Ce que l'on appelle communément la démocratie se lance à la conquête du monde comme le faisait naguère le socialisme. Nous imposons d'autorité nos grandes foires électorales à des peuples qui ne le demandent pas. Violences ou bouffonneries, parfois les deux ensembles, tristes spectacles dont les metteurs en scène et chefs d'orchestre sont les grands frères de l'Occident qui, incapables d'imaginer qu'il puisse exister d'autres formes de vie en société que la leur, font peu de cas de la dignité des habitants de ces pays et de leurs traditions. Formes de racisme et des plus communes.Nos démocraties grandement améliorées et parfaitement maîtrisées font plus feutré. Affaire de moeurs et de tempérament. Mais l'on sait - et cela finit par se dire sans trop de honte - que le résultat des élections dépend davantage du mode de scrutin que du choix des citoyens. En France, une Assemblée sitôt élue se préoccupe d'abord de préparer la prochaine échéance. Les ténors en parlent sans fard et sollicitent des experts : Changeons la règle, nous serons plus nombreux et fermerons la porte aux vilains! Aucun pays réputé démocratique n'a si souvent, avec si bonne grâce, modifié les formes de scrutin, inventé quelques jolies astuces et, régulièrement, présenté une répartition des élus en si forte distorsion, ou même en totale et scandaleuse contradiction, avec les chiffres sortis des urnes. Comme d'attribuer plus de 80% des sièges à une formation qui n'a pas même recueilli la moitié des voix; et de faire en sorte que quatre millions d'électeurs ne soient pas représentés. Démocratie ? Un homme, un vote ? Des formules, rien de plus...En l'an 2000, George W. Bush ne fut pas vraiment élu, mais, tout simplement, au terme de cinq semaines d'empoignades grotesques et de coups fourrés entre avocats et experts, déclaré élu par cinq juges de la Cour suprême contre quatre. Un modèle à suivre ?
Jacques Heers was a French historian specializing in the history of the Middle Ages, Professor at the Faculty of Humanities of Paris-Nanterre and Director of Medieval Studies at Paris IV.
Born in Paris, Jacques Heers was raised in La Ferte-Bernard in the Sarthe, where his parents ran a business. After a good academic career, he became a teacher in 1945. While performing this function, he prepared for a degree in history at the Sorbonne. He aggregated in history in 1948 and 1949. Between 1949 and 1951, he became a professor at Le Mans and Alencon, and finally at the national military academy.
From 1951 he was attached to the CNRS. There he met Fernand Braudel who sent him to Italy to prepare a state doctorate dedicated to Genoa in the fifteenth century. He defended his thesis at the Sorbonne in 1958. Upon his return to Italy, he became assistant to Georges Duby in the Faculty of Arts in Aix-en-Provence. In 1957 he was appointed professor at the University of Algiers a function he held for five years until 1962. Thereafter, he worked as a professor at Caen, Rouen, Paris X University and the Sorbonne.
Honorary Professor of the University of Paris IV, where he held many years the chair of medieval history, he was vice president of the SHMESP (Society of Medievalists of Public Education) from 1971 to 1973. In retirement, Jacques Heers, outside of writing and research, was often present in radio programs.