«Comme ils sont beaux. Mes enfants. Ils sont assis, tous les quatre, sur le muret. Immobiles. Silencieux. La maison dans le dos. En face, la mer. Ils regardent loin devant. Et loin derrière ; un soupir, un sourire pâle, un battement de cils. Les volets clos, les bagages posés sur le gravier, le soleil de septembre... c'est le décor d'un commencement ; d'un épilogue. L'un et l'autre peut-être. Un homme remonte l'allée, aveuglé de lumière. Dans sa main, il tient une Bible, le livre du début et de la fin ; ou l'inverse. Il ne sait pas que les quatre ombres assises là-bas, sur le muret, ont elles aussi peuplé un vide immense. Ébauché un monde. En sept jours.»
Quatre frères et sœurs se retrouvent, entre les murs de la maison où ils ont grandi. Seuls pour la première fois. En quête d'une rencontre. À la recherche d'un point de départ, au-delà des liens du sang.
Valentine Goby est née en 1974. En sortant de Sciences Po, elle fait un séjour de 3 ans en Asie (Hanoi et Manille). À son retour en France, en 2002, elle publie aux éditions Gallimard son premier roman, La Note sensible.
Un début un peu déroutant, mais une très belle plume qui aborde la question du deuil, des relations difficiles entre frères et soeurs, l'apprentissage de la séparation... Le récit est découpé en plusieurs séquences et à chaque temporalité, on découvre le point de vue d'un des enfants, leurs non-dits, leurs ressentis... C'était beau.