Paris, au début des années 1970. L'ancien ventre de Paris devient un immense chantier, le visage de la capitale change. Des hommes hostiles à cette défiguration s'insurgent et fondent une association, "Les Insulaires". Parmi eux, un peintre, Kerros, lui aussi attaché à la forme immémoriale de Paris. Mais il connaît bien celui que les protestataires appellent le "prince des modernes", Georges Pompidou.
Dans un dialogue fictif entre l'artiste et le président, Philippe Le Guillou revient sur les années pompidoliennes, leurs contradictions et leurs mirages, leurs audaces architecturales et esthétiques.
Philippe Le Guillou est né au Faou, dans la maison de ses grands-parents maternels située au lieu-dit Kerrod, ce qui veut dire « maison de la mer ». Après avoir passé son enfance dans les Côtes-du-Nord jusqu'en 1968, il grandit à Morlaix. C'est cette ville qui sert de modèle à la cité où déambule le héros de son premier roman, L'Inventaire du vitrail (1983). Il obtient le baccalauréat en 1977 et entre en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Les épisodes les plus forts de son adolescence sont la matière du Passage de l'Aulne (1993), roman de formation autobiographique où est évoquée, notamment, la venue à l'écriture. Son mémoire de maîtrise à l'université Rennes 2 porte, en 1980, sur La Voie royale, roman dont Philippe Le Guillou reparlera dans L'Inventeur de royaumes (1996), publié à l'occasion de la translation au Panthéon des cendres d'André Malraux. Professeur de lettres, il enseigne jusqu'en 1995 à Brest puis à Rennes avant d'être nommé, au printemps de la même année, inspecteur pédagogique régional et affecté à l'académie de Versailles. Il s'installe alors à Paris, qui occupera désormais une place importante dans ses romans. Il publie d'ailleurs en 2001 un essai en forme de promenade consacré à ses lieux parisiens, Paris, Une porte derrière la Bretagne. Devenu en 2002 inspecteur général, il partage son temps entre ses fonctions de doyen du groupe des lettres et son séminaire à l'Institut d'études politiques de Paris, qui porte notamment sur le roman moderne et contemporain. C'est à ce titre que le SNES notamment l'accuse d'avoir favorisé en 2010 la mise au programme du baccalauréat des Mémoires de guerre de De Gaulle, à qui Le Guillou a consacré un ouvrage, justement réédité en juin de la même année6. Le 8 décembre 2011, il est candidat au fauteuil de Pierre-Jean Rémy à l'Académie française. Avec successivement 1, 2 et 2 voix aux trois tours de scrutin7, il n'est pas élu. Philippe Le Guillou préside avec Claudine Glot le Centre de l'imaginaire arthurien basé au château de Comper-en-Brocéliande, et, depuis 2012, le jury du prix Breizh.
Un roman qui nous plonge dans le Paris du début des années 1970, au moment où des constructions et des transformations majeures affectent la ville. Une association " les insulaires" s'affaire à lutter contre ce que ses membres qualifient de destruction sauvage de Paris.
À travers cet intrigue, on suit les échanges entre l'artiste peintre Kerros et le maître d'œuvre qui prend les décisions et qui dirige la ville: Georges Pompidou.
Note: l'auteur a recours à un riche vocabulaire, exemple de mots: édicule, géomonier, picrate, gourbis, gaste, cosicornère, stipendié, ductilité, prébende, tacler.