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Au commencement était le verbe. Exprimer, raconter, convaincre, persuader, infirmer, échanger, concevoir, penser : rien de tout cela ne serait possible sans le langage, qui nous distingue de la bête. Qui que nous soyons, d'où que nous venions, quelle que soit notre langue maternelle, nous parlons. Quelle est l'origine du langage ? Comment fonctionne-t-il ? Grâce â lui, nous pouvons décrire la réalité, la modifier, voire la réinventer; mais quel rapport le mot entretient-il avec la chose qu'il désigne ? Et que penser des beaux parleurs, des mensonges, des malentendus - faut-il se méfier du langage ? Aux frontières de la philosophie, de la linguistique, de la psychologie et de la biologie. l'interrogation sur le langage met en lumière les multiples facettes de cet instrument unique par lequel l'homme se constitue comme sujet.

255 pages, Mass Market Paperback

First published August 28, 2011

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Agnes Fontana.
345 reviews19 followers
March 29, 2025
Le langage et le temps sont les problèmes philosophiques qui m'intéressent le plus. J'avais beaucoup aimé le volume de la collection Corpus sur le temps. J'ai buté contre l'obscurité et la complexité de celui consacré au langage, peut-être à cause de cette illusion que le langage étant un bien utilisé en commun et tous les jours, le discours sur lui devrait être simple. Peut-être n'est-ce pas le cas. Toujours est-il que l'auteur ne nous facilite pas les choses, catégorisant les travaux de façon à mes yeux non convaincante (une ligne de pensée est abordée, puis elle disparaît au profit d'un autre débat, puis on la retrouve...) ; des notions comme l'intension -non pas l'intention, ce serait trop simple- et l'extension sont critiquées avant d'avoir été présentées... un lexique à la fin tente de clarifier les choses, sans y parvenir vraiment, certaines notions manquent, les explications sont elles-mêmes obscures... du coup ne surnagent de cette lecture que les notions éparses comme des morceaux de légume à la surface d'un brouet, plutôt qu'un édifice construit : l'arbitraire du signe chez Saussure, la dimension créative du langage pour Chomsky... il n'y a que la théorie inférentielle de la communication (par opposition à la théorie du code) de Wilson et Sperber qui convainc de manière lumineuse, et dont je vérifie la véracité tous les jours depuis la lecture de ce livre, en écoutant les gens parler.
Profile Image for Matty.
107 reviews1 follower
May 21, 2025
Très bonne lecture. de bons choix de textes et bien expliqués

J'en retiens les éléments suivants :
Aristote
Les politiques, I,2
Homme animal politique. Réalise sa nature donc tend vers son propre bonheur en vivant dans une cité, sinon incomplet, « sans lignage, sans loi, sans foyer, gout guerre civile » Illiade, 9,63
S’oppose aux conventionnalistes (Individu comme unité fondamentale de toute réflexion politique)
Sinon pourquoi posséderait le logos, la nature ne fait rien en vain, La politique, Livre I, I
Langage = logos = exprimer pensées indépendantes de l’espace égocentrique de l’individu, relations / valeurs, concept = politique. =/= phonê, la voix, communiquer affects de l’instant

Montaigne - Descartes, Discours de la Méthode, V
Essais, II, 12
Gomme différence entre langage humain et autres formes de communications animales ; atténue démarcation entre hommes et bêtes Refuse d’attribuer une âme aux bêtes, contre le sens commun.

Machine figure singe.
Bêtes sont capables de s’entre-appeler au secours : La police des abeilles est réglée avec beaucoup d’ordre ; L’araignée tend sa toile en l’épaississant parfois, et en la relâchant parfois.
Nous devons conclure de pareils effets pareilles facultés Animaux communiquent mais hommes ont une capacité linguistique.

Comme les pensées, les phrases d’une langue humaine peuvent désigner des relations ou objets abstraits, éventuellement non-existants.
Recevoir un signal modifie comportement du récepteur.
Produire un signal = signe un besoin de l’organisme, une passion Langage = signe d’une pensée. Si est interprété, un énoncé modifie les pensées du sujet, peut se traduire d’une infinité de manières dans son comportement.
Souplesse, faculté d’adaptation à toute situation, manifeste le caractère non-mécanique de le pensée.

