Jump to ratings and reviews
Rate this book

L'Empereur à pied

Rate this book
Au milieu du XIXe siècle, un homme apparaît avec ses fils dans les montagnes du Liban. Il s’appelle Khanjar Jbeili, mais on le surnommera vite l’Empereur à pied. Il est venu pour fonder un domaine et forger sa propre légende. Sa filiation ne tarde pas à devenir l’une des plus illustres de la région. Mais cette prospérité a un prix. L’empereur a, de son vivant, imposé une règle à tous ses descendants : un seul par génération sera autorisé à se marier et à avoir des enfants ; ses frères et sœurs, s’il en a, seront simplement appelés à l’assister dans la gestion des biens incalculables et sacrés du clan Jbeili. Serment ou malédiction ? Du début du xxe siècle à nos jours, les descendants successifs auront à choisir entre libre arbitre et respect de l’interdit. Ouverts au monde, ils voyageront du Mexique à la Chine, de la France de la Libération aux Balkans de la guerre froide, en passant par Naples, Rome et Venise, pourchassant des chimères, guettés sans cesse par l’ombre de la malédiction ancestrale. Jusqu’à ce que, revenu sur le sol natal, le dernier de la lignée des Jbeili rompe avec le passé et ses interdits, à l’aube du XXIe siècle. Mais à quel prix ?

400 pages, Paperback

First published August 17, 2017

4 people are currently reading
53 people want to read

About the author

Charif Majdalani

25 books32 followers
Charif Majdalani quitte son pays en 1980 à destination de la France pour suivre des études de lettres modernes à l'université d'Aix-en-Provence. Il revient au Liban en 1993 après avoir soutenu sa thèse sur Antonin Artaud.

Dans un premier temps, il occupe un poste d'enseignant à l'université de Balamand puis à l'université Saint-Joseph où il est professeur de lettres.

À partir de 1995, il participe à la revue d'opposition L'Orient-Express, en charge de la rubrique littéraire. Cette collaboration s'achèvera en 1998 année de la cessation de publication de ce journal.

En 1999, Charif Majdalani revient à l'enseignement dans l'université Saint-Joseph de Beyrouth où il est en charge du département de Lettres Françaises. Ce poste lui permet d'accueillir des romanciers français et libanais. Lors du sommet de la francophonie 2002, il publie un livre Le petit traité des mélanges. Parallèlement à l'enseignement, on peut lire sous sa plume une chronique mensuelle publiée dans le journal La Montagne.

"Villa des femmes" obtient le Prix Transfuge du meilleur roman arabe.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
15 (39%)
4 stars
12 (31%)
3 stars
6 (15%)
2 stars
4 (10%)
1 star
1 (2%)
Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for Charles.
235 reviews
July 18, 2019
Ambitieux et excessif. En un peu plus de trois cents pages, étalés sur plusieurs générations, de trop nombreux rebondissements, une surabondance de détails, une véritable logorrhée qui se déplace du Liban à Monaco, de la France au Mexique, en passant par la Norvège, la Chine et où encore? N’aident en rien de solides pavés de texte qui répugnent au morcellement. Logé entre une amorce et un dénouement qui tous deux m’ont beaucoup plu, le parcours généalogique minutieux proposé par L'empereur à pied m’a parfois enchanté, mais souvent aussi lassé.

En revanche, la langue y est riche, d’ailleurs elle y est magnifique. J’aurais simplement souhaité que, considérée dans son ensemble, l’épopée se resserre un peu, qu’elle apparaisse moins agitée, moins décousue. Pris d’assaut par une narration verbomotrice, j’en ressors avec la même impression – et en partie pour les mêmes raisons – qu’à l’endroit de La fiancée américaine, d’Éric Dupont. Le style a ses adeptes, dont visiblement je ne fais pas partie; si je m’incline devant l’imposante culture déployée, j’en veux pourtant à la méthode, cette fois encore.
488 reviews9 followers
September 11, 2017
Qu'on se le dise : avec L'empereur à pied, le romancier libanais Charif Majdalani poursuit son chemin avec grâce après les excellents Le dernier seigneur de Marsad et Villa des femmes. L'histoire commence avec l'apparition, au milieu du XIXe siècle, dans les montagnes libanaises, d'un personnage dont on sent, d'après la stature, qu'il n'est pas qu'un pauvre hère à la recherche d'un travail. Il va se révéler le patriarche d'une longue dynastie à la prospérité commerciale continue, jusqu'à nos jours. Un drôle de type, tout de même, ce Khanjan Jbeili qui impose une loi d'airain à ses descendants : seuls les fils aînés pourront prendre épouse, au fil des années. A partir de ce postulat, et après un prologue qui confine à la légende, Majdalani met en place un récit qui va s'articuler autour de conversations entre un narrateur (qui change) et un interlocuteur qui a suivi de près ou de loin, souvent de manière épistolaire, les aventures des fils cadets (les femmes sont plutôt absentes) et leurs grands malheurs. L'écrivain libanais excelle dans le picaresque et, tout en nous contant les évolutions de son pays, depuis son appartenance à l'empire ottoman, nous fait voyager autour du monde, du Mexique à l'Asie Centrale, de l'Italie aux Balkans. L'intérêt ne se dément jamais dans la lecture de ce roman qui se renouvelle sans arrêt. Charif Majdalani est définitivement un narrateur oriental hors pair, cultivé et malicieux.


