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Notre ennemi, le capital

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Si l’on veut réellement rassembler la grande majorité des classes populaires autour d’un programme de déconstruction graduelle du système capitaliste (et non pas simplement accroître ses privilèges électoraux), il faut impérativement commencer par remettre en question ce vieux système de clivages fondé sur la «confiance aveugle dans l’idée de progrès», dont les présupposés philosophiques de plus en plus paralysants (du type "parti de demain" – celui de la Silicon Valley – contre "parti d’hier" – celui de l’agriculture paysanne ou de la culture du livre) ne cessent d’offrir depuis plus de trente ans à la gauche européenne le moyen idéal de dissimuler sa réconciliation totale avec le capitalisme sous les dehors beaucoup plus séduisants d’une lutte "citoyenne" permanente contre toutes les idées «réactionnaires» et "passéistes".

319 pages, Kindle Edition

Published January 11, 2017

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About the author

Jean-Claude Michéa

26 books38 followers
Jean-Claude Michéa (né en 1950) est un professeur de philosophie (aujourd'hui à la retraite) et un philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell.

Fils d'Abel Michéa, résistant communiste pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe l'agrégation de philosophie en 1972 à l'âge de vingt-deux ans. Engagé au Parti communiste français, il s'en écarte en 1976.

Professeur de philosophie au lycée Joffre à Montpellier depuis la fin des années 1970 (il a pris sa retraite à la fin de l'année scolaire 2009-2010), Jean-Claude Michéa est connu pour ses prises de positions très engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, ont perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la « religion du progrès ».

Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, Jean-Claude Michéa fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire. Il défend des valeurs morales collectives dans une société de plus en plus individualiste et libérale, faisant exclusivement appel au droit et à l'économie pour se justifier. Il « considère que les idéaux bourgeois libéraux ont triomphé du socialisme en le phagocytant » et « déplore que le socialisme ait accepté les thèses du libéralisme politique ».

Participant depuis de nombreuses années à l'entraînement d'adolescents, il a publié un livre sur le football, tout à la fois éloge de ce sport populaire par excellence, et critique de l'industrie footballistique. Selon lui, le football est mis à mal par les doctrines comme le merchandising et le supporter qui en sont les conséquences les plus néfastes.

Puis, dans L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Michéa développe la théorie selon laquelle l'enseignement serait passé d'un enseignement tourné vers la culture générale et l'émancipation intellectuelle du citoyen à une formation préparant l'individu à la compétition économique du xxie siècle.

Dans Impasse Adam Smith, Michéa considère que la gauche est une alliance entre le socialisme et le progressisme formée lors de l'Affaire Dreyfus, qui ne peut se faire qu'au détriment du socialisme, la gauche ne faisant ainsi que livrer un peu plus le monde à l'emprise économique du libéralisme économique. Pour Michéa, le libéralisme est structurellement une idéologie progressiste, opposée aux positions conservatrices ou réactionnaires comme l'avait souligné Marx. De la droite à l'extrême gauche, une idéologie libérale est selon lui à l'œuvre. L'essai qu'il a publié en 2007, L'Empire du moindre mal, est consacré à cette question. Son livre a fait l'objet d'un accueil critique plutôt positif chez les partisans de la décroissance ou la Revue du MAUSS5. Sa position est proche de celle du philosophe Dany-Robert Dufour dans son ouvrage Le Divin marché.

Dans les Mystères de la gauche (2013), il poursuit cette critique de la gauche, qui selon lui, « ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu'ils soient ou non conformes à l'intérêt du peuple, ou même au simple bon sens ». La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions «sociétales».

Jean-Claude Michéa est également l'un des principaux introducteurs en France de l'œuvre de l'historien américain Christopher Lasch, dont il a préfacé plusieurs ouvrages dans leur traduction française.

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Displaying 1 of 1 review
Profile Image for Andrew Figueiredo.
351 reviews14 followers
May 7, 2022
I discovered Michéa through a journal called Limite, where French anti-capitalists with a social conservative streak gather. The journal advances a growth-skeptical distributism and is largely based on Michéa's thought. That grabbed my attention, as did the fact that Michéa is Lasch's top French translator. There's not much out there by Michéa in English, with primarily a handful of interviews and secondary articles about there. Thankfully, I could put my high school French to work.

So I began with "Notre ennemi, le capital" and ended up quite impressed, only docking a star for the book's strange organizational scheme. He answers four central questions, and then has essay length expansions on portions of each answer, with their own long and substantive footnotes. The book could've used stronger organization by theme or even by major question.

Nevertheless, Michéa makes some powerful critiques of liberalism from a libertarian socialist perspective. He looks back to the ideas of people like Proudhon, Orwell, Lasch, and Mauss and from them crafts something both anarchist and communitarian. The author has a strong anti-authoritarian streak and expresses deep skepticism toward totalizing state socialism. Yet Michéa also lambastes the left's love affair with progress, which developed out of an alliance between the "gauche radicale" (roughly equating to social progressives in France) and the Communist/socialist old left. From this, social progressivism became the dominant schema of the modern left. However, instead of sustaining solidarity, this fusion glorifies the same individualism that capitalism depends on, summed up in the Silicon Valley ideology and in the frequent advocacy of open borders. By seeking to tear down local norms, the nation-state itself, and biological limits, this ideology paves the way for the market's colonization of everyday life. A hyper-financialized economy totally delinked from real production depends on this never-ending growth on paper. Thus, progressives' technological optimism papers over the contradictions of capitalism by sustaining what Michéa believes is a sort of forever-growth Ponzi scheme. But it's all unsustainable, on an ecological and a societal front. These contradictions, in Michéa's telling, doom the world to a bifurcated system where an uberised global poor toils for the benefit of a distant and safeguarded elite class.

Yet, it's in everyday life that Michéa sees a way out. Instead of glorifying individualism and foisting revolution from above, Michéa seeks to promote socialism through the traditions and inheritances particular to local communities. In this, he echoes Lasch's approach to class and localism, recognizing the ways common people find meaning and recognition in community. Instead of sanctimonious moralizing, such a socialist movement would reach people where they are and transcend ideology. (I disagree with him that Podemos was ever capable of doing so. Like Occupy Wall Street, the hope for a cross-ideological movement from below fell apart rather quickly.) This is probably easier said than done, but is food for thought for those of us who enjoy imagining new political arrangements.

While I don't agree with all of Michéa's opinions (I don't think degrowth is the solution), he updates a number of Orwell's most cogent insights on the left. For his intriguing leftist critique of Silicon Valley ideology and progressivism, he's worth a read. I can see many groups finding value in this, from the 'Dirtbag left' to anarchists to New Right types to localists like myself.
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