Après les récits bouleversants et drôles consacrés à son père, ses deux fils handicapés et sa femme disparue, Jean-Louis Fournier poursuit son œuvre de greffier de la famille. Cette fois, c'est à Marie, sa fille unique, qu'il adresse une lettre coupante et déchirante, les mots d'un père désemparé qui a égaré sa fille. Un père en colère aussi, qui cherche à comprendre pourquoi, du jour où Marie, avant si charmante et drôle, est partie "rejoindre Jésus" avec celui qu'il nomme "Monseigneur", elle est devenue odieuse et grise. Pourquoi, surtout, depuis qu'elle vit auprès d'un "allumeur de réverbères qui n'éclaire pas", elle laisse son père dans le noir. Dans l'espoir de rétablir un jour le courant entre elle et lui, Jean-Louis Fournier cherche à démêler l'écheveau de leurs pudeurs et peurs respectives. Empêtré dans ses doutes, il offre les dernières pages à sa fille où il la laisse exposer sa vérité.
Extrait: Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même. Elle veut être sainte. Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel. J.-L. F.
Bof bof bof... Autant j'ai été touchée et émue par "Veuf", autant je ne comprends pas celui-ci. Pourquoi? Pourquoi avoir écrit ce livre et surtout pourquoi l'avoir publié? Au final mon passage préféré a été la réponse de sa fille. C'est certainement la partie la plus intéressante du livre. Tellement de tristesse et d'incompréhensions dans ce récit... Par contre c'est toujours très bien écrit.
Ce livre est probablement bien intentionné, mais au final, c’est malencontreux. Il me semble que le père est plein de préjugés; c’est peut-être la raison pour laquelle sa fille s’est révoltée contre lui en premier lieu. Et combien de fois est-ce que cet homme peut dire que sa fille n’a plus d’humour? Eh bien, il le dit à tout bout de champ: c’est vraiment agaçant.
Je pensais retrouver dans ce roman le ton caractéristique de Jean-Louis Fournier, qui m'avait tant charmée dans Veuf ou Ma mère du Nord. Cette ironie non dénuée de douceur, ces petites phrases incisives mais tellement drôles, cette lucidité empreinte de pudeur. Rien de tout cela ici : l'ironie est mordante, les petites phrases incisives tranchantes, la lucidité laisse place à l'aigreur. C'est terrible de voir la déception d'un père vis à vis de son enfant s'étaler sur 150 pages. L'opposition "tu/elle" quand il parle de sa fille telle qu'elle lui plaisait vs celle qu'elle est devenue est d'ailleurs très violente. Cette diatribe à charge vis à vis de sa fille m'a mise profondément mal à l'aise. Si le livre n'avait pas été si court, je ne l'aurais d'ailleurs pas fini. Il y a sans doute du vrai quand on dit qu'on ne doit pas laver son linge sale en public !
Drôle, digeste mais acerbe, petite autofiction édifiante sur le fossé générationnel qui existe entre les baby boomers et leur enfants, malgré eux. Je le prends comme un petit bout de développement personnel doux-amer et plein d'esprit, ancré dans le monde de Fournier mais qui pourrait avoir la vertu d'agir en miroir universel sur nos vies de lecteurs et bousculer nos certitudes. Ne faut-il pas comprendre l'autre et pardonner ?
Pas convaincue du tout par la motivation de ce texte ! L'auteur étale sur la place publique une affaire personnelle (sa fille a pris le voile et ça déplaît à monsieur), franchement cela ne nous regarde pas, c'est déplacé, dérangeant, grinçant ... et l'auteur est un grincheux ! Désolant.
J'ai aimé ce texte. Je trouve intéressant qu'un père écrive à sa fille pour lui dire ce qu'il ressent. Ce livre est un exutoire selon moi. Après, pourquoi le publier... ? L'écrire n'est-il pas suffit ? Libre à chacun d'avoir son opinion sur la question !
Comme la plupart des livres de Fournier que j'ai lus jusqu'à présent, ce livre est plein de sarcasme et d'humour noir. Une lecture assez rapide et amusante.