Né dans une famille miséreuse, Blaise est vendu par son père alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Dans l’atelier d’un peintre, il perfectionne son art du dessin et rêve de devenir un grand artiste. Mais en 1539, la Renaissance a beau étendre ses lumières sur la France, elle éclaire difficilement ceux qui, comme lui, sont issus de la fange des ruelles.
Les hasards de la vie font qu’il est contraint à travailler pour Gaspar de Vallon. Ce chirurgien méprisant et ambitieux demande à Blaise d’illustrer son traité anatomique. Il lui impose toujours plus de séances de dissections de cadavres et le précipite dans une quête effrénée et illégale pour dénicher des corps dans les cimetières de Paris.
Une rencontre vient toutefois transfigurer ce parcours : celle de Marie-Ursule, une prostituée énigmatique. Captivé par la beauté de la jeune femme, Blaise sent renaître son âme d'artiste et sa volonté de déjouer le mauvais sort qui semble s'acharner…
« Magnifiquement documenté, solidement construit et animé de personnages attachants : un roman historique modèle. » (L’Actualité)
C'est au cours de ses études que Marilyne Fortin a découvert De Humani Corporis Fabrica (1543), un traité anatomique aussi innovateur que déterminant pour son époque, principalement grâce aux magnifiques gravures qui l'illustrent. Fascinée par le mystère entourant l'artiste derrière cette œuvre grandiose qui, jusqu'à ce jour, demeure inconnu, l'auteure a habilement entrelacé ses connaissances de l’art, de la science et de la vie parisienne du XVIème siècle pour parvenir à un dosage parfait entre les faits attestés et la fiction pure ! L'anatomiste est un roman historique inventif et éclairé qui a remporté, et on le comprend, un très grand succès notamment au Québec où il a été finaliste du prestigieux Prix du Gouverneur Général.
Magnifiquement documenté, solidement construit et animé de personnages marginaux mais attachants, L'anatomiste est un roman historique d'une incontestable originalité, qui célèbre l'heureux mariage de la science et de l'art.
L'auteure a dû fouiller pour en savoir plus sur le Paris de l'époque et conditions de vie des gens pauvres, et ainsi témoigner de leurs réalités. Cette incursion au cœur du Paris de la Renaissance est passionnante et particulièrement réussie. Marilyne Fortin n'hésite pas à entraîner son lecteur à sillonner les ruelles sombres du quartier des Halles ainsi que le cimetière des Saints-Innocents, un lieu de sépulture particulièrement propice à la «chasse aux cadavres»...
Bien entendu, on pourra s'étonner (ou même s'indigner) de ce que la langue de l'auteure soit si crue, notamment lorsqu'elle relate les séances de dissection auxquelles Blaise assiste !
«Se saisissant d’un scalpel, Ulbert incisa le cuir chevelu fraîchement rasé en suivant les contours de la tête. Soulevant ensuite la peau en quatre sections comme de vulgaires morceaux d’étoffe, il écorcha le crâne avec des gestes précis et étudiés. Ce faisant, il se trouva à exposer directement l’os du crâne. Abruptement saisi par le blanc spectral de l’os mis à nu et le rouge ferreux de la peau arrachée, Blaise eut une vive réaction à la vue du contraste violent de ces deux couleurs qui se jouxtaient.»
Il est vrai que ses descriptions donnent parfois le frisson mais c'est ce réalisme remarquable, cette sorte d'esthétique des bas-fonds, qui apporte à ce roman social un vernis de réel, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le célèbre feuilleton d'Eugène Sue, Les mystères de Paris.
«Les robes d’occasion étaient de jolies choses, mais elles empestaient la plupart du temps. Leurs coquettes propriétaires les portaient et reportaient sans cesse, puisque leur garde-robe, règle générale, se composait de fort peu de morceaux. L’exception, bien entendu, était ces femmes de la haute noblesse qui pouvaient se permettre l’achat de plusieurs toilettes par année, le luxe de vêtements parfumés. Toutefois, celles-là comme les autres moins fortunées ne lavaient jamais leurs jolies tenues de peur d’en voir les couleurs s’affadir. Du coup, les fournitures qui parvenaient dans l’échoppe de la veuve Lefebvre portaient l’odeur d’années de sueur et de relents de nourriture accumulées.»
