Pour la première fois, Philippe Courroye s'exprime sur les grandes affaires qu'il a eues en charge,les attaques dont il a été l'objet et la justice en général.Actuellement avocat général à la cour d'appel de Paris, Philippe Courroye a été tour à tour juge d'instruction au TGI de Lyon, premier juge d'instruction au pôle financier au TGI de Paris, et procureur du tribunal de Nanterre. Cette vaste expérience nous entraîne ici dans les grands procès des dernières décennies, des affaires criminelles aux scandales financiers qui ont marqué la fin de l'immunité des hommes politiques, en passant par l'erreur judiciaire.Mais ce livre est également une réflexion sur les rapports compliqués entre justice, médias et politique, qui peuvent entraver l'indépendance d'esprit de la magistrature. Le procès Bettencourt – une histoire de famille transformée en affaire d'État –, est à cet égard édifiant. Un roman aux rebondissements ubuesques pour le lecteur averti, une crucifixion programmée pour le procureur de Nanterre qu'on est allé jusqu'à accuser d'homicide dans la presse.C'est pourtant en toute impartialité qu'aujourd'hui, Philippe Courroye montre à quel point la mission de juge ou de procureur est devenue difficile, notamment du fait de la médiatisation à outrance et de la porosité du secret de l'enquête. Et c'est en serviteur de la justice qu'il aborde les problèmes que doit résoudre la politique pénale. Zones de non-droit berceau de l'islamisme radical, prisons vétustes et en nombre insuffisant d'où l'inexécution de peines, progression de la délinquance des mineurs : autant de réformes à entreprendre pour répondre aux attentes des citoyens, c'est-à-dire de nous tous.
J'ai quand même dû vérifier la date de publication parce que c'était tellement boomer que j'étais pas sûre que ça ne datait pas du siècle dernier.
Philippe Courroye est clairement un boomer, mais il est aussi beaucoup trop imbu de lui-même, pédant et méprisant. Un exemple particulièrement frappant (3 en fait, parce que un seul ne suffit pas) : -"Ils me disent "bonjour", même pas "bonjour monsieur"." LES CHEVILLES DE CE MEC. ILS T'ONT PAS DIT BONJOUR MONSIEUR OH NOOOOON -"L'éducateur, que je n'ai pas su identifier comme tel à cause de ses piercings" gros t'as jamais vu un éducateur de ta vie ? Parce que moi j'en connais, et ils ont tous des têtes un peu atypiques hein. Et comment ça, c'est le SEUL adulte dans la pièce, les autres sont des délinquants mineurs places, et tu comprends pas que le SEUL adulte de la pièce est l'éducateur ???? -"Je n'ai rien contre les piercings, mais ce n'est pas le visage que devrait avoir un responsable éducatif" THIS IS DISCRIMINATION SIR. Et aussi, plusieurs études démontrent que face à des jeunes en difficulté, avoir une allure et un style un peu décalés leur inspire + confiance et aide à créer du lien. Bref.
Il est aussi un peu raciste sur les bords ("islamisation dans les prisons";"ces mosquées et salles de prière qu'on devrait faire fermer" bro ???? c'est contraire à la liberté de conscience et à la laïcité ça hein). Bref.
Nos visions de la politique pénale sont clairement à des années lumières l'une de l'autre (bien pour ça que je me suis demandée si ça datait pas de 1926). Il a une vision très extrême-droite et très répressive de la sanction pénale alors que les statistiques démontrent depuis des ANNÉES que c'est la réhabilitation et les peines sociales qui réduisent le taux de recidive et augmentent le taux de réinsertion. Mais lui (qui envoie tous les jours des gens en prison sans en connaître les conséquences visiblement), il prône des peines pénales encore plus sévères et veut construire 20 000 place de prison. Pour faire quoi mdr. Y a +80 000 détenus pour 60 000 places de prison. Tes 20 000 places de plus, à part ruiner le budget déjà bien entamé de ministère de la justice, elles vont pas servir à grand chose. Bref.
Philippe Courroye est aussi une grosse victime : il passe son temps à se plaindre qu'il se fait vilipender dans la presse (littéralement, il en parle dans CHAQUE chapitre), puis s'étale pendant des pages et des pages sur tous les trucs incroyables qu'il a fait, sur comment il est trop fort, lui, le magistrat, sur comment c'est de la diffamation tout ce que les gens disent sur lui (il a quand même été muté pck le parquet de Nanterre faisait trop de bruit, à un moment donné, même avec tous les arguments du monde, faudrait se remettre en question un peu). Bref.
Les quelques insights sur la procédure pénale et les grandes affaires qui ont défrayé la chronique à l'époque, sont intéressants. Mais en tant que personne, il me débecte.