En vérité, l’Histoire – grande ou petite, ancienne ou contemporaine –, ce sont des mots ! Imaginons que l’homme soit dépourvu de toute capacité locutoire et donc de celle de mettre en relation ce qu’il voit, ce qu’il fait, ce qui est – de les « organiser » mentalement ; y aurait-il… Histoire ? On en vient à méditer ainsi à mesure qu’on avance dans le puissant roman que publie en cette rentrée Charif Majdalani. Rassurons : L’empereur à pied est un pur roman, un récit d’aventures même ; des aventures volontiers rocambolesques étalées sur un siècle et demi et étendues sur trois continents. Une épopée familiale, celle des Jbeili. L’ancêtre fondateur, Khanjar, apparaît un jour tel un spectre quelque part dans les montagnes du Liban. Il est accompagné de ses trois fils. Apparition de l’humanité. Apparition double. Khanjar Jbeili et ses fils surgissent de nulle part en même temps que… la parole qui dit ce surgissement. Cette parole qui énonce est elle-même de nulle part ; elle se met d’emblée en scène.
« Mais que viendraient-ils faire et qui sont-ils ? A cette question, même moi (moi qui observe à travers le regard rusé des hommes en séroual debout sur leurs toits, moi qui suis les arbres, et le bas-relief antique représentant un sanglier attaquant Adonis et à ses côtés une Aphrodite éplorée, moi qui suis aussi les calvaires chrétiens avec leurs images frustes de Vierge et de Christ), à cette question même moi je n’ai pas encore la réponse ».
Ou :
« L’aîné a ouvert le balluchon qu’il a posé sur le sol. Et comme je suis le lézard qui s’est dissimulé dans une anfractuosité entre deux pierres du mur derrière lui, comme je suis l’épervier qui passe et qui a un regard d’épervier, comme je suis l’âme des ménades qui ont hanté les lieux dans l’Antiquité et qui les habitent encore incidemment et aussi, pourquoi pas, le dieu du sanctuaire chrétien devant quoi la scène a lieu, comme je suis tout cela, je peux voir ce qu’il y a dans ce balluchon et que ne peuvent voir les centaines de regards curieux et insoupçonnés qui observent les nouveaux venus ».
L’histoire – celle des Jbeili – naît donc en même temps que la parole, elle est la parole. Elle est énonciation de mots d’abord imprécise, ignorante, puis peu à peu affirmative, attestée (par d’autres mots écrits, en l’occurrence des lettres, beaucoup de lettres échangées) mais sans cesse à confronter, à vérifier, ainsi de suite. D’où régulièrement des « sans doute », des « peut-être », des « je suppose » et bien d’autres formules similaires. L’épopée des Jbeili – épopée sur cinq générations, du milieu du dix-neuvième siècle jusqu’au début du vingt-et-unième –, pour le dire ainsi, n’est pas hors des mots qui la content. Ces mots ne sont pas extérieurs aux Jbeili ; c’est presque toujours un membre de la famille qui dit, qui fait le récit que nous lisons. Si bien que la fin de l’histoire familiale est enclenchée exactement quand l’un des ultimes descendants, à la suite d’un accident vasculaire, souffre d’agraphie, c’est-à-dire redevient quasiment analphabète…
Tout le roman est un long récit oral. C’est une virtuosité et une originalité. Pas un récit unique, mais un récit à plusieurs voix, déroulé par différents conteurs qui se relaient au fil des générations. Le premier qui conte est flou, nous l’avons vu, aussi flou que la personnalité du vieux Khanjar et de ses fils. Le temps passe. Khanjar, qui a demandé et obtenu du féodal local un coin de terre ingrate dans les montagnes, le met en valeur, crée le commencement d’une fortune qui s’affermit avec le temps. Loi qu’il édicte afin d’éviter tout morcellement du patrimoine et d’en assurer la pérennité : l’interdiction éternelle faite aux cadets de se marier et de fonder une famille. Seul l’aîné de chaque génération est autorisé à se reproduire. La nature (ou le hasard ?) semble complice ; pendant une, deux, trois générations, il ne naît que des garçons. Au début du vingtième siècle, il est plus aisé pour un homme que pour une femme de partir à l’aventure au loin, très loin de cette malédiction ancestrale. Empêchés de se marier, à moins de perdre tout droit à l’héritage, les cadets, génération après génération, en rage, partent, s’en vont au Mexique, en Chine, en Grèce, en Italie, en France… Ils y trouvent la mort souvent, mais reviennent parfois. Qui alors voit et nous rapporte les méandres de ces aventures lointaines ? Les intéressés eux-mêmes, c’est-à-dire les lettres qu’ils envoient au pays, à la mère, au frère, ou au cousin… Le flou du départ, l’imperfection du début est « civilisée » peu à peu ; la fortune familiale est désormais une riche et puissante maison de commerce et de négoce du Liban. L’aîné en titre est un notable qui tutoie les politiques. Les narrateurs successifs s’améliorent en quelque sorte eux aussi ; ils ne sont plus l’arbre, l’air ou l’épervier d’autrefois mais des êtres précis, instruits, tel membre de la famille qui relit les lettres envoyées de partout dans le monde et reconstitue des pans entiers de l’histoire familiale ; tel autre cadet d’une génération suivante, en errance lui-même, fait escale dans les lieux où son oncle ou grand-oncle a séjourné, y rencontre ceux qui ont connu le défunt ou même ses descendants « illégitimes », recueille leurs souvenirs et complète la grande et fastueuse légende des Jbeili. L’expression est usée sans doute, mais elle s’impose : Charif Majdalani, dans ce roman, est au sommet de son art narratif. Il promène le lecteur d’un lieu du monde à un autre tout opposé, d’une époque où la vie est douce ou décadente à une autre où l’on se combat tous azimuts, cela toujours avec un joyeux et rare talent de fabulateur.