Arnauld et Nicole
La logique ou l’art de penser
Dualité entre chose qui représente et chose représentée. Se retrouve dans le signe lui-même.
Un tableau = une chose parmi d’autres, avec propriétés physiques, masse, surface, etc.
Ces propriétés peuvent s’effacer pour dévoiler celle de la scène représentée. On lui attribue autres propriétés : triste, violent, épique, ce qu’il représente
Signe = comme un miroir qui donne à voir autre chose que lui même mais peut s’opacifier et s’offrir à la considération de l’esprit
La cendre comme signe renvoie le regarde de l’esprit au feu, la chose qu’elle représente, mais par modification du regard, on peut la contempler sous son aspect de chose et non de signe.

Locke Berkeley
Essais sur l’entendement humain, III, II Principes de la connaissance humaine
Signification comme représentation : la fonction principale du langage est la communication des idées, celle secondaire = le codage mémoriel des pensées. Les mots ne servent pas seulement à communiquer des infos factuelles mais aussi à « éveiller une passion, mettre esprit dans disposition particulière », il faut retourner aux idées, auxquelles seul le regard de l’esprit peut accéder.
Produire un message = associer des mots à des idées ; et inversement, comprendre un message = traduire des mots en représentations mentales. Idée= être mental et privé à existence éphémère. Souligne problème de la théorie mentaliste de la signification.
Si expressions linguistiques tirent leur signification de relations à des entités mentales, les idées, celles-ci sont toujours particulières. A quel type d’idée associer un terme abstrait ?
Pour utiliser un signe représentant une chose donnée, il la connaitre ou en posséder le concept mais on ne connait les choses que par l’intermédiaire de la connaissance directe des idées qui peuplent notre esprit.
Un mot ne peut être le signe d’une chose connue du locuteur qu’à la condition d’être le signe d’une de ses idées, sinon, signe d’un rien Aucune image ne correspond à montagne, elles sont toujours particulières.
On ne voit pas ce que serait une image dépourvue de traits personnalisant.
Les propriétés générales ne peuvent jamais être séparées des individus qui les instancient, triangle ni grand ni petit = inconcevable.
Défenseurs idées abstraites sont victimes d’une illusion, tendance à croire correspondance entre mots et idées.

2 points faibles : médiation nécessaire des idées = refuse à l’esprit tout accès réel au monde réel
Démarche circulaire, explique contenu des mots par contenu des représentations mentales comme les idées, sans expliquer ce qu’est le contenu d’une idée = régression ? Dans une idée abstraite, il n’y a rien d’autre que le contenu du mot dont elle est censée donner la signification. Difficile alors d’en rendre compte d’une façon non circulaire.

Saussure Chomsky
Cours de linguistique générale, I, 1 Le langage et la pensée
La langue n’est pas un instrument pour représenter / exprimer la pensée, car la pensée doit se structurer à la langue.
La linguistique doit décrire l’origine des langues elles-mêmes, indépendamment de leur rôle dans la communication. S’oppose aux behavioristes qui disent que le comportement linguistique devrait être expliqué par des lois d’associations. Certains types de stimuli dans l’environnement d’un sujet parlant, à certains types de réponses, la production linguistique du sujet.
Cette organisation = un système de relations internes. Impossible d’étudier des sons linguistiques uniquement sur leurs propriétés acoustiques car certains locuteurs prononcent différemment ce qui est perçu comme un même son linguistique par les auditeurs. Extrême complexité des règles grammaticales qu’un jeune enfant doit acquérir pour apprendre langue maternelle, comparée à la pauvreté des stimuli linguistiques auxquels il est exposé durant la phase d’apprentissage. → en déduit que l’image behavioriste est inadéquate
Et dans le contexte de phrases différentes, un même signal peut posséder des propriétés acoustiques différentes. Les unités sonores sont déterminées par la langue elle-même. La relation de signification n’est pas définie par rapport à la pensée, pas de mentalisme. 3 caractéristiques du langage pour mentalisme :
Forte proportion des phrases comprises ou produites sont nouvelles pour le locuteur, mais ce n’est pas un obstacle à l’intelligibilité. On ne peut donc pas réduire la compréhension d’une phrase à la reconnaissance de stimulus et au déclenchement d’une réponse appropriée
La signification d’un signe, son signifié est déterminé entièrement par un ensemble de relations du signe avec le système de tous les signes Le comportement linguistique ne dépend pas des stimuli reçus par le locuteur à un moment donné. Selon croyances, peut décrire une scène ou réagir très différemment à un ordre
Pas de notion de « référence », les relations internes au langages priment sur la relation entre langage et réalité. Thèse de l’arbitraire du signe, le signifiant n’a aucune attache avec le signifié. Cohérence des discours humains, leur cohésion est inexplicable si on ne les considère pas comme l’expression de pensées. Voit dans dualisme cartésien le précurseur du mentalisme (contestable)

