Joël Egloff est le spécialiste de personnages naïfs, bizarres et pas très chanceux se retrouvant dans des circonstances loufoques ou qu'ils simaginent telles, avec des prises de tête pas possibles à partir de rien... Et tout cela, en France profonde (imaginez-vous La Creuse, par exemple) vivant au rythme lent des petits événements d'une haute importance locale.
Et c'est pour cela que je l'aime et l'ai inclus dans ma (courte) liste d'auteurs français à surveiller et défendre.
Sauf que là, il s'est surpassé. On n'a pas encore l'impression d'une autoparodie mais quand même l'impression d'un long exercice de style. Alors qu'un exercice de style doir être court! Et si cet exercice de style s'appelle "un roman", il faut que tout cela ait un sens, que cela mène quelque part et aboutisse.
Le roman commence bien (j'entends, du point de vue littéraire, pas pour le personnage principal évidemment) mais le procédé narratif se répète, sans vraiment se renouveler, on le comprend vite et on s'en lasse aussitôt. J'avais vraiment hâte de finir le bouquin... pour m'en débarasser et passer à autre chose. On ferme le livre mais le roman n'a toujours pas commencé. C'est dommage, il aurait pu si Egloff ne s'était pas renfermé uniquement dans son exercice de style.
Cela dit, il reste efficace: si cela faisait longtemps que vous ne vous êtes pas senti dépressif, prenez ce livre. Une dépression légère (avec un petit côté joyeux) vous est garantie! Vous pouvez aussi l'offrir pour se venger des gens dont la bonne humeur vous agace (la couverture de l'édition poche est assez attractive).
Quant à moi, je lui donne 1/5: qui aime bien, châtie bien. Mais c'est à se demander si Joêl Egloff veut que je le surveille et le défende.