Théo Ananissoh


l'histoire du Liban du milieu 19eme siecle jusqu'auj et l'histoire d'une dynastie
Profile Image for Stéphane.
20 reviews3 followers
November 2, 2018
Chronique de cinq générations d'une famille sur fond d'histoire du Liban. Chronique dans le sens de : ceci est arrivé ensuite cela arriva et puis ceci arriva. Aucune véritable progression narrative, mais j'ai passé un bon moment de lecture. À lire un peu comme un conte raconté autour d'un feu de camp, sur plusieurs jours.
Profile Image for Mélie Nasr.
Author 3 books18 followers
December 25, 2019
Un roman que j’ai trouvé intéressant sur le sujet (suivre une saga familiale) mais plat dans l’écriture. Pour moi, les personnages ne ressortent pas (on ne sait pas les enjeux, qui parle à qui et pourquoi), les personnages féminins sont inexistants ou caricaturaux (avec des mots comme « grace » et « élégance » pour les décrire, elles n’ont visiblement pas le droit d’exister sinon), et comme toute l’histoire est racontée par le biais de protagonistes qui n’ont pas vécu les situations, ça manque d’émotion et de concret, c’est très explicatif.

C’est dommage parce que j’avais hâte de découvrir une autre façon de raconter l’histoire du Liban. Même si je suis d’accord avec les thèses et les analyses de l’auteur, je me suis pas mal ennuyé à la lecture et j’attendais une chute qui n’est pas venue (ou un recoupement d’histoires qui n’est pas arrivé non plus). Je vois qu’il a des adeptes, tant mieux, mais je vais avoir du mal à revenir vers cet auteur.
Profile Image for Rivière Cécile.
174 reviews19 followers
August 31, 2017
Une très belle écriture et une dynastie qui mêle mythes et violence, ce récit avait tout pour me plaire mais je n'ai su le poursuivre au delà de la moitié, simplement par manque de concentration et par un timing in fortuit, je reprendrai la lecture plus tard !
602 reviews21 followers
October 18, 2017
While the choice of words is very well done resulting in a book of high literary value.....The story is extremely boring or at least loses in intensity because of the writer's choice.
Profile Image for Harriet Springbett.
Author 3 books19 followers
May 2, 2018
An epic literary fiction novel, strong on setting, full of fascinating historical detail about Lebanon - and a fascinating take on narration. I suspect this will win literary prizes.
95 reviews4 followers
April 5, 2019
Très beau livre sur le Liban à travers 5 générations
2 reviews2 followers
April 9, 2019
J'ai perdu le fil et je n'ai pas réussi à le finir.
Profile Image for Michel Fayad.
8 reviews1 follower
October 6, 2021
Great adventure book

In the tradition of Amine Maalouf, Mr. Majdalani takes us for a dizzying trip across the ages and the continents. Very well written.
7 reviews
June 22, 2024
Too flat so boring read half the thing couldn’t finish it
Displaying 1 - 12 of 12 reviews