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Caliste, Ou Lettres Écrites de Lausanne

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Excerpt from Caliste, ou Lettres Écrites de Lausanne

378 pages, Paperback

First published January 1, 1787

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Roman

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Profile Image for Donald.
7 reviews5 followers
March 7, 2009

Je ne vous ai pas rendu heureux, et je vous laisse malheureux, et moi je meurs; cependant je ne puis me résoudre à souhaiter de ne vous avoir pas connu.

Isabelle de Charrière, Caliste ou suite des lettres écrites de Lausanne (1786)


From Rousseau's Nouvelle Héloïse to Malraux's Conquérants, French letters since the eighteenth century are strongly coloured by death and, more particularly, by death wishes. In the last couple of weeks, I have been looking with considerable interest at this subject that most will regard as unnecessarily stern in an age where happiness has been erected into a moral imperative.


What such people overlook, of course, is that happiness is sometimes impossible to achieve. Finding morally satisfactory alternatives to a utopian happiness is one of the modern world's most thankless tasks, and only by reading authors from a less demanding period can one hope to find a realistic alternative moral framework to these unrealistic dictates. Yet no author really tackles the subject in a way with which I can identify.


Rousseau's sentimentalism, by its excessive emphasis on nature, I have always found unrealistic and hypocritical; ultimately, the very emphasis on sincerity backfires. There is no such thing as a natural, spontaneous state of happiness. Does this mean, then, that a quest for a sincere framework for a death wish is impossible? Not necessarily, and we hardly have to look far to see why. Werther, undoubtedly European literature's most famous example of a death wish model, dies in an authentically untheatrical way. Yet, as Goethe himself points out to his secretary in 1821:



Es müsste schlimm sein, wenn nicht jeder einmal in seinem Leben eine Epoche haben sollte, wo ihm der Werther käme, als wäre er bloß für ihn geschrieben (It must be bad, if not everybody was to have a time in his life, when he felt as though Werther had been written exclusively for him.).

The very simplicity of the plot in Die Leiden des jungen Werther makes Werther a perfect role model. It explains both the novel's success and, I suspect, Goethe's subsequent dislike of a book he wrote at the age of twenty-four. Ultimately, there is something distasteful about role-models of any kind when this subject is treated: Werther, therefore, is emphatically not for me.


From this perspective, a more promising framework might have been provided by Balzac, whose boundless capacity for cynicism and pessimism provides the ideal state of mind for the unpretentious, undemanding treatment of the subject that I was seeking. Raphaël de Valentin, killed by an excess of love, is after all believed to have been a role model for Freud. Yet in La Peau de chagrin, as in The Picture of Dorian Gray where the subject is treated from exactly the same standpoint, there is, again, a determination to plaster some sort of significance—in this instance, the danger of putting too much trust in power and knowledge. Ultimately, superficially unconventional deaths such as Raphaël's or Dorian's are depicted in a judgmental manner that puts them in the same category as the more conventional and, of course, equally Balzacian death-bed scene attended by a doctor who, when the time comes, gives way to the confessor. Appropriate in some contexts, and certainly not a setting I would condemn out of hand. Yet despite the apparent diversity, I could not find a single author who treated the subject with the candour and simplicity that I feel it deserves.


It was by reading the excellent introduction to the Classiques de poche edition of my favourite book, Benjamin Constant's Adolphe, that I came across a mention of Mme de Charrière, of whom I had previously never heard: to the extent that she is still known at all, she is so mostly as an early advocate of gender equality and, of course, she is also famous for having had a liaison with the youthful Constant in around 1786. I was not expecting to find anything useful in Constant's Adolphe because, despite the purity of style which I hold to be the summit of French literature, I have never been able to identify at all, either with the inconsequential Adolphe, or with the passion-devoured Ellénore. Yet in Isabelle de Charrière's Caliste, the author's resolutely modern approach to morals is applied also to the heroine's death wish, in a manner that Sainte-Beuve had already found convincing:



Les lettres de Madame de Charrière sont tout simplement une petite perle. Elle avait peu compté sur l’amour, elle n’avait pas désiré la gloire ; mais, lors même que la raison fait bon marché des chimères, la sensibilité sevrée se retrouve là-dessous et n’y perd rien.



À défaut de passion proprement dite, un pathétique discret et doucement profond s’y mêle à la vérité railleuse, au ton naïf des personnages, à la vie familière et de petite ville, prise sur le fait. Quelque chose du détail hollandais, mais sans l’application ni la minutie, et avec une rapidité bien française. (Portraits littéraires)



This sensibilité sevrée, to me, when applied by Isabelle de Charrière to her heroine's death wish, provides a more honest, more modest yet ultimately more modern approach than that of her more famous disciple. She cuts out the pathos and does not pretend to drape an artificial meaning over a gesture dictated by nothing more than reality.


And in doing so, she provides me with what I had been looking for.

