Youri Beliaev : élu député du Soviet de Leningrad en 1990 sur une liste nationaliste. Marié, deux fils, dont un mort brutalement. Surnoms : Papa Muller, le Chat, le Petit bonhomme en pain d’épice... Admirateur de Benito Mussolini et, «avec des réserves», d'Adolf Hitler. Supporter du Zénith Saint-Pétersbourg, il aime les films soviétiques, les animaux et la lutte gréco-romaine.
Le CV de Youri Beliaev n’avait rien d’attirant. Il intrigue pourtant Pierre Sautreuil, pigiste de 21 ans tout juste débarqué en Ukraine pour y couvrir la guerre du Donbass. Ancien flic devenu mafieux, millionnaire déchu, chef de parti d’extrême droite, vétéran du conflit yougoslave soupçonné d’avoir tué 64 Bosniaques et tenté d’assassiner Eltsine, fugitif recherché en Russie, Youri Beliaev a décidé, à 58 ans, de se mettre au vert sur le front de Lougansk. Drôle d’endroit pour se planquer...
Lorsque Pierre le rencontre, il ne voit qu’un vieil homme un peu fatigué, bras droit du commandant « Batman », un seigneur de guerre qui cherche à se tailler une part du gâteau ukrainien. Mais très vite, entre l’apprenti reporter et le mercenaire sur le retour, se noue un lien fait de confessions troubles, d’une affection tangible et d’une certaine fascination. Tandis que les obus dévastent la steppe glacée, Pierre découvre et partage l’histoire rocambolesque d’un homme prêt à tout, jusqu’à l’innommable, pour rendre à la Russie sa gloire d’antan et assouvir ses ambitions. Au fil des pages, Youri disparait, Youri se cache, Youri échappe à un attentat, fait de la prison, s’échappe... Et Pierre le poursuit, s’inquiète, tente de comprendre. Salopard, fasciste, criminel de guerre néonazi, ou rebelle dans une société russe dont toutes les portes sont fermées ? «T’as le droit de pas aimer ce qu’il a à vendre, mais au moins, lui, il se bat», dit à Pierre un des derniers copains de Youri.
A travers le portrait d’un homme, le récit romanesque d’une amitié improbable, et une traversée épique, burlesque et terrible, du Donbass à Moscou, de la Bosnie à la Tchétchénie, Les guerres perdues de Youri Beliaev nous fait découvrir une Russie qui ne s’est jamais remise de la chute du Bloc soviétique. Exaltant et totalement original.
Il ritratto profondo, attento e tenero di un personaggio che sintetizza in sé la grandezza mancata, lo slancio e la frustrazione, il vuoto imperiale del proprio contesto storico, geografico e sociale. Ho voluto tanto bene a Jurij Beljaev, per quanto si possa volere bene a un criminale un po’ eroe tragico, un po’ fallito.
Impresa non facile quella di ampliare un reportage giornalistico di guerra facendolo diventare un romanzo. L’autore ci riesce, molto bene, benissimo, impiegando lo stratagemma narrativo di un personaggio inventato che rincorre per un’intervista che diventa un libro i cui capitoli vengono raccontati inframezzati tra varie tappe, nonché fasi del conflitto ucraino, quelle dell’inizio, quelle di cui in Italia (e altrove) ci si è fregati alla grande. 2014, Donbass, tra milizie in guerra tra loro, signori della guerra, azione e riflessione. Un bel lavoro. Può diventare ancora più interessante con la lettura del Mago del Cremlino (Giuliano da Empoli, 2022) per il quadro complementare ed esauriente della Russia da El’cin in poi.
Les guerres perdues de Youri Belaiev / Pierre Sautreuil. Récit de la fascination d'1 jeune correspondant de guerre français pour 1 nationaliste russe rencontré lors de la guerre du Dombass. On est pris par la description vivante des 30 dernières années russes.