"Φορώντας μόνο μια ταφταδένια ρόμπα, παρέσυρε στο δωμάτιό του τη Λυσέτ, που ήταν εξίσου ελαφρά ντυμένη. Φρόντισαν να κλείσουν καλά την πόρτα και να τακτοποιήσουν την κουρτίνα. Όμως εγώ είχα υπερνικήσει όλα τα εμπόδια και το τέχνασμά μου πέτυχε, τουλάχιστον εν μέρει. Δεν είχαν περάσει δύο λεπτά που ήταν κλεισμένοι στο δωμάτιο κι εγώ, ανυπόμονη, πήγα στην πόρτα και ανασήκωσα απαλά την κουρτίνα. Είδα τη Λυσέτ. Τα στήθη της ήταν ολόγυμνα. Ο πατέρας μου την κρατούσε στα χέρια του και τη σκέπαζε με τα φιλιά του. Καθώς όμως φλεγόταν πια από επιθυμία, πολύ σύντομα φούστες, κορσές, πουκαμίσα, βρέθηκαν όλα στο πάτωμα. Πόσο της πήγαινε να είναι γυμνή! Και πόσο μου άρεσε να τη βλέπω έτσι!"
Γραμμένο τις παραμονές της Γαλλικής Επανάστασης και εμπνευσμένο από τις αρχές του Διαφωτισμού, το βιβλίο επικεντρώνεται στη σεξουαλική διαπαιδαγώγηση μιας πολύ νεαρής κοπέλας από τον πατριό της. Ωστόσο, η μύηση στις απολαύσεις της σάρκας συνοδεύεται εδώ από μια πραγματική εκπαίδευση σε όλα τα γνωστικά πεδία, από την επιστήμη ως τη θρησκεία, όπου θίγονται για πρώτη φορά πολύ σημαντικά ζητήματα: το δικαίωμα των γυναικών στην ερωτική απόλαυση, η σημασία της προσωπικής υγιεινής, ο σεβασμός του σώματος, η ομοφυλοφιλία, η θρησκευτική καταπίεση. Μυθιστόρημα ιδεών και ταυτόχρονα παιγνιώδης πραγματεία στον έρωτα, το βιβλίο είναι χαρακτηριστικό μιας εποχής όπου οι επαναστατικές ιδέες γεννιούνται στο μπουντουάρ, εμπεδώνονται στα καφενεία και εκπνέουν στη λαιμητόμο.
Honoré Gabriel Riqueti (sometimes spelled Riquetti), Count of Mirabeau (9 March 1749 – 2 April 1791) was a leader of the early stages of the French Revolution. A noble, he was involved in numerous scandals before the start of the Revolution in 1789 that had left his reputation in ruins. Nonetheless, he rose to the top of the French political hierarchy in the years 1789–1791 and acquired the reputation of a voice of the people.
A successful orator, he was the leader of the moderate position among revolutionaries by favoring a constitutional monarchy built on the model of Great Britain. When he died (of natural causes) he was a great national hero, even though support for his moderate position was slipping away. The later discovery that he was in the pay of King Louis XVI and the Austrian enemies of France beginning in 1790 caused his posthumous disgrace. Historians are deeply split on whether he was a great leader who almost saved the nation from the Terror, a venal demagogue lacking political or moral values, or a traitor in the pay of the enemy.
I read this in English as The Lifted Curtain for my research. It's quite difficult to know how to rate this, so I'm going with one star on account of the blatant sexism and disturbing elements of incest.
L’Éducation de Laure (4 étoiles ) : D’après l’introduction de Vincent Jolivet, Mirabeau fait œuvre originale en renouant avec deux traditions libertines dans ce texte : celle des dialogues érotiques, en tant que moyen d’instruction sexuelle, et celle des récits pornographiques, dans lesquels un narrateur narre son apprentissage des plaisirs de l’amour et ses diverses conquêtes. L’éducation dispensée à Laure dans ce texte par son père* est donc autant morale et philosophique que sexuelle et anatomique. Elle débute plus tôt que ne l’aurait voulu l’instructeur grâce à une scène de voyeurisme et à un rideau adroitement levé par l’héroïne. Soucieux du bien de celle-ci, son père lui donnera une première instruction relative à ce qu’elle a pu voir, puis la contraindra à l’abstinence, par le biais d’une ceinture de chasteté, et à la patience jusqu’à ce qu’elle soit en âge d’être initiée de façon pratique. Entretemps, il ne néglige pas sa formation intellectuelle et mondaine : tout bon libertin ne doit pas seulement avoir des mœurs très libres, mais également posséder l’esprit critique cher aux Lumières afin d’être tout à fait libre et maître de lui-même.