Merleau-Ponty Husserl
Phénoménologie de la perception, I, chapitre 4 Recherches logiques (vise à établir conception non psycho de la logique)
La pensée n’est pas une activité interne impliquant des représentations
La pensée est une ouverture au monde. La parole est une des modalités de ce dépassement de soi vers l’environnement Distinction entre expression et contenu exprimé.
Quand un signe est exprimé, l’expression s’accompagne d’un acte mental particulier du locuteur
Quand un sujet s’exprime, il possède une intention de communication, veut communiquer qqchse
C’est cette intention que l’interlocuteur devra identifier pour que la communication marche
Modèle du code qui fait des mots la traduction de la pensée doit être abandonné. La pensée n’est rien d’intérieur, elle n’est pas hors du monde et hors des mots Expression = signe présent + signe animé par un acte mental + contenu exprimé au travers de l’acte
Ce qui est exprimé ne doit pas être confondu avec une entité mentale. Quand je prononce mentalement une phrase, le contenu n’est pas « dans ma tête »
Il faut concevoir le comportement linguistique comme une activité intentionnelle qui met en jeu le corps propre dans laquelle la subjectivité pensante se constitue.. Signification n’est pas de nature subjective mais intersubjective. Tout individu peut saisir une signification donnée, ce qui est dit à l’aide d’une phrase reste identique quelle que soit la personne et quels que soient ses états mentaux.

Platon
Euthydème, 283e Le Sophiste, 261e
On ne peut pas parler de ce qui n’est pas ni mentir. Pour dire un mensonge il faut parler de quelque chose. Il faut donc que ce thème existe. S’il existe alors il est vrai, le mensonge n’en est pas un..

Question classique, Parménide : on ne peut pas dire / penser ce qui n’est pas. Ce qui peut être dit/ pensé, doit être Le discours = la plus petite unité susceptible de vérité / fausseté. Constitué de noms et verbes.
Pour dire quelque chose d’une réalité, il faut lier un nom (désigne agent) et un verbe (exprime son action)
C’est le seul moyen de produire un discours doué de sens. Si on lie seulement des verbes ou seulement des noms = suite de mots sans signification.
Cette grammaire philosophique = solution au problème du faux du texte précédent. Théétète est assis = attribue propriété qu’il a effectivement. Théétète vole = phrase fausse mais ne porte pas sur rien. Dit quelque chose de différent de ce qu’il fait.
Platon introduit le non-être pour résoudre le problème, via la notion de différence en postulant un type mystérieux d’entités. Le faux s’introduit dans le discours quand attribue une propriété différente de celle qu’il possède. Résout énigme ontologique par moyens sémantiques

Russell Quine
Introduction à la philosophie mathématique From a Logical Point of View
Analyse logique comme solution à problème ontologique et sémantique. « Une fourmi de 10 mètres n’existe pas ». Revient à accepter des entités inexistantes (ok) mais aussi impossibles (cercle carré), à la fois rond et non rond Privilégie la phrase sur le mot. Les mots, hors du contexte des phrases, ne signifient rien.
Pourquoi associer aux mots des entités abstraites, (« sens ») si les phrases jouent + que les mots le rôle des véritables unités de signification.
S'oppose aux énoncés singuliers négatifs, n’en sont qu’en apparence référentiels. Les propositions qu’ils expriment ne contiennent qu’en apparence un individu à la réalité suspecte Définition contextuelle, méthode de paraphrase.
Elimine référence à des objets au statut incertain
« Le français moyen mange 3 camemberts par mois », présuppose existence de « français moyen ». Paraphrase statistique.
Pour Russell, un nom propre est un individu particulier mais « un homme » ne l’est pas
« il n’existe aucun x »
« x est une fourmi de 10 mètres »
Aucune de ces propositions n’est référentielle. L’énoncé cesse d’être paradoxal
Pas besoin d’identifier un individu dont on nie ensuite l’existence/ Ici on présuppose juste la capacité à comprendre ce que serait une fourmi de 10 mètres si elle existait. Réutilise théorie russellienne des descriptions définies. Le A est B = Il y a un A et il est B
« Pégase a les yeux bleus » « Pégase n’existe pas »
1 - « Il y a une chose qui pégase et a les yeux bleus »
2 – Il n’existe rien qui pégase.
Seul le 1 présuppose l’existence de Pégase.
Principe d’engagement ontologique. On rend explicite nos engagements ontologiques, ce dont un locuteur est prêt à affirmer l’existence explicitement, par quantificateur du type « il y a »

