Alors, voilà, Monsieur Bourdon écrit. De plus, c’est un flic. Un fic à la retraite vivant tranquillement et chiquement au bord de la mer avec sa femme, mais un flic quand même. Du moins veut-il nous le faire croire. A moins qu’il ne veuille s’en convaincre lui-même.
Il décide de reprendre une enquête irrésolue afin de résoudre lui-même le mystère. Pourquoi ? D’abord, parce ce crime s’est passé sur sa terre natale, à Bruay-en-Artois. Ensuite, il s’agit de l’assassinat d’une jeune fille innocente se rendant chez sa grand-mère. Une personne dira d’ailleurs à l’enquêteur : « C’est l’histoire du Chaperon Rouge. » Ce sont sans doute les mots les plus intelligents de ce livre.
Pendant le reste du bouquin, à part un peu de talent descriptif, Bourdon parle avec de vagues témoins au sein de chapitres souvent coupés abruptement. (Lorsqu’il ne parle pas avec les « témoins », il parle de lui, et de sa femme qui s’impatiente et qui s’inquiète. Ça fait très flic et très professionnel, tout ça. Ou bien, ça remplit les pages pour épaissir un peu le bouquin.) Ces conversations, qu’elles soient avec des amis ayant connu la victime, des experts ou des relations, sont superficielles. De temps en temps, il évoque le b-a-ba d’une enquête, de façon tout aussi superficielle. A moment donné, il explique que « une enquête criminelle se décompose en une dizaine d’étapes ». Il doit y avoir une inflation quelque part car j’en ai compte six et demie.
Lorsqu’il parvient enfin à joindre un témoin valide et important, il termine son livre avec un « Mon enquête ne fait que commencer ».
Non ! Sans blague ! C’est avec ce témoin que le livre aurait dû commencer.
Autrement dit, Bourdon s’est foutu de notre gueule. Il n’a certainement pas rendu hommage à cette pauvre Brigitte mais s’est rempli les poches en se servant de sa triste histoire.
Son livre, c’est de l’arnaque !