Une histoire telle que Gilbert Bordes aime en raconter, telle que ses lecteurs aiment en lire. Un moment d'émotion et de bonheur... Mathieu a douze ans. Il n'est pas franchement grandes oreilles, bouille ronde, gros yeux. Un sale môme de paysan, cancre et chapardeur. "On n'en fera jamais rien", se lamente sa grand-mère. Arrive dans le village une gamine de son âge, elle est leucémique et vient là pour reprendre des couleurs. Pour lui faire plaisir, Mathieu vole des bonbons, puis un stylo en or, puis un collier, et va jusqu'à dérober dans l'église le ciboire et des hosties consacrées. Émoi, scandale. Cinq années dans un centre d'éducation surveillée, et Mathieu est libre. Il n'a cessé de penser à Marion; il la retrouve. La leucémie connaît des phases de rémission, puis regagne du terrain... De près ou de loin, Mathieu veille toujours sur son amie, même si l'un et l'autre mènent une vie indépendante et tourmentée. Il finit par la retrouver à l'hôpital de Villejuif où elle suit un ultime traitement. Et c'est là que, à force d'attention et de tendresse, il parviendra à l'arracher à la mort, dans le temps même où elle l'aura ramené à une vie enfin apaisée.
C'était globalement une bonne lecture, dans laquelle on est plongée dans l'atmosphère parfois pesante des années 60, de l'aspect religieux omniprésent. Matthieu est un gamin adorable, dont l'histoire est touchante avec cette mère malade, ce père "simplet" et cette grande attachante mais rude. Le livre nous offre une autre vision de la délinquance, qui n'est pas toujours quelqu'un de foncièrement méchant mais qui manque parfois simplement d'attention. J'ai eu plus de mal à m'attacher à Marion, avec ce côté sûrement trop parfait, mais c'était une chouette histoire d'amitié, de résilience. Par contre, il est écrit en 2001 et on retrouve encore cette idée que les femmes servent pour la reproduction (oui oui...) donc j'ose espérer que l'auteur voulait simplement coller à l'esprit des années 60. Et il nous répète sans cesse que Matthieu n'est pas beau, c'est parfois redondant