« Animitas » raconte l'histoire d'un enfant chilien, de ses parents, de son frère et de sa soeur, partis de Valparaíso pour la rue Ontario. La douleur de l'exil reste cependant palpable chez chacun, en particulier pour la mère qui retournera au Chili et bousculera par le fait même la vie de tous ceux restés derrière. Plusieurs années plus tard, le narrateur se rendra à son tour au Chili pour y accomplir une forme de pèlerinage afin de faire la paix avec sa mère et lui-même. Quelque part entre les univers de Dany Laferrière et d'Élise Turcotte, « Animitas » donne à lire une écriture émouvante et un récit inoubliable.
Animitas, récit profondément mélancolique, décrit l’exil et la solitude d’un enfant chilien/québécois avec une élégance digne et un style admirable. Le narrateur, prisonnier derrière des vitres, des fenêtres, des hublots, des murs, essaie, alors qu’il grandit, de s’émanciper, de s’ouvrir au monde, malgré l’aliénation qui le guette. Attiré par le vide, l’abîme, il avance pourtant, car il fait bien partie du monde des vivants. Un roman d’une grande beauté.
« Ici, nous ne sommes que du bruit. Nous ne sommes que des faiseurs d’images derrière une façade de verre invisible. Nous ne parviendrons jamais à faire jaillir la mort ni à libérer les mille secrets camouflés sous terre. » p.254
Le livre était bien écrit, poétique ; l'histoire intéressante, touchante. J'ai surtout apprécié la construction du récit, en fragments comme des souffles courts qui laissent beaucoup de silences entre eux. L’utilisation de l’espagnol pouvait gêner un peu par bouts, mais ça cadrait vraiment avec le propos : « N’est-ce pas, maman, que ta langue et ton accent portuaires étaient pour toi une demeure qui, dans le silence, entretenait le dépaysement ? » (p. 175).
Comme c’est une sorte de quête identitaire, j’ai trouvé pertinent que l’auteur divise l’histoire en blocs où les lieux sont signifiants. L’enfance se déroule toujours en chemin entre la maison et l’Église, donc c’est la liberté d’être dehors, d’avancer, de découvrir, mais aussi l’enfermement dans le carcan religieux. Lorsqu’il est adolescent, toutes les scènes ont lieu dans sa maison, le plus souvent dans sa chambre. Il voit le monde par la fenêtre, mais il ne peut que s’imaginer en faire partie, il est pris dans sa pièce, dans son corps, dans sa famille conventionnelle. Même si à l’âge adulte il sort de chez lui, on sent qu’il reste un malaise entre lui et le monde, que sa place a été comme identifiée mais pas encore prise tout à fait. C’est seulement à la 2e partie que la narration bifurque vers le je, comme s’il avait enfin pris possession de son corps.
Pourquoi pas 5 ?
J’ai trouvé que le récit perdait son focus au fil de temps. J’ai l’impression que ça passe à côté de ce que ça voulait faire, ça passe pas loin mais pas dessus. Une sorte de malaise identitaire plane dans tout le roman, mais il est centré sur l’orientation sexuelle au début et ça change pour la nationalité, l’origine, vers la fin. Le personnage de la mère me semble être un prétexte au voyage, il n’est pas assez exploité. Et ce voyage qui est encore une fois intéressant à lire, mais je ne sens pas particulièrement qu’il y a une transformation du narrateur, ou du moins des constats, des réalisations. On voit quand même qu'il est toujours en décalage, entre deux, et ça c'est assez bien fait. Les quelques moments où il regarde un autre homme semblent patchés ici et là pour faire un lien avec le début, mais ça m’a paru forcé un peu.
Bref, j’ai trouvé ça bon, mais pas exceptionnel !
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De vendredi à samedi, les mots de Nicholas Dawson m'ont accompagnée partout où j'allais. Dans les transports, au café et à la maison.
À travers le regard d'un enfant sensible et adulte mélancolique, ses mots m'ont fait vibrer d'émotions et ont rempli mes yeux d'eau à quelques reprises.
L'exil et le manque d'acceptation de tout ce qu'il est comme personne ne sont que quelques exemples des thèmes abordés dans ce roman, qui berce et réconforte autant qu'il peut réveiller les blessures.
"L'enfant ne connaît pas encore assez de mots en français ni en espagnol pour décrire la sensation qui s'empare de lui dans l'église et qui le force tous les dimanches à essayer de se réfugier dans son imagination."
J’ai eu de la difficulté à poser ce livre. Je l’ai trouvé magnifiquement écrit. Ayant eu la chance de grandir à Montréal et d’avoir visité le Chili dans le passé, j’ai trouvé tellement justes et touchantes les descriptions de l’auteur. Ce n’est certainement pas la dernière oeuvre de Nicholas Dawson que je vais lire.
J'ai pasés un très bon moment avec cette lecture! On y suit l'histoire d'un enfant chilien et de sa famille qui ont immigré au Québec. Les courts chapitres nous transportent à différents moments de leur vie.
Le roman explore, entres autres, les thèmes de la famille, de l'identité et des deuils. L'écriture lyrique est un gros point fort. J'ai particulièrement aimé la dernière partie qui se déroule au Chili et où le jeune garçon, devenu adulte, cherche à obtenir certaines réponses par rapport à sa mère.