Comme souvent dans les romans libertins, la figure maternelle est absente : la mère de Laure meurt en effet dès le début du récit, laissant la place à une autre figure féminine, une gouvernante, Lucette. Ces trois personnages formeront l’utopie imaginée par Mirabeau : il n’est en effet question du monde extérieur que tardivement, une fois l’éducation de Laure accomplie. Avant l’intervention de deux nouveaux protagonistes, tout se passe en monde clos sur lui-même, au sein de la demeure paternelle. Nulle cruauté n’intervient, et si la violence apparaît parfois, elle est rapidement pardonnée et transformée en consentement. Est dressée une éducation « idéale » et parfaitement assimilée par l’héroïne.
Cet univers s’ouvre ensuite à deux nouveaux protagonistes, suite à la perte d’un des trois premiers : l’insatiable (la nymphomane, aujourd’hui) Rose et son charmant frère, qui plaît beaucoup à Laure. La première racontera elle-même l’histoire de son apprentissage sexuel dans un récit enchâssé. Tous deux achèveront l’éducation sentimentale de Laure, en lui apprenant à distinguer amour et désir, et feront la démonstration des dangers du libertinage. Cette incursion extérieure prouve donc à Laure tous les bienfaits reçus de son père et la ramène donc dans l’esprit de l’utopie initiale.
Ce roman de la fin du 18e siècle recèle donc un grand optimisme et tranche avec d’autres productions du genre libertin beaucoup plus pessimistes et/ou cruelles. Pour cette raison, le récit est très plaisant à lire, alternant avec justesse passages philosophiques légers et scènes pornographiques.
Ma Conversion ou le libertin de qualité (2 étoiles) : Dans ce roman-ci, Mirabeau reprend le procédé du roman-liste exploité par Duclos dans une partie des Confessions du comte de ***. Si je l’avais trouvé intéressant dans ce dernier texte, il n’en a pas été de même cette fois : le procédé est utilisé tout au long de la centaine de pages que compte le récit et, très sincèrement, c’est long et fastidieux. Certains épisodes sont heureusement plus développés que d’autres et suscitent davantage d’intérêt par l’attention plus continue qu’on peut y apporter, mais la plupart, dont les premiers, sont assez rapidement passés en revue. Cette rapidité a malheureusement nui à ma lecture : n’ayant pas le temps de m’attacher à l’un ou l’autre personnage féminin séduit par le narrateur, je m’ennuyais et me lassais de ces conquêtes aussi rapidement que le libertin signant là ses Mémoires.
L’intérêt que peuvent néanmoins susciter ces conquêtes successives réside dans le parcours social et géographique accompli : le héros passe en effet d’une catégorie sociale à une autre, du plus bas au plus haut, et voyage à travers la France, ainsi qu’en Italie et en Espagne. Cela donne lieu à quelques préjugés nationaux ou sociaux, communs à ce type de romans. Là où Mirabeau se distingue de Duclos, notamment, c’est dans la motivation de ce libertinage : ce n’est plus le plaisir, ni la réputation mondaine qui pousse le narrateur d’une femme à l’autre, mais l’argent. Il en est sans cesse question, pour se plaindre d’en manquer généralement. C’est la raison pour laquelle, las de se prostituer et de parcourir une telle carrière, notre héros voudra finalement « faire une fin » et… finira sur une chute relevant du registre comique. Si elle n’est guère surprenante, elle est très bien amenée et participe à la parodie générale du genre que semble constituer ce roman.
(Lecture de l'Education de Laure en janvier 2011) J'ai retrouvé dans cette œuvre plusieurs genres et procédés romanesques typiques du 18e siècle qui me plaisent: le roman par lettres (le récit de l'éducation de Laure est contenu dans un petit livre/grande lettre et introduit par une lettre. Le destinataire de celle-ci aurait publié ce roman en changeant les noms), les récits enchâssés qui m'ont rappelé "Manon Lescaut" de l'abbé Prévost et les "Mille et une nuits", et un certain discours philosophique et subversif, notamment sur l'éducation, inséré entre quelques scènes érotiques. Ce dernier aspect, le philosophique et l'érotique se succédant et s'appuyant l'un sur l'autre, m'a fait penser à la "Philosophie dans le boudoir" du marquis de Sade. La toute première lettre m'a d'ailleurs semblé constituer une réponse féminine à la philosophie du marquis, bien que l'opinion du père adoptif de Laure diverge légèrement par la suite et est plus nuancée.
J'ai eu le plaisir de lire ce livre deux fois. Première lecture était quand j'étais plus jeune qu'aujourd'hui. Cette nouvelle lecture m'a donné une sorte d'une profonde admiration pour les mots et les phrases qui expriment la sensualité et expliquent le feu de désir.
Aujourd'hui, quand l'érotisme est devenu à la mode, "Le Rideau levé" nous donne une forte odeur du passé, le passé quand la sensualité étais plus colorisée et florissante comme la nature même.
I did not like the plot but I did learn a lot from the book and my French improved. I was not expecting it to be an erotica but I guess such stories use a lot of vocabulary and can be really good in expanding a growing vocab. I thought both main characters of the book were morally depraved.