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Ecrits du temps de la guerre (1916-1919)

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Ces {Ecrits }rassemblent une vingtaine d'essais rédigés, pour la plupart, au retour des tranchées alors que l'auteur servait comme caporal-brancardier. Ces réflexions sur la vision panthéiste, l'un et le multiple, les rapports de Dieu et du monde ne craignent pas de faire choc. Teilhard expose ses "vues ardentes".

476 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 1968

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Jean-françois Virey.
147 reviews13 followers
June 27, 2021
Quelle aventure que la vie de Teilhard de Chardin. Elle mériterait un feuilleton télévisé façon Young Indiana Jones, ou une vingtaine d'albums de BD à la Tintin ou January Jones. Il a parcouru l'Asie (y compris avec la Croisière Jaune), l'Afrique, l'Amérique. Il a fréquenté les plus grands scientifiques de son temps, les milliardaires, les romanciers, les intellectuels, et bien sûr sa propre famille religieuse, les Jésuites, qui comptait sa part de savants de premier plan. Il fut brancardier au front pendant la Première guerre mondiale et a connu l'invasion de la Chine par le Japon pendant la Deuxième...
Et sur le plan intellectuel, il chercha à fusionner sa foi chrétienne (délestée de quelques dogmes, comme le péché originel et bien sûr la création spéciale des espèces) avec la science de son temps, dont il fut l'un des fers de lance.
C'est tout ce côté "exciting" de sa vie (il utilise lui-même cet anglicisme) que nous font revivre ses lettres: les convois criblés de balles par les brigands chinois, les marches de huit heures par jour à la recherche de gisements de fossiles, les rencontres en première classe sur les navires intercontinentaux, les déserts, la brousse, les cités en plein essor, un monde tout chamboulé par les conflagrations militaires, les nouvelles idéologies, et une science qui ne cesse de tout remettre en question...
L'homme se révèle dans toutes ces lettres. On découvre un ami profond et fidèle, plein d'estime pour ses collègues, d'amour pour sa famille, généreux dans ses opinions et, malgré une anxiété sur laquelle il reste assez discret, plein d'un optimisme que certains qualifieront de naïf.
Malgré ma sympathie pour lui, je ne suis cependant pas sûr de partager sa "cosmovision", pour reprendre le titre espagnol d'un célèbre ouvrage anti-Teilhardien. Comme son obsession pour l'hominisation et la noosphère le manifestent, il était profondément anthropocentrique, d'un anthropocentrisme un peu paradoxal d'ailleurs, puisqu'il aspirait à une humanité transfigurée par l'évolution toujours en marche. Et c'est là le deuxième pilier de sa vision: une sorte de néophilie exacerbée, un futurisme dégoûté du passé et même du présent qui traîne trop les pieds, du moins dans certaines régions du monde qui semblent échapper au grand mouvement vers l'avant.
Ces deux tendances, qui ont fait voir en lui le précurseur (peut-être malgré lui) du transhumanisme, le mettent en contradiction profonde avec la pensée écologiste et animaliste.
Sa petite biographie par le père Sesé, dans un petit encadré, dressait de lui, dans un encadré, le portrait d'un "biophile" (pour utiliser l'expression d'E.O. Wilson), éprouvant une "répulsion pour la chasse" (1924, p79). Il n'en est rien. Le Teilhard des lettres est très heureux d'avoir des amis chasseurs lors de ses expéditions, ne rechigne pas devant un plat de foie gras, et n'a guère d'empathie pour les animaux dont il croise le chemin. Je cite: "Andrews... est un causeur merveilleux, plein d'histoires de chasses vécues depuis le Yunan jusqu'à la Sibérie et ce n'est pas une des moindres qualités, quand la viande vient à manquer, de savoir prendre son auto, sa carabine, et de revenir une heure après avec une ou deux gazelles attachées aux marchepieds de sa machine" (1930, p131.)
Et cette indifférence n'est pas seulement celle de son époque (même si le terme vegan date de 1944...) ou un accident de sa personnalité: elle découle de sa cosmovision même.
Dans une note désapprobatrice mais courageuse, la directrice de cette publication cite une page peu charitable de Romain Gary, qui, parodiant Teilhard par le personnage du Père Tassin, fait dire à ce dernier: "Asservissement de toute vie devant la vie humaine... il y a quelques années, j'aurais été navré de voir ainsi fondre la brousse et disparaître une faune magnifique (buffles, éléphants, tigres). Maintenant, je comprends que c'est une autre ère du monde qui commence et je crois que les formes nouvelles de la vie sont plus intéressantes que les anciennes." (p333.)
C'est tout l'engouement de Teilhard pour le mouvement de l'histoire qui est réduit ici à l'absurde, mais je pense avec raison. D'ailleurs, quelques pages plus loin, on peut lire cette impression du Zambèze dont la congruence avec les lignes de Gary fait froid dans le dos: "on peut voir crocodiles et hippopotames en pleine liberté. Jadis, ce spectacle m'eût grisé. Maintenant, il m'a paru mélancolique et peu désuet. Un monde qui s'éteint... Et ce que je suis venu chercher ici, tu le sais, c'est un meilleur point d'observation pour étudier, à ses origines, la loi de croissance de la 'trajectoire' humaine" (1953 p346.)
Bref, les autres formes de vie ont fait leur temps, place à l'homme qui seul va de l'avant.
Profile Image for Ephrem Arcement.
594 reviews13 followers
November 14, 2023
Teilhard’s brilliance shines through these early essays. Nearly everything he was to develop throughout the course of his life is here, at times, already articulated with stunning precision.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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