLE....

Plantons le décor:
Dans la famille, je demande les parents, Aline et Christophe, tous deux ouvriers.
Elle, est tricoteuse dans une grande manufacture, lui, fabrique des bouteilles, il sue devant les fours pour transformer le sable en verre.
Il y a ensuite les enfants, Léa et Mathis.
Léa, prépare le Bac ES et est toute à sa jeunesse, son petit frère est de santé fragile.
Tout se petit monde vivote dans le nord de la France, vie simple, rythmée par les crédits, dans une région qui se meurt.
Jusqu'au coup de grâce ou les deux industrie se décident à délocaliser.
C'est le début de la descente aux enfers....

Quelle claque que ce livre !
Mené de main de maître.
L'écriture nerveuse nous plonge en apnée dans le monde d'Aline et Christophe qui s'écroule de façon irrémédiable au fur et à mesure que les mois passe et qu'inexorablement, toutes les issues se ferment
Le stress monte crescendo.

Manoukian prend le prétexte des révisions du Bac ES pour nous rappeler les grands principes de l'économie ( expliqués de façon claire et ludique, parfois même humoristique ) et notamment le fameux " paradoxe d'Anderson" et confronter cette belle théorie avec la réalité.

Lisez Manoukian, partagez ce livre !!!!
L'auteur nous met face à nos réalités, face aux dangers de la mondialisation non seulement pour nous mais pour les générations futures.

Voici un vrai roman social sur fond de délocalisations, de mondialisation et de lutte des classes.

NB:
Paradoxe d'Anderson : paradoxe empirique selon lequel l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de son père ne lui assure pas, nécessairement, une position sociale plus élevée...
Displaying 1 - 7 of 7 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.