Le premier ouvrage qui appréhende la monarchie française à travers le prisme d'un élément fondamental : le corps de nos souverains.
L'autorité a besoin de s'incarner dans un individu de chair et d'os. Loin de se réduire à une simple enveloppe charnelle, le corps des souverains a joué un rôle déterminant dans l'exercice du pouvoir, du Moyen Âge au xixe siècle. En passant par les règnes de Saint Louis, François Ier, Louis XIV ou Napoléon, cet ouvrage redécouvre les ressorts vitaux d'un régime politique constamment tributaire du physique, de l'apparence et des représentations d'un individu à la fois banal et extraordinaire, à la fois éphémère et légendaire. Entre la cérémonie fondatrice du sacre et les funérailles qui cultivent le paradoxe d'une royauté " qui ne meurt point ", mariages, cérémonies curiales, rituels thaumaturgiques et épisodes de maladie rappellent, chacun à leur manière, que la nature mortelle des monarques a toujours posé problème. Avec une écriture fluide et passionnée, l'historien Stanis Perez retrace, archives à l'appui, la longue histoire d'un corps à la fois biologique et politique qui s'est efforcé d'incarner l'État, puis la Nation en gérant les fatigues, les crises et les aléas d'une existence souvent hors du commun. Au fil des règnes, cette étude met aujourd'hui en lumière des permanences insoupçonnées dans la manière d'incarner l'État depuis Philippe Auguste.
Perez distingue trois périodes vis à vis du corps du roi. De Saint Louis à Charles VI (le roi fou), le corps royal est vu comme un obstacle vis à la vis de la sainteté. D'ou des mortifications sur le corps royal, largement mise en avant par les biographes et les chroniqueurs de l'époque. A partir de Charles VI, on se rend compte que le roi a un corps. A cause de la maladie de Charles VI, les courtisans, les juristes, etc découvrent qu'une mauvaise santé peut affecter durement le royaume. Ensuite à partir du XVème siècle, le corps du roi est mis en avant en quelque sorte biologiquement. L'accent est mis sur la majesté des parures, d'un "corps absolu" qui est représenté dans des portraits. Ensuite la désacralisation arrive : avec Louis XV une rupture s'opère. Le roi est caricaturé, ses maladies et la tentative d'assassinat par Robert Damien ne provoque plus la stupeur d'autrefois. La Révolution ou l'on attente au corps du roi, via le bourreau, amènera à la chute complète de la vision sacré du corps du roi. Plus jamais, y compris sous Louis XVIII le roi n'aura un corps sacré. Un passage portant sur la spéculation boursière qu'amène la maladie du roi (ici Louis Philippe) en est témoin.