Marc Lambron nous a livré l'année dernière le premier volume de ses modernes « Mythologies » de sémillant sémiologue de la France politique contemporaine avec « Mignonne allons voir... » Un regard, un ton, un style : quand un vrai écrivain de talent s'empare de la chose politique, il a des choses à en dire qu'aucun journaliste spécialisé ne peut saisir ni exprimer. Et bien, dansez maintenant ! est le deuxième volet des « Mythologies » lambroniennes. Le premier était centré essentiellement sur Ségolène Royal, le second l'est surtout sur Nicolas Sarkozy, même s'il s'agit au fond toujours de la même interrogation sur les symptômes de la névrose obsessionnelle française. Tressage fin de choses vues et de considérations lumineuses (notamment sur les «quatre piliers » du pouvoir sarkozien et toutes leurs combinatoires possibles), le livre balaie une période qui va du 5 avril 2004 (date d'un d'un « dîner de têtes » au Ministère des Finances) à fin mars 2008 (incluant le remaniement post-municipales), en passant par un étrange dîner de la Revue des Deux Mondes, un déjeuner en tête-à-tête entre l'auteur et Ségolène Royal après parution de son livre sur elle, des considérations sur l'état du PS, un dialogue imaginaire avec « Jean Evrard » de Neuilly sur Seine (ou comment éviter que le Neuf-Trois ne déborde sur le Neuf-Deux)...
Élève au lycée du Parc (Lyon), il anime pendant un trimestre une émission télévisée : Des enfants sur la 3. En 1974, il est en khâgne au lycée du Parc. Il obtient ensuite ses diplômes de l'École normale supérieure, de l'Institut d'études politiques de Paris, et de l'École nationale d'administration (ENA), et réussit également le concours de l'agrégation de lettres, où il est reçu premier. En 1983, il effectue un stage à l'ambassade de France en Espagne où il écrit son premier livre, L'Impromptu de Madrid. La mort de son frère Philippe, emporté par le sida en 1995, lui a inspiré un récit autobiographique, Tu n'as pas tellement changé, publié en 2014.
Journaliste au Point et au Figaro Madame, il est inspiré par l'époque de Vichy, dans son roman 1941, et les années 1960, dans son roman Étrangers dans la nuit, et reste passionné par le rock. En 1993, il obtient le prix Femina pour L'oeil du silence, un roman consacré à la photographe Lee Miller. En témoin de sa génération, Marc Lambron est revenu sur ses espoirs et ses impasses dans deux livres doux-amers, Les menteurs et Une saison sur la terre. Réunissant ses chroniques dans plusieurs volumes intitulés Carnet de bal, il a également consacré des essais ironiques à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Il est aussi conseiller d'État.
Le 26 juin 2014, il est élu à l'Académie française au fauteuil de François Jacob au troisième tour de scrutin, obtenant treize voix sur vingt-quatre suffrages exprimés.