Tous ces excentriques, memes les detraques, sont decrits avec sympathie. Pour Frechette, tout comme les gens talentueux, ces marginaux mettent du piquant dans la vie quotidienne. L'auteur est tres sensible a leur integration sociale. Il les decrit dans l'espace public. La meme population, au meme moment, sans passion ni mechancete, saluant par des exclamations enthousiastes un jeune etranger (le prince de Galles), beau, heureux, fete, choye, tout-puissant, et poursuivant de ses avanies un pauvre vieillard prive de raison (Grelot), desherite de tout, pliant sous le fardeau des tristesses du monde, - mourant de faim peut-etre !"
Louis-Honoré Fréchette, CMG, was a Canadian poet, politician, playwright, and short story writer. For his prose, he would be the first Quebecois to receive the Prix Montyon from the Académie française, as well as the first Canadian to receive any honor of this kind from a European nation.
Comme son maître Crémazie, Fréchette a tâté du romantisme grandiloquent à la Hugo, surtout dans La Légende d’un peuple, qu’il considérait comme son grand œuvre. Mais, un peu comme son contemporain Camille Saint-Saëns avec son Carnaval des animaux, c’est dans une suite de pièces qu’il a composées pour s’amuser quand il n’avait plus rien à prouver, ex-député, pensionné à vie, que sort le meilleur de son génie créateur. Et quel génie! La gouaille du langage, les caractères de ses personnages, tous marginaux, tous solitaires, tous masculins, tous pauvres, certains très malheureux, d’autres plus heureux que des rois, du bedeau-barbier de l’évêché à l’hôtelier de Rivière-Ouelle en passant par le poète analphabète, le pauvre Grelot pris avec son surnom pour le reste de ses jours, et mon préféré, Chouinard, le facteur analphabète lui aussi qui livre à pied, de Lévis à Gaspé et retour, le courrier qu’on lui confie par charité. Et à travers ça, des portraits, des descriptions de paysages d’une admirable poésie, des procédés littéraires inouïs, des anthologies d’anecdotes... et, en point d’orgue, une postface qui explique tout cela bien mieux que moi, rédigée par Réjean Beaudoin pour cette édition du centenaire de l’œuvre.
Fréchette décline en plusieurs nouvelles des personnages titulaires (Grelot, Burns, etc) et leurs anecdotes, où il s'injecte de temps à autre. Un titre prometteur, mais une exécution qui manque de mordant. Si on s'attend aux Caractères de La Bruyère, il n'y en a guère de traces. L'humour s'est éventé, alors que l'écriture sent le renfermé.
À garder dans la cave de la littérature québécoise.
Ce livre est important à lire pour comprendre la culture québécoise: il pousse la réflexion sur le sujet de la folie d'une manière aussi comique que tragique. Par contre, les personnages se fondent l'un dans l'autre et je n'ai pas beaucoup aimé le style de l'écrivain. C'est un livre intéressant, mais l'exécution de son concept est questionnable.