Je me berce doucement dans la cabine, tenant le récepteur comme je tiendrais l’une de tes si belles mains. Je pense : je vais pouvoir respirer, elle me parle. Maman me parle.
L’enfant du Fleuve a aujourd’hui vingt ans. Elle habite désormais la grande ville, fréquente l’université, a un amoureux, voyage à Paris. Mais c’est dans la maison familiale, sur la Côte-Nord, qu’elle court se réfugier chaque fois qu’elle le peut. Avec son regard de jeune femme libre, du moins en apparence, elle y observe sa mère, qui s’est sacrifiée pour sa famille, faisant une croix sur ses rêves, elle qui aurait tant aimé être « savante », visiter la France, peut-être même devenir peintre ; cette femme si différente, avec qui elle partage pourtant une blessure fondamentale…
Dans Le fleuve, Sylvie Drapeau nous révélait son grand talent d’écrivaine. Cette suite, émouvante, magnifique, douloureuse, est débordante d’humanité.
Sylvie Drapeau est comédienne. Elle a joué dans de nombreuses productions théâtrales ainsi qu’au cinéma et à la télévision. L'enfer est le troisième opus d'une tétralogie qui compte déjà Le Fleuve et Le ciel.
Sylvie Drapeau me bouleverse complètement. Si elle me parle de deuil, j'ai l'impression qu'on m'arrache le coeur. J'ai peur avec elle, je désespère avec elle, je sens le vide.
J'avais dû prendre une pause importante après Le Fleuve puisque ça m'avait trop atteint. Je ne sais pas si je survivrai à L'Enfer.
Magnifique tétralogie dans laquelle la narratrice s’adresse à un proche décédé différent dans chaque tome. La narratrice revient avec douceur sur les moments partagés et ce qui a mené à leur déchéance. L’écriture de Mme Drapeau est douce et aborde avec délicatesse plusieurs moments difficiles vécus par les divers personnages. J’ai beaucoup aimé me retrouver parmi cette « meute » et de suivre leur parcours de l’enfance à l’âge adulte. J’ai rapidement dévoré les quatre petits tomes. Ce fut une lecture toute en douceur, sensibilité et délicatesse malgré certains sujets plus durs abordés.
Petite plaquette plutôt avare de mots. C'est là où je me suis rendue compte que Sylvie Drapeau est d'abord et avant tout une tragédienne, et pas vraiment une écrivaine. Les sentiments des personnages sont à peine décrit, comme si l'essentiel ne pouvait que s'exprimer ailleurs, par exemple au théâtre... dans l'espace et avec le corps. Lecture agréable tout de même.
Deuxième volet du triptyque entamé en 2015 avec LE FLEUVE. Le premier détaillait le drame qu’a sur la famille, sur la meute, sur la petite fille de cinq ans, la mort du frère aîné, emporté dans le noir du fleuve. Ce second tome, confronte la famille, la meute, la jeune femme de vingt ans à la mort de la matriarche, emportée dans le noir de la maladie. LE CIEL n’a pas le niveau de poésie qui rendait si percutante et dramatique la lecture du premier livre. Toutefois, la brièveté du récit favorise la satisfaction de l’investissement.
J'avais lu le Fleuve à sa sortie en 2015. Je n'avais pas vu passer la suite jusqu'à ces dernières semaines où la publicité faite sur la pièce de théâtre tirée du premier livre m'a donné le goût de lire les autres. Je me suis sentie particulièrement interpellée par ce tome, pas par sa relation avec sa mère, mais plutôt par son cheminement, son affranchissement de la religiosité familiale et son sentiment de liberté en partant pour "la ville". Je trouve aussi qu'elle relate des évènement tristes sans misérabilisme. Il y a toujours du soleil dans ses écrits.
J’avais beaucoup aimé le premier livre (Le fleuve) qui dépeint un drame familial, soit le décès de son frère par la noyade. On accompagne l’autrice dans son deuil et ses questionnements de jeune enfant. Dans le ciel, on la retrouve 15 ans plus tard. Il est question d’émancipation familiale, de premier amour, de non-dits familiaux et surtout de sa relation mère-fille. J’aime l’idée que l’autrice embrasse le sentiment d’étouffement que les familles peuvent souvent exercer, et à la fois, le rôle rassurant de celle-ci. Un petit livre que vous devez lire.
À la fois triste et doux. J'aurais aimé écrire ce passage à propos de la relation mère-fille : "Tu passais comme une femme de ménage, à ce qui me semblait. Je ne m'attardais pas à ta souffrance, alors, à tes regrets. Mais j'éprouvais une sorte de pitié, une sorte de culpabilité aussi de ne rien pouvoir faire pour toi. Bien sûr je t'aidais souvent au ménage, mais c'est ailleurs, au plus profond de toi-même, que j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose."
J'ai écouté Sylvie Drapeau me raconter son histoire. Je me suis laissé bercer. J'étais déja sensible a la relation mère-fille et des nombreux non-dits. Découvrir la jeune femme 15 ans plus tard, en période d'émancipation était fabuleux. J'ai adoré la scène de la sauce à spaghetti qui permettait de tout comprendre.
Bien que l'histoire puisse sembler banale par moment, la relation est complexe tout comme les sentiments ressentis. J'ai hâte de découvrir la suite. 🫶
Une petite plaquette. Quelques pages à peine, mais un récit complet, qui traite de l'essentiel. Une fille qui rétrospectivement rend un hommage posthume à sa mère qu'elle redécouvre depuis qu'elle en ressent la perte.
Incroyable. Ce livre, comme celui qui le précède, m’a foudroyé, bouleversé, m’a donné l’envie de verser un fleuve de larmes. La prose de Sylvie Drapeau est majestueuse. oui oui oui oui oui. à lire!