« Comme de proches parents trop longtemps séparés, Évangile et libre pensée me paraissent devoir se rejoindre au-delà d'une douloureuse histoire qui s'acharne à les dresser l'un contre l'autre. L'un comme l'autre relèvent de l'oeuvre d'art, de l'ouvrage à remettre chaque jour sur le métier. Tous deux encouragent l'homme à partir au large et à mieux respirer. Je crois vraiment, oui, sans la moindre récupération, que la libre pensée est une bonne nouvelle et que l'Évangile appelle à la liberté. » Convaincu depuis longtemps de la nécessité d'un renouveau spirituel aussi bien dans le monde laïc que dans le christianisme, Gabriel Ringlet lance ici un vibrant appel au dialogue entre « ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas ». Pour lui, les vertus de la laïcité et le « retournement » auquel invite l'Évangile procèdent d'une même aspiration à l'affranchissement de l'homme et doivent se féconder mutuellement pour répondre à la crise de la pensée occidentale. Aussi familier de l'univers chrétien que de ceux du journalisme, de l'université ou de la politique, Gabriel Ringlet, dont le témoignage a obtenu le Prix des Libraires de Littérature religieuse en 1999, nous offre un livre fondateur, enraciné dans les problèmes concrets de la vie de la cité, mais résolument tourné vers « l'utopie, c'est-à-dire le changement de lieu ».
Où Ringlet essaie de concilier maladroitement christianisme et laïcité. Il défend bien le christianisme (en s'inspirant fortement de la philosophie de Lévinas), mais on voit mal comment il articule le lien entre les deux. Il ne répond pas à la question qu'il pose pourtant : "Comment concilier dogme, Révélation et libre examen ?"
A la fin de l'ouvrage, je ne vois pas comment on peut à la fois être chrétien (donc "dogmatique") et lire penseur. Ceci dit, l'ouvrage est chouette à lire, agréable et très accessible.