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La Plage de Scheveningen

Paris 1944.
Guillaume arnoult recherche, après quatre ans de guerre, les traces d'irène, retrouve des amis qu'elle a connus, la retrouve elle-même. mais à ce moment, il apprend la condamnation à mort d'hersent, journaliste politique, qu'il a connu familièrement pendant ses années de jeunesse. comment ne serait-il pas obsédé par sa pensée ?
Il doit rejoindre, comme correspondant de guerre, une unité combattante.
Auparavant, il passe avec irène une longue nuit au bord d'une plage du nord.
Ce n'est pas la plage de scheveningen, mais la mer est là, près d'eux, dont la rumeur accompagne leurs angoisses, leurs souvenirs et l'obsession, surtout, du meurtre et de la trahison.
On ne refait pas le passé, mais, après cette nuit magique, peut-être guillaume et irène sauront-ils mieux "oú est la vie, et ce qui vaut la peine d'être vécu ".

336 pages, Paperback

First published January 1, 1952

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About the author

Paul Gadenne

24 books15 followers
Paul Gadenne, né à Armentières (Nord) le 4 avril 1907 et mort à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) le 1er mai 1956, est un écrivain français.

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3 reviews
August 5, 2026
Comment parler de La plage de Scheveningen ? Alors même qu’elle a pour sujet ce dont on ne réussit pas à parler ! Au souvenir de cette lecture, plusieurs choses reviennent : l'écriture ample et précise ; le rythme dilaté du texte ; le désordre ambiant, dès le début qui est une longue évocation des ruines de 44 ; la référence à la peinture hollandaise.

Comment peut-on trahir ? C’est la question du roman à comprendre au sens large. Trahir son pays, trahir son passé, se trahir – et même se traduire. En plus d’être un livre de l’unité perdue, il évoque avec poésie l’incommunicabilité des hommes.

L’intrigue, on la connaît : Hersent, dont on comprend qu’il est l’avatar de Robert Brasillach, va être exécuté, Guillaume refait en lui le chemin qui a pu conduire ce brillant élève et auteur acclamé à devenir l’aède de la collaboration. En contrepoint, il retrouve Irène, vieille amante avec qui il a rompu, afin d’interroger les causes de leur rupture. Précisons que ce roman a été publié en 1952, alors qu’on vient à peine de clore le placard aux macchabées.

En proustien, Gadenne met en oeuvre la mémoire involontaire : les réminiscences surgissent à travers des détours, arrivent par chocs. Le mythe de Caïn et d'Abel et La plage de Scheveningen, paysage réel et tableau de Jacob van Ruisdael, sont souvent convoqués. Ce sont des preuves, au même titre que la vie des personnages principaux, que l’on peut faire autant de va-et-vient que l’on veut entre les récits et les événements, on n’en saura pas davantage ni sur les uns ni sur les autres.

Dans ce désordre auquel fait écho la confusion de l'année 44, le narrateur tente donc vainement de retrouver de l'unité, non par des raisonnements mais par la méditation, l’introspection, le rêve. La résolution ne viendra pas. Les grandes énigmes, les vraies énigmes, celles qui entourent les destinées humaines, demeurent. On y reviendra toujours avec les mêmes lieux communs littéraires, les mêmes équerres et compas, les mêmes offrandes de sang et de chair.

Voyons lire (chapitre XII, environ au mitan du livre) :

« Quel mauvais prétexte que les faits ! (…) L’accusé est sans importance ; tout est dit. Sans parler des erreurs possibles, mon honneur est pour toi félonie, et ce que tu appelles trahison, je l’appelle constance, logique. Ce qui te paraît mon obstination dans le mal fut mon espoir… Quand on en est à ce point de désaccord, il ne reste plus, en toute sincérité, qu’à supprimer celui qui pense mal ».

Coupons court à ceux qui voudraient faire de La plage de Scheveningen un prétexte à dire « il est trop difficile de juger, renonçons à le faire ». La vérité des actes est prouvable, c’est la vérité des êtres qui est insaisissable. L’enjeu posé du côté du tribunal, ce passage ouvre la voie, déjà bien déblayée, à une enquête toute autre, de nature existentielle.

Roman pas optimiste mais qui invite à la dilection plus qu’à la révolte. En somme, roman pour clore l’adolescence, utile à tous ceux qui voudraient purger l’histoire à la schlague.
33 reviews
February 7, 2025
Dans La Plage de Scheveningen, Guillaume Arnoult tâche de démêler le problème posé par le jugement: jugement de lui par Irène, qui l'a accompagné dans un voyage au nord de la France, jugement du collaborateur Hersent par ses compatriotes; il cherche la réconciliation entre lui-même et la jeune femme, entre les aspects contradictoires de la personnalité d'Hersent, entre Cain et Abel depuis le début de l'Histoire.

“Il était aryen, français, catholique. Catholique et Français toujours.
Un cas irréprochable. Il redécouvrait avec horreur ce que sa nature le portait à oublier sans cesse, qu'il existe des choses qui crient vengeance. Il avait cru pouvoir s'en tirer par l'innocence; Hélène, sans une
plainte, lui faisait comprendre que c'était impossible, qu'il n'y avait pas d'innocents (...)
Nous avons tous été coupables dans cette aventure, pensait-il en descendant l'escalier de la maison d'Hélène. Nous avons tous laissé s'accomplir le mal”.

L'intention du romancier est clairement exprimée dans une de ces lettres:
“Mon dessein est tout moral. Il s'agit de savoir ce que les êtres valent les uns pour les autres; j'essaie de remonter à la racine métaphysique de leurs jugements et de leurs actes (d'où Cain), (...) de voir comment la culpabilité se glisse aussi bien dans ces jugements que dans ces actes . Que peut-il y avoir de plus moral qu'un être qui essaie d'éclaircir sa conscience, et de vivre lucidement ?”
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