Profile Image for Gabrielle Dubois.
Author 57 books136 followers
September 18, 2020
L’auteure, Isabelle Agneta van Tuyll van Serooskerken van Zuyle, est née en 1740, en Hollande dans une très riche et noble famille. Elle était intelligente, féministe, peu conformiste et belle. Elle était compositrice et musicienne, fut demandée plusieurs fois en mariage, mais Belle de Zuylen était aussi romanesque. Elle n’avait pas bonne opinion du mariage mais, après une passion pour l’oncle de Benjamin Constant, bien plus vieux qu’elle, elle épousa M. de Charrière.
Ces Lettres de Lausanne ou Caliste, sont, sous couvert de roman, un traité sur l’éducation des filles et la condition des femmes. Caliste, personnage qui occupe toute la deuxième partie de ces Lettres, est une histoire dans l’histoire.
Claudine Hermann, qui préface parfaitement cette édition Des Femmes de 1979, en parle très bien, je lui laisse donc la parole :
« L’une des idées intéressantes me paraît être que Caliste soit aimée en remplacement du frère, que la cousine soit épousée à cause de son fils et que la consolation finale soit trouvée dans une promenade touristique avec le jeune lord. On ne peut pas dire mieux que la femme occupe dans la société une position de remplacement où l’amour ne peut être qu’un accident fâcheux. Le plus triste est que le jeune lord, connaissant l’histoire de Caliste, n’en décide pas pour autant d’ épouser Cécile qu’il aime, démontrant par là l’inutilité de la littérature et l’impuissance du récit. »
Germaine de Staël, qui admirait sincèrement les écrits de Mme de Charrière, reprend beaucoup de Caliste pour sa Corinne. Vraiment beaucoup. Mme de Staël prendra aussi le jeune Benjamin Constant amant de Mme de Charrière ! Dans cette histoire, Benjamin Constant est loin d’avoir un beau rôle, cf la préface de Claudine Hermann où le mot « muflerie » est lâché. Mais Mme de Charrière, intelligente et pleine d’humour, a de bonnes réponses.
L’amoureux de Caliste, les amoureux de Caliste, le père, le mari, sous la plume de Mme de Charrière, n’ont pas le beau rôle : ils sont faibles, bornée, plein de préjugés, fats, inconscients. Certes, leur société les a élevé en leur faisant croire qu’ils avaient la science infuse de tout et des femmes. Mais quand même, sont-ils lents ! L’amoureux narrateur de la deuxième partie de ces lettres est d’une faiblesse et d’une mollesse qui m’a tant irritée que j’aurais cessé la lecture, si la plume de l’auteure ne m’avait retenue !
Et Caliste excuse, comprend, s’excuse, pardonne alors qu’elle devrait, et pourrait se permettre d’envoyer tout balader ! mais vivre en dehors de la société demande une force peu commune.
Pour le plaisir de lire la fine et belle écriture de Mme de Charrière, quelques extraits :
Lettre 7 :
« On parle tant des illusions de l’amour-propre. Cependant, il est bien rare, quand on est véritablement aimé, qu’on croie l’être autant qu’on l’est. Un enfant ne voit pas combien il occupe continuellement sa mère. Un amant ne voit pas que sa maîtresse ne voit et n’entend partout que lui. Une maîtresse ne voit pas qu’elle ne dit pas un mot, qu’elle ne fait pas un geste qui ne fasse plaisir ou peine à son amant. Si on le savait, combien on s’observerait, par pitié, par générosité, par intérêt, pour ne pas perdre le bien inestimable et incompensable d’être tendrement aimé. »
Lettre 12 :
« Il ne faut pas vous faire illusion : un homme cherche à inspirer, pour lui seul, à chaque femme un sentiment qu’il n’a le plus souvent que pour l’espèce. »
Lettre 15, parlant des frères jumeaux :
« … en admirant la vivacité d’esprit et la gentillesse du cadet, on aurait voulu qu’il parlât moins, qu’il fût circonspect et modeste, sans penser alors qu’il n’y aurait plus rien à admirer non plus qu’à critiquer chez aucun des deux. On ne voit point assez que, chez nous autres humains, le revers de la médaille est de son essence aussi bien que le beau côté. Changez quelque chose, vous changez tout. Dans l’équilibre des facultés, vous trouverez la médiocrité comme la sagesse. »
Lettre 18, pour consoler d’un chagrin d’amour :
« Au lieu de raisonner, au lieu de moraliser, donnez à aimer à quelqu’un qui aime. Si aimer fait son danger, aimer sera sa sauvegarde. Si aimer fait son malheur, aimer sera sa consolation. Pour qui sait aimer, c’est la seule occupation, la seule distraction, le seul plaisir de la vie. »
Lettre 21 :
« Je ne sentais pas encore que le projet du bien public n’est qu’une noble chimère ; que la fortune, les circonstances, des événements que personne ne prévoit et n’amène, changent les nations sans les améliorer ni les empirer, et que les intentions du citoyen le plus vertueux n’ont presque jamais influencé sur le bien-être de sa patrie ; je ne voyais pas que l’esclave de l’ambition est encore plus puéril et plus malheureux que l’esclave d’une femme. »
« Quoiqu’il n’y paraisse pas toujours, les femmes ont une grande confiance au jugement et au goût les unes des autres. Un homme est une parfaite marchandise qui, en circulant entre leurs mains, hausse quelque temps le prix, jusqu’à ce qu’elle tombe tout-à-coup dans un décri total, qui n’est d’ordinaire que trop juste. »
« Être très pauvre et très jolie, pour une fille, mène à une perte presque sûre et entière. »
Le 21ème siècle doit être féminin ! Gabrielle Dubois©
https://www.gabrielle-dubois.com/les-...
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