Peut-on fonder une morale indépendante de la religion ? Cette dernière est-elle nécessaire au maintien de la société ? En est-elle, au contraire, l'ennemie ? Comment penser le problème du mal ? Telles sont les questions que pose Bayle au fil de quatre ouvrages polémiques, dans lesquels la réflexion sur l'athéisme est liée à une enquête sur la superstition, les rapports entre société et religion, les ressorts de l'esprit humain. Protestant et libre-penseur, Bayle écrit dans un contexte de radicalisation religieuse. L'indépendance d'esprit du philosophe n'en est que plus admirable, au service du seul principe qui l'anime : le goût de la vérité, quoi qu'il en coûte. Prenant le contre-pied du préjugé qui associe l'athéisme à l'absurdité et à l'immoralité, Bayle y substitue le constat de l'irrationalité de la foi et des dangers du culte ; de sa vigoureuse entreprise critique se dégage une morale rationnelle et purement laïque. Dans la pensée paradoxale de ce premier homme des Lumières, dans son refus du dogmatisme, l'ironie cinglante de sa plume, la vigueur de son engagement, nous trouvons le précieux auxiliaire de nos propres préoccupations.
Philosophe protestant contraint à l'exil par la révocation de l'édit de Nantes, Pierre Bayle (1647-1706) ne cessa de combattre la superstition (Pensées diverses sur la comète) et de s'interroger sur les conditions et la nature de la vérité historique. Auteur d'un célèbre Dictionnaire historique et critique, il était le modèle intellectuel de Voltaire.
French philosopher Pierre Bayle, considered the progenitor of 18th-century rationalism, compiled the famous Dictionnaire historique et critique in 1697 and championed the cause of religious tolerance.
People later renamed Carla-le-Comte as Carla-Bayle in his honour.
His father, a Calvinist minister, and an academy at Puylaurens educated him. He afterwards entered a Jesuit college at Toulouse and, a month later in 1669, joined as a Roman Catholic. After seventeen months, he returned to Calvinism and fled to Geneva.
The teachings of René Descartes acquainted him. He returned, went to Paris, and for some years worked under the name of Bèle as a tutor for various families. In 1675, people appointed him to the chair at the Protestant academy of Sedan. In 1681, the government suppressed the university at Sedan in action against Protestants.
Bayle fled to the Dutch Republic just before that event, and the École Illustre in Rotterdam almost immediately appointed him professor. He taught for many years, but a long internal quarrel in the college embroiled him. As a result, people deprived Bayle of his chair in 1693.
Bayle in Rotterdam died. People buried his body and that of Pierre Jurieu, seven years later, in the Waalse Kerk.