Durant l'été 1888, Hugo Boch, jeune peintre d'origine belge, prend pension chez Marie Gloanec, à Pont-Aven. Ce village pittoresque du Finistère attire l'avant-garde qui, rejetant l'académisme, cherche à peindre d'après nature. Même des Américains viennent ici finir leurs études, comme ils iraient à Rome... Le chef de la meute est un certain Gauguin, autodidacte à la grande gueule qui croit en son génie, et mène une correspondance avec un type intéressant à ce qu'on dit, un Hollandais, Vincent Van Gogh, reclus dans le Sud. Hugo, lui, n'est plus sûr de vouloir continuer à peindre, après avoir raté l'entrée aux Beaux Arts. Ce qui l'intéresse vraiment, c'est la photographie, mais elle n'est pas encore considérée comme un art, au mieux comme une aide technique pour les peintres ou un passe-temps... Bientôt ses parents, des industriels de la faïencerie Villeroy et Boch, lui coupent les vivres. Durant les deux années qui suivent, Hugo fait rupture avec les siens, s'enferme dans une certaine solitude, à la recherche, peut-être, de sa singularité, notamment un rapport énigmatique avec la mort au travers de la photo...
Merveilleuse lecture qui m'a embarquée tout du long. D'abord, j'aime beaucoup les romans épistolaires, j'étais presque aussi heureuse de découvrir chaque lettre que l'étaient les différents personnages, personnages qui d'ailleurs étaient très attachants. Gros coup de cœur pour Hazel, la cousine de Hugo, le personnage principal - une peintresse pleine d'humour, féministe, aimante et libre. Mais j'ai eu beaucoup de plaisir à en apprendre plus sur Hugo et Tobias également. Ce roman nous immerge totalement dans la fin du XIXe siècle, de Pont-Aven à Bruxelles en passant par Paris. Et surtout, c'est un plongeon dans la vie des peintres postimpressionnistes - Gauguin, Van Gogh, les Nabis etc. J'étais tellement fascinée par tous ces artistes que ça m'a poussée à faire un tour à Orsay et à me documenter en parallèle. Tout en en apprenant beaucoup sur le contexte artistique et social de l'époque, on rentre dans l'intimité de nos trois amis, ce qui s'accompagne de superbes réflexions, d'éclats de rire et de moments d'introspection parfois un peu sombres. La plume de l'autrice est très belle, sa poésie touche au coeur. Je n'ai rien à redire à ce roman qui pour moi est une totale réussite !
Très très jolie découverte ! C’est un roman épistolaire dont le rythme est soutenu et la prose de l’auteure envoûtante. En plus de ça, ça parle de peinture, de photographie, d’art et d’Impressionnisme. C’est extrêmement bien documenté et l’auteure a mêlé personnages fictifs et réels d’une main de maître. Mon gros coup de cœur va à Hazel pour son refus de rentrer dans le moule de l’époque, de se plier à ce qu’on attend d’une femme. Pour son profond féminisme. Ses lettres ont été de loin mes préférées. Même si le cynisme de Tobias m’a plus d’une fois fait sourire.
Totalement embarquée dans ce roman épistolaire aux personnages attachants que je n’avais pas envie de quitter. Et quelle plongée dans l’art de la fin du XIXe siècle : passionnant !
Remarquable, cette fiction entremêlée de réalité, dans une langue qui fait vraiment d'époque, la forme épistolaire ajoutant sans doute sa couleur rétro.