« Les territoires de Dieu », du journaliste et essayiste Abdelhak Najib, paraît aux éditions Les Infréquentables. Ce roman atypique revient sur l’histoire de sa vie à Casablanca, de son quartier, de sa ville, mais aussi de son pays, des années 70 à nos jours. Natif du quartier de Hay Mohammadi, nous amène à un voyage à travers les époques, par le biais d’une multitude de personnes qui ont peuplé son espace-temps. Il raconte, de façon souvent crue et toujours sans compromis, avec un humour omniprésent, ce monde qui est le nôtre, mais dont nous nous contentons de voir seulement la surface, tandis que l’auteur, en spéléologue urbain, en explore les recoins les plus reculés. « Quand je pense à ces jours heureux, des noms et des têtes se bousculent pour occuper les moindres recoins de ma mémoire. Toute une ville qui habite encore mon esprit et qui demande à reprendre vie au-delà du temps et des jours. Une vie restaurée, revue, réalimentée au cours des années par l’amour, le don et le pardon. Par les rencontres, les pertes et l’oubli. Depuis vingt ans, je vis avec l’obsession de rendre un jour hommage aux hommes et aux femmes qui ont bercé mon enfance. Depuis de longues années, je nourris le besoin de témoigner de la grandeur d’une génération qui a été sacrifiée sur l’autel de la liberté, du mensonge, de l’hypocrisie, de l’arnaque, de l’exploitation, de l’incompétence, de l’embrigadement, de la trahison, de la tricherie, de la supercherie, de la haine et de l’ignorance. Parce que tous ces visages sont très hauts dans ma mémoire, plus hauts que ta vie, il m’a fallu devenir ce réceptacle de leurs parcours, tous aussi différents les uns que les autres. Oui, il a fallu que je devienne une urne où ont été déposés les secrets des uns et des autres, leurs joies et leurs malheurs. Il a fallu qu’un jour une lucarne s’ouvre pour qu’un filet de lumière pure puisse trouver son chemin à nos coeurs. »