Un roman touchant écrit d'une main de maître. Patrick Poivre d'Arvor dans ce livre se veut plus intime, plus enclin aux confidences. Cette lettre ouverte est un message d'amour sans pareil, déchirant, presque vain en définitive. Solenn est un mirage que l'on découvre au fil des pages, une petite fille déjà grande et pourtant si minuscule, fragile, prête à se briser à tout moment. Au fil des pages, les lettres de l'auteur à sa fille se veulent de plus en plus bouleversantes, elles nous happent, on attend un dénouement qui ne viendra pas.
Je connaissais l'histoire de Solenn, principalement grâce à la Maison de Solenn qui est aujourd'hui un centre spécialisé pour les adolescents à Paris. Je souhaitais découvrir ce livre qui promettait d'être prenant, presque ravageur. Il a quelque part tenu ses promesses. La plume de Patrick Poivre d'Arvor nous entraîne dans son sillage, dans ses voyages, ses espoirs comme dans ses désillusions. J'aurais presque aimé que sa voix si connue accompagne ma lecture.
C'est un témoignage grandiose qui nous offre un nouveau regard sur l'anorexie : celui des proches, qui ne comprennent pas, parfois par déni aussi, et qui attendent quelque chose, une promesse de guérison, la fin, ou le début d'une vie où la nourriture n'est plus un poison.
Un livre qui se veut simple et efficace, dans l'urgence, face à des sentiments forts et parfois si contradictoires. Peut-être pas un coup de cœur, mais un livre que je suis très contente d'avoir enfin découvert et que je conseillerais à beaucoup. Pour y comprendre la détresse d'un homme si connu des Français, mais aussi pour ressentir l'intensité d'un amour filial sans pareil.