Au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, toute la France honora ses morts et glorifia ses héros. Mais, si les blessés physiques furent reconnus, soignés et pensionnés, qu’en fut-il de ceux qui en avaient été « quittes pour la peur » ? Qu’en fut-il de ceux qui s’étaient trouvés ensevelis sous leur abri écrasé par les obus ennemis, qui avaient assisté horrifiés au spectacle de leurs camarades déchiquetés par les shrapnells, qui attendaient de monter à l’assaut alors que, derrière le parapet de la tranchée, ils voyaient ceux qui les devançaient s’écrouler un à un sous les tirs des mitrailleuses allemandes ? De ceux-là, les blessures demeurèrent négligées, voire niées. Une fois la paix revenue, chacun s’en retourna à ses occupations et à ses plaisirs, infligeant à ces blessés invisibles ce deuxième trauma qu’est l’indifférence. Ce livre leur rend justice et montre à travers la grande richesse des tableaux cliniques comment l’approche des psychiatres a évolué, faisant progressivement primer l’hypothèse du choc émotionnel sur celle de la commotion physique. Comment, peu à peu, s’est imposé le concept de « névrose traumatique de guerre » qui rendait compte de la durée des symptômes et ouvrait à des méthodes thérapeutiques plus humaines. Louis Crocq est psychiatre des armées et professeur de psychologie à l’université Paris-V. Il a créé les cellules d’urgence médico-psychologique au lendemain de l’attentat de la station du RER Saint-Michel en 1995. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Les Traumatismes psychiques de guerre.
Louis Crocq est psychiatre et docteur en psychologie, spécialiste des névroses de guerre. Louis Crocq est professeur associé honoraire à l'Université René Descartes à Paris V. Il devient officiellement psychiatre au service de santé des armées en 1952 et prend sa retraite en 1987 en tant que médecin général des Armées. Il ouvre ensuite les premières consultations pour victimes de traumatismes psychiques (1987, hôpital Saint-Antoine, puis en 1997, hôpital Necker). Il est également ancien président de la section de psychiatrie militaire et de catastrophes de l'Association Mondiale de Psychiatrie et fondateur et président honoraire de l'Association de Langue Française pour l’Étude du Stress et du Trauma. À la demande du secrétaire d'État à l'action humanitaire d'urgence de l'époque, Xavier Emmanuelli, il crée en France avec entre autres Gérard Lopez, en 1995 les cellules d'urgence médico-psychologiques (CUMP) qui prennent en charge les victimes d'attentats, d’accidents ou de catastrophes naturelles. Ses travaux font autorité sur la scène internationale en particulier ceux sur la névrose traumatique et la névrose de guerre.