Le facteur 12 est l'écart maximal des salaires (primes incluses) qui existe déjà dans la fonction publique française. Au début du XXe siècle, le banquier J. P. Morgan définissait l'écart maximal acceptable de 1 à 20. En 1988, les salariés de Peugeot se mettaient en grève en apprenant l'augmentation de salaire de leur patron qui bondissait à... 35 Smic. Aujourd'hui, l'écart des salaires est, en France, de l'ordre de 1 à 1 000. Aux Etats-Unis, certains dirigeants de hedge funds gagnent 20 000 fois plus qu'un ouvrier. Comment continuer à faire société si les écarts de revenus sont tels qu'entre le haut et le bas de l'échelle les citoyens n'ont plus rien de commun ? Comment empêcher que l'économie réelle ne soit sacrifiée sur l'autel de la finance ? Comment échapper à des politiques d'austérité budgétaire contreproductives ? Comment dissoudre le mirage d'une croissance à l'infini dans un monde fini ? Comment, enfin, répondre à l'urgence d'une vraie transition écologique ?
Autant de questions auxquelles Gaël Giraud et Cécile Renouard répondent ici à partir d'arguments aussi bien scientifiques qu'éthiques. Alliant pédagogie et rigueur intellectuelle, ils font la démonstration imparable qu'il est nécessaire de plafonner tout de suite les très hauts revenus pour ne pas tous s'appauvrir demain.
Cet essai d'économie défend avec talent une idée très simple : Il devrait y avoir un plafond salarial. Un salaire maximum que quelqu'un peut gagner.
Maintenant, pour le plus compliqué : de quelle façon pourrions nous appliquer cela?
La proposition est la suivante : Une loi pourrait stipuler qu'au sein d'une même entreprise, le salaire le plus élevé ne puisse dépasser 12 fois le salaire le moins élevé.
Autrement dit : le patron veut se donner une augmentation d'un million de dollars? Il doit d'abord augmenter de 83 333$ tous ses employés à la base de son échelle salariale.
Bref, une idée alléchante qui a pour principal défaut de ne pas aborder avec assez de profondeur les "avantages non -salariaux" que se donnent déjà les PDG pour contourner les impôts. (Ce problème est peut être pire en Amérique qu'en Europe, ce qui expliquerait ce silence.)