Aux portes de l’Occident, un dictateur opprime son peuple au nom de la transparence et de la pureté. Dans cette prison à ciel ouvert, les enfants ont le visage masqué et les citoyens récitent en masse un petit livre dont l’idéologie venimeuse contamine peu à peu le monde…À Paris, dans une salle d’audience scrutée par la presse internationale, un homme, évadé de ce pays de cauchemar et seul rescapé d’un massacre, tente de justifier son crime politique. Saura-t-il réveiller les consciences ?Son avocat, un grand plaideur ombrageux, ambigu, sensuel, doit accomplir l’impossible : obtenir l’acquittement d’un meurtrier qui revendique son acte.À ses côtés, la nuit, le jour, une réfugiée politique irrésistible à laquelle il se lie de passion trouble : qui manipule qui ?Journalistes, témoins, psychiatres, juges ou avocats, c’est notre temps qui se joue dans ce procès du siècle, avec ses mensonges, ses secrets et ses grâces inattendues…Rappelant 1984 de George Orwell et Douze hommes en colère, entre utopie politique, roman d’amour et thriller judiciaire, Tyrannie est un premier roman comme la scène littéraire française n’en offre pas.
Je donne rarement 5* à des romans, mais là le choix était clair. En fait, c'est moins un roman dystopique (même si le cadre s'y prête parfaitement, du type Meilleur des mondes de Huxley) qu'un roman judiciaire et les protagonistes ne sont pas seuls à penser aux 12 hommes en colère. Moi-même j'avais aussi souvent en tête l'avocat allemand von Schirach. Une merveille qui vous tient en haleine jusqu'à la derniere page.
Je suis embêtée... Mon Richard, je vois très bien ce que tu as essayé de faire. A travers ce roman/procès d'un régime totalitaire fictif, c'est moins ce lointain totalitarisme que l'hypocrisie occidentale que tu as souhaité pointer du doigt. Tu as eu raison de le faire. On te comprend quand on connaît ton passé d'avocat, composé en grande partie de prises de becs avec des musulmans radicaux. La laïcité et les valeurs de la démocratie libérale occidentale sont ton grand dada. C'est ton droit et ce n'est pas ça qu'on te reproche. Je sais très bien qu'il s'agit d'un roman à thèse, que ton but est moins de faire du lyrisme que de prouver un point de vue. Mais ça ne marche pas. Vraiment pas. Être un bon avocat (chaque plaidoirie du récit est une réussite) ne fait pas de toi un bon romancier. Je comprends la volonté de rester très vague sur l'idéologie de la tyrannie aztride pour ne pas viser une culture ou un pays en particulier (même si on sent très bien que tu vises le Moyen-Orient et certains régimes communistes). Le problème, c'est qu'on ne peut pas - à moins de s'appeler Huxley et de s'ancrer dans un contexte SF - écrire une dictature si on n'a pas son contexte socio-culturel au préalable. C'est quoi la culture en Aztracie ? Son histoire ? Ses traditions ? Ses arts et artisanats ? On n'a absolument aucune info là-dessus. Je sais bien qu'on est dans un roman procès et pas dans une saga de fantasy avec un univers très développé mais il est impossible de comprendre comment le totalitarisme s'installe si on ne comprend pas le contexte culturel et politique où il apparaît. Tu as cherché à t'inspirer de certaines figures historiques pour tes personnages. On reconnaît Goebbels dans ce ministre hideux, des airs de Khomeini dans le dictateur... mais tes personnages sont plats. Stéréotypés à l'extrême (on se croirait dans un James Bond), je pense notamment à tes personnages féminins qui n'existent que pour être des objets de désir et donner lieu à des scènes de sexe inutiles qui alourdissent le récit. Ah et au fait, au XXIème siècle, il n'y a rien de subversif à écrire des avocats qui se droguent et couchent avec le premier venu. Dernière chose ; va soigner ton complexe d'Oedipe. Il n'y a absolument aucune plus-value à écrire toutes les 5 pages que tes héros rêvent de coucher/ont déjà couché avec leurs parents. Cette thématique m'a l'air carrément obsessionnelle chez toi.
Rencontré dans les jardins de Sablet, où il a présenté son livre, l'auteur m'a donné envie de le lire. Apparemment aux autres aussi puisqu'il a gagné le prix des journées du livre Sablet 2018 ;)