Victime d'une naissance irrégulière, enfermée dans une situation de famille extraordinairement compliquée, Julie de Lespinasse fut remarquée par sa tante naturelle, la marquise du Deffand, qui l'emmena à Paris comme lectrice. Quelques années plus tard, elle dirigeait un des plus grands salons littéraires de tout le XVIII e siècle et devenait l'égérie des Encyclopédistes. Pourtant, c'est comme l'une des plus grandes amoureuses de tous les temps que Julie de Lespinasse est passée à la postérité. Ses lettres au comte de Guibert, un brillant officier de l'armée royale, la classent au premier rang de la littérature amoureuse, aux côtés de la religieuse portugaise et, plus près de nous, de Mireille Sorgue. Elles eurent une influence considérable sur la génération qui précéda l'explosion romantique (Benjamin Constant, Madame de Staël, Sainte-Beuve).
En s'appuyant sur cette correspondance capitale, le duc de Castries retrace pour nous la destinée singulière de Julie de Lespinasse, sa vie amoureuse passionnante et riche en épisodes mystérieux. Fin connaisseur du XVIII e siècle, il nous donne là une grande biographie très émouvante et qui restitue à merveille l'atmosphère de l'époque.
René de Castries passe son enfance dans le Gard, au château de Gaujac et à Nîmes. Il y entreprend ses études, qu'il poursuit au collège Saint-Jean de Fribourg et à l’école Sainte-Geneviève de Versailles avant de suivre les cours de l'École libre des sciences politiques dont il obtient le diplôme en 1932 dans la section Finances publiques. Il se destine alors à la diplomatie, mais renonce à cette vocation après son mariage, en 1934, avec Monique de Cassagne, issue d'une famille biterroise. Il a trois enfants : Jean-François, Nicole, comtesse de Brion, et Claude, baronne de Grandmaison, dont la fille, Anne épousera son cousin, Henri de Castries.
En 1935, il rachète le château de Castries, près de Montpellier, à la famille d'Harcourt, à qui le château était revenu par le remariage de la veuve du dernier duc de Castries (issu de la branche ainée de la famille de La Croix de Castries). Il entreprend de restaurer le bâtiment et cultive les vignes qui l'environnent. Il est mobilisé en septembre 1939 et envoyé au Liban. Renvoyé à Castries en 1940, il est nommé maire du village en 1941. Il entreprend de classer les archives familiales et écrit plusieurs romans dont l'un, Mademoiselle de Méthamis, obtint sur manuscrit le prix Balzac.
En août 1944, il est maintenu dans ses fonctions de maire de Castries, qu'il conserve jusqu'en 1950, sans cesser d'écrire des romans ni de tenir un journal quotidien. En 1951, il s'installe à Paris et se lance dans l'histoire, publiant en 1956 une biographie de Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries, maréchal de France, qui obtient le prix de l'Académie française. Dès lors, il publie régulièrement un volume d'histoire par an, avec une prédilection pour la période 1750-1850. Il obtient le prix Historia pour Mirabeau ou l’échec du destin en 1961 et le prix des Ambassadeurs en 1968 pour l’ensemble de son œuvre historique.
Il est élu membre de l'Académie française en 1972 et mainteneur de l'Académie des Jeux floraux en 1977.
En 1985, René de Castries donne à l'Institut de France son château de Castries. Son ouvrage posthume est consacré à Claudine Guérin de Tencin.
Il est inhumé au cimetière Saint-Lazare de Castries auprès d'Edmond de La Croix de Castries (1787-1866), où son épouse, Monique de Cassagne (1912-2009) est aussi inhumée en 2009.