Schiller constatait que l'homme n'est pleinement homme que lorsqu'il joue. Peut-être en effet réalise-t-il dans l'instant du jeu comme une plénitude de ses potentialités et de ses rêves, peut-être déverse-t-il alors ses frustrations, ses désirs, son besoin de dépassement et oublie-t-il le quotidien pour revivre dans l'acte ludique.
Des questions se posent : qu'est-ce que le jeu, à quoi joue-t-on, la vie n'est-elle qu'un rôle, qu'un bal de masques où chacun mime son personnage ? Pourquoi tous ces jeux, que reflètent-ils, que donnent-ils ? Où conduit le hasard, la chance ?
Car si l'être humain et le monde se pensent à travers les jeux qui sont comme autant de miroirs reflétant les arcanes de la création, si, selon la belle formule d'Héraclite, l e temps est un enfant qui joue , alors se cache là un secret. Nous sommes partis à sa essayant de comprendre, de saisir l'esprit du jeu, des jeux - d'aucuns diraient : leur psychologie. Descendus dans ce labyrinthe, notre fil d'Ariane fut l'histoire ici contée. Elle rappelle que si l'homme se révèle bien peu sapiens , il fut, il est, ludens .