Tout en s'appuyant sur une solide documentation, qui pourtant jamais n'entame la fluidité de son intrigue, Marilyne Fortin réussit le pari de transporter littéralement le lecteur dans les tourments d'une société émergeant lentement de sa noirceur médiévale. De théâtres d'anatomie publique au cagibi de dissection illicite, en passant par la sordide maison de chambre de la prêteuse sur gages, rien ne manque pour immerger le lecteur dans des lieux et une époque que Marilyne Fortin a su matérialiser et reconstituer avec justesse. L'anatomiste a décidément tout du roman historique modèle ! On aimerait vraiment pouvoir lire davantage de romans historiques de cette trempe !
La répétition répétitive à répétition répétée (répétitivement) de détails macabres m'a amenée à terminer ce livre plusieurs mois après l'avoir débuté. On peut bien se représenter l'époque et les lieux grâce à la combinaison des connaissances de l'autrice et des mots actuels qui sont utilisés, ce qui donne l'impression de diminuer l'écart de temps entre celui du récit et le notre. Je reste curieuse de lire un autre des romans de l'autrice.
J'ai adoré! Hyper documenté, très réaliste, Blaise est un personnage très attachant et j'ai beaucoup aimé le suivre, tout comme Marie-Ursule. Une très belle plume, de belles descriptions... Vraiment je suis très contente d'avoir découvert ce livre !
Ce roman est un petit bijou tant par l'objet en lui même que par la forme. On se retrouve plongés à l'époque de la renaissance pour des aventures romanesques qui comblent nos attentes. On suit l'itinéraire passionnant d'un personnage solitaire doué pour le dessin, en passe de devenir un artiste de talent...
De son enfance pauvre et malheureuse à l'apprentissage et à sa servitude, il relèvera les embûches humblement et patiemment. Le roman est noir, on est imbibé des corps, de la mort au service de la dissection, de l'anatomie, de la médecine. L'ambition avide et démesurée déraisonne les esprits. On évoque un milieu où les masques font légion et où il est difficile selon son rang de trouver sa place. Et pourtant deux âmes parallèles vont se croiser pour faire un petit bout de chemin ensemble... Marie Ursule et Blaise vont lire en eux même, se dévoiler, être sincère.
L'histoire d'amour est belle, sublime, personnelle et touchante. La sensibilité de ces deux êtres est sublimée, mise à nu et nous bouleverse. L'auteur réussit à nous immerger dans cette histoire avec une aisance déconcertante. Elle réussit à donner à son récit un relief saisissant de réalisme.
Ce roman historique ne souffre d'aucune longueur et lui confère un caractère immense. L'aventure est singulière, inoubliable. L'écriture est brillante, érudite, soignée.
Je suis conquise, impressionnée et ce roman à la hauteur mérite de rencontrer son lecteur. C'est d'ailleurs tout ce qu'on lui souhaite !
Drôle de lecture. Le gros dénouement malade survient au deux tiers du livre, puis après l'histoire suit son cours tranquillement... Pouet pouet pouet. Un peu décevant.
Le sujet était super intéressant, mais le style ne m'a pas tant inspiré. Le but n'était sûrement pas de recréer d'une quelconque manière le langage de l'époque, mais certaines expressions et formulations juraient vraiment avec le contexte, selon moi. Ça m'a paru bizarre de dire qu'un personnage de la Renaissance "avait encore bien des croûtes à manger". Ah well.
http://www.unbrindelecture.com/2016/0... Roman historique précis, sobre et extrêmement intéressant, dont l'action nous emmène dans les tourments de la Renaissance pour suivre les aventures de Blaise, enfant miséreux vendu par son père et rêvant de devenir artiste. J'ai trouvé cette une œuvre d’une écriture extrêmement minutieuse, et bénéficiant d’un vocabulaire riche et varié , absolument passionnante et très facile à lire. Je le recommande vivement.
Fini ma lecture "L'anatomiste" Une très belle surprise, un thème passionnant, des intrigues qui rythment bien le livre, un contexte historique bien présent et des personnages forts J'adore ! #anatomiste #Renaissance #traité #Galien #Vesale #dissection