La Provence du XIIIe siècle, pays de troubadours, est une terre très disputée. Mais à force de courage et de ténacité, Raimon Bérenger V en a fait un comté souverain. Son épouse, la séduisante Béatrice de Savoie, lui a donné quatre filles: Marguerite, Eléonore, Sancie et Béatrice, bercées par le chant des cigales. Leur beauté, leur éducation et leur vertu vont assurer à ces demoiselles les plus hautes destinées: par alliances, elle vont régner sur quatre des royaumes les plus convoités d'Europe. Malgré les ors et les fastes des cours royales elles vivront au rythme des guerres et des croisades qui ont déchiré leur temps. Leur destin respectif et leurs secrets les conduiront de la Provence à l'Angleterre en passant par la vallée du Rhin, Aigues-Mortes ou Naples, et même en Orient...
Une version romancée, et apparemment soutenue par beaucoup de recherche, de la France du 13e siècle - vue par l'histoire des quatre filles du comte de Provence. On y voit bien la vie en France et surtout en Provence à l'époque, la vision politique et culturelle du comté ainsi que ses liens avec les autres régions et pays.
Les quatre filles sont toutes mariées à des rois existants ou d'autres qui le deviendront, ce qui permet de suivre l'histoire de Saint Louis et les croisades, Henry III d'Angleterre, le roi de Germanie et le roi de Sicile. Le livre se lit facilement et est très fouillé; il parait donc parfois un peu long et mérite de faire une pause de temps en temps. Mais le rythme reste soutenu jusqu'à la fin, en partie grâce à son écriture simple et agréable.
Sur fond de vérité historique romancée, Patrick de Carolis nous livre le destin de quatre sœurs devenues reines : leurs espoirs, leurs joies, leurs peurs et leurs déceptions s'insèrent dans le climat politique du milieu du Moyen-Age, entre terre de Provence, Moyen-Orient, lugubre Angleterre et riante Italie. L'intimité royale s'ouvre au gré des alliances politiques des monarques auxquels sont mariés ces quatre beautés provençales. Un livre à découvrir des 13-14 ans, tant pour la beauté du Fine Amor chevaleresque loué dans cette cour provençale que pour l'intérêt des luttes de pouvoir.