Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d'ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante... Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C'est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l'Europe et la précarité... Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d'un sentiment d'urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l'amitié et l'errance. Il s'y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.
Né en 1993, Hector Mathis grandit aux environs de Paris entre la littérature et les copains de banlieue. Écrivant sans cesse, s'orientant d'abord vers la chanson, il finit par se consacrer pleinement au roman. Frappé par la maladie à l'âge de vingt-deux ans, il jette aujourd'hui l'ensemble de ses forces dans l'écriture.
« K.O » est un premier roman que l’on ne peut pas oublier, comme je ne peux pas oublier l’émotion brute qui m’a soulevé le cœur quand Mathis a lu son texte devant un parterre de libraires qui ne connaissaient pas son visage, trois secondes avant. Je lui ai serré la main, après, je lui ai dit « bravo » et « je vous veux à la librairie, dès que vous avez du temps, je peux même vous offrir un verre, mais on s’arrête pas là. » Il m’a parlé de point d’ancrage dans un public, des regards qu’il essaie de capter. Il a dit m’avoir vu. Et putain, Hector, je l’ai vu aussi.
« K.O » est un hommage à l’oralité, à la transmission des histoires, aux conteurs des trottoirs. « K.O » est un clin d’œil à la banlieue, jamais oubliée, aussi grise soit-elle. « K.O » est un combat contre la mort, un pardon pour la résilience, les moments de petits abandons. « K.O » est le petit frère des poètes de la Beat Generation, de ceux qui transpirent sur le bitume et transportent leurs voyages dans des sacs en plastique. « K.O » est habité par un truc en plus, une musique de l’urgence, la symphonie du souvenir, nichée sous le manteau. « K.O » est un grand roman qui se prétend pas géant de papier, qui a l’humilité des vrais sensibles, de ceux qui parlent peu parce qu’ils savent pas faire.
Rendez-vous le 16 août, même pas obligé de lacer tes pompes, t’as juste à embarquer dans la cadence.
Paris. Le chaos règne dans la capitale. Des cris. Le feu. L’horreur à la porte de chacun. L’ignoble dans les yeux de tous. Le monde est devenu flammes. Perdition. La télévision crache les informations, évoque des bombes au delà de Paris, dans les autres capitales, partout en Europe. La fin s’annonce. Apocalypse que présente l’auteur. Dès les premières pages, au commencement des premières lignes, le répit s’absente pour le lecteur. C’est une course en avant, un souffle qu’on ne pourra pas reprendre entre les mots. Fuir. Comme Capu et Sitam, s’accrocher à leurs guenilles, se faufiler à leurs poches. On embarque, on cavale.
K.O c’est le récit de Sitam et d’une ribambelle de camarades, de connaissances, de toute une troupe humaine qui s’agglutine, s’efface et revient auprès du personnage principal. Il y a Archibald, le sdf qui écoute l’histoire de Sitam. Capu, la gamine dont il s’est amouraché. Benji, le pote retrouvé. Et Lariol, figure d’un maitre. Les personnages s’articulent autour de Sitam, vont et viennent, s’offrent une valse dans la vie du jeune homme. Sitam, c’est la figure de l’errance, du camarade qu’on ne peut retenir. Voyageur des nuits. Un personnage à la fois effacé et fantasque de ses idées. Un amoureux de la littérature, un écrivain en devenir.
K.O nous entraîne dans une atmosphère tantôt oppressante, tantôt joyeuse de part les rencontres qui ponctuent le récit. On s’offre un souffle lorsque Sitam se promène dans les rues d’Amsterdam, mais on suffoque aussitôt, on s’affole. K.O, c’est une écriture de l’urgence. Des mots qui deviennent serpe. Un parcours qui sillonne entre amitié, fin du monde, et quête de soi.
Un roman qui se dévore. Une atmosphère qui entoure, engouffre. Une partition pour détraqués.
I have mixed feelings about this book. I just finished it and still can't quite figure out exactly how I feel about it but it was undeniably an agreable surprise. I received it in a "box" and the librarian who had chosen it based on my tastes and previous readings just left a little note saying it was rememiniscent of the Oulipo (I love Raymond Queneau in particular). I loved the whole reflection on life and writing and how the author played with words and style. I particularly enjoyed the beginning and the end for these very reasons but I think I felt a bit frustrated with the whole middle part of the book (the style was more "common" and it felt like something was missing). I still can't put my finger on what is missing for me to give this book 5 stars (I kind of hoped I would figure it out while writing the review) but this is definitely a book that I will not forget.
O.K ! J'ai envie d'être ce qu'on appelle bon public. Ce livre me semble toutefois déconcertant de par son style. Comme le dit Sitam, le narrateur, plutôt que d'un roman il s'agit d'un soliloque que caractérise fort bien la citation suivante : « Coup dur sur coup dur, je m'en vais me noyer dans le langage. [...] Le presque cabé gratte encore. Les ongles remplacent la plume. La jouissance ? Un judas sur un cercueil ! La littérature c'est l'antichambre de la mort. La mort celle de l'absolu. L'écrivain cherche à griller les étapes en trompant l'ordre des choses pour aller chatouiller l'infini. C'est la seule ambition qui se respecte. Parler d'absolu avant de mourir. Des centaines de pages et parfois plus pour échouer lamentablement. Voici ma tentative… » (p. 152-153). Le sentiment d'urgence devant la fatalité de la maladie impose l'écriture comme une évidence (« La maladie avait tout bouleversé, les choses ne suivraient plus jamais la même logique. », p. 147) pour rester « aux prises avec le réel, lui tordant le cou jusqu'à la fiction... » (p. 189) et évoquer entre autres ces détraqués dont la vie n'est que « déception sur déception. Clope sur clope. Demi sur demi jusqu'à plus RSA. » (p. 184) Sitam entend aussi rendre hommage à des confrères dans la galère, ce qui est tout à son honneur.
La suite de ce roman vient de paraître, et est, parait-il, tout aussi bien.
Pourtant, je n’ai pas aimé ce Bardamu moderne qui fuit Paris à la suite d’attentats terroristes ; se retrouve serveur dans un troquet, ; manque le casse du siècle ; et je ne suis pas allée plus loin.
J’ai n’ai pas trouvé de musicalité au style de l’auteur, sans doute parce que je suis encore réfractaire au jazz.