Austin Sperber et Wilson
La philosophie analytique La Pertinence
Russell et Frege voient le langage comme un véhicule de la pensée et de la pensée, un instrument du raisonnement pas un véhicule de communication Théorie du code vs modèle inférentiel (Grice)
Modèle inférentiel = une action est une action douée de sens.
Pour Austin, l’usage du langage prime sur son essence. L’énonciation est plus importante que les phrases Par donné d’une énonciation on peut recouvrer en contexte l’intention de communication de son interlocuteur.
Les phrases ne sont dotés de contenu que par l’intermédiaire des énoncés qu’elles permettent d’effectuer
Énoncés constatifs = décrire l’état des choses
Enoncés performatifs = ni vrais ni faux, ce sont des actions. Théorie des actes de langage
Acte accompli = une de ces phrases est énoncée + l’énonciation a lieu dans circonstances appropriées Cela suppose que le locuteur fasse des hypothèses pour passer de façon inférientielle de ce que veut dire l’interlocuteur à ce qu’il a l’intention de communiquer.
Communication = intention d’informer du locuteur est reconnue par son auditeur + auditeur parvient à inférer le contenu des intentions de communiquer.

Ouverture séance A.N. par enfant, pas faux mais malheureux
Replace le langage dans un cadre social et institutionnel. L’usage des mots, comme les rites et incantations magiques, obéit �� es règles fixées par la communauté L’auditeur peut faire des hypothèses qui ne dépendent pas de la signification linguistique de l’énoncé mais des infos contextuellement accessibles et des principes généraux (principe de coopération) guident toute conversation rationnelle

Aristote Sperber et Wilson
La Poétique, chapitre XXI Façons de parler
Métaphore = attribution d’un sens nouveau à un mot isolé en le projetant hors de sa sphère conceptuelle d’origine Doctrine de la double signification se heure à un écueil. Searle = le discours figuré est différent du littéral selon le sens de la phrase et de l’éonciation du loctueur. Figuré = quand les deux significations divergent (ce que dit la phrase et ce que veut dire le locuteur)
Rapport d’analogie entre le sens usuel du mot et son sens métaphorique rend possible le transfert de signification La relation entre les pensées et les énoncés dans la communication. Relation de ressemblance susceptible de différents degrés.
Théorie de la métaphore-comparaison. Métaphore) comparaison exprimée avec brièveté
Toute métaphore 2 possède Significations : littérale est souvent fausse (Achille n’est pas un lion). Sens figurée est comme une comparaison, Achille est semblable à un lion. Enoncé ressemble absolument à une pensée si le contenu propositionnel permet dans un même contexte de tirer les mêmes inférences que le contenu de la pensée. Mais peut en partager certaines et pas toute.
Parfois plus pertinent de s’approcher d’une pensée que de l’exprimer exactement. Où habites-tu =/= répondre au cm près.
Comme les usages approximatifs, les métaphores sont une manifestation de la fréquence du discours non littéral. Mais fonction différente.
La métaphore = quand on ne parvient pas à trouver un énoncé susceptible d’exprimer littéralement sa pensée (trop grande complexité).
Enoncé métaphorique invite le lecteur à engager un processus d’interprétation qui reste toujours fondamentalement ouvert.


Profile Image for maggie ♡.
141 reviews
November 9, 2023
Pas mal mais pas de mon niveau , dommage ça aurait pu m’aider pour l’hlp 🫶🏼
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