Nous vivons la crise de l'État-nation.L'indépendance d'un peuple passe, plus que jamais, par la création d'un État-nation qui lui garantisse souveraineté et sécurité. Pourtant, cette forme politique moderne, telle que la définit la Révolution française par l'étroitesse du lien entre l'État, le territoire, la langue et la volonté de vivre ensemble une identité commune sécularisée, est partout contestée. Ainsi, à l'est de l'Europe, par la division en une myriade de petites nations qui exacerbent leurs particularismes - confession religieuse, langue, voire fantasmagorie de la race ; à l'ouest, par de multiples flux transnationaux - politiques, démographiques, culturels.Pour comprendre les ébranlements du présent, l'expérience des Juifs dans l'Europe du XIXᵉ et du XXᵉ siècle est éclairante. La normalisation de leur situation d'apatridie essentielle passait par l'invention d'un État-nation, donc la résolution de questions brûlantes : le choix d'un territoire, la détermination d'une langue, l'établissement d'un rapport du politique à la tradition religieuse, la définition des identités communautaires, sociales et nationales. Le sionisme, dans sa volonté de fonder la nation juive, a lié ces éléments constitutifs dont la crise actuelle montre le possible délitement.On ne découvrira pas ici un livre de plus sur les Juifs tels qu'en eux-mêmes, mais une réflexion tout à fait neuve sur ce que le sionisme éclaire de l'émergence de notre politique moderne.
Alain Dieckhoff is Senior Research Fellow, Centre for International Studies and Research, and teaches at Sciences Po, Paris. As an academic he has worked extensively on various aspects of contemporary Israel and the Arab-Israeli conflict. He has also undertaken a major comparative project on nationalism in the Western world.
Picked up a copy on the sale table at Limmud Johannesburg 2009. Enjoying it immensely so far. (But then again, I’m a nerd.) It’s interesting to see Zionism being examined as (almost) just another 19th Century budding nationalism (apart from the whole lack of language and territory thing).
I really need to read this again, and follow up on some of the bibliographical references. Although I see myself as well-read/informed when it comes to the origins and ideology of Zionism, there was a lot that was new to me here.
It's fascinating to see Zionism in the context of the other national and national liberation movements that arose at the same time, and watch the process of a scattered people (or part thereof) choosing to define itself as a nation, then acquire (or re-acquire) a language, national symbols, a society, and finally a territory.
Let's hope that the ideology of Orthodoxy doesn't succeed in completely polluting the vision, until Israel Israel finally descends into chaos and eventual destruction.