«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était venue, et il avait poussé doucement la lourde chaise de métal pour qu’elle puisse s’installer, et c’était comme ça que tout avait commencé.»
À Budapest, Attila Kiss, 51 ans, travailleur de nuit hongrois, rencontre Theodora Babbenberg, 25 ans, riche héritière viennoise. En racontant la naissance d’un couple, Julia Kerninon déploie les mouvements de l’amour dans ses balbutiements. Car l’amour est aussi un art de la guerre, nous démontre-t-elle avec virtuosité dans son deuxième roman.
Julia Kerninon est née en 1987 à Nantes, où elle vit. Elle est docteure en lettres, spécialiste de littérature américaine. Elle s’est fait remarquer dès son premier roman, Buvard (2014), qui a reçu notamment le prix Françoise-Sagan.
Trois livres vont suivre aux Éditions du Rouergue, dans lesquels elle affirme son talent et déroule son principal thème de prédilection, la complexité du sentiment amoureux.
"Je savais exactement quatre choses sur toi, la peinture, les poussins, la solitude et la texture de ta peau, c'était très peu, c'était minuscule, mais l'amour est la plus haute forme de curiosité et je suis tombée amoureuse de toi."
Un récit plutôt étonnant, par l'originalité de son contexte géographique et historique. Intéressant d'avoir choisi la Hongrie comme origine pour cette histoire. Original aussi de réunir ces deux individus si différents et en même temps si semblables au fond. Toutefois, même si l'écriture de Julia Kerninon me séduit toujours autant, j'ai souvent eu du mal avec la résistance politico-historique qu'il oppose à Théodora et j'ai aussi trouvé leur histoire parfois abstraite, notamment leur rencontre si soudaine. J'aurais attendu plus de sensualité dans leur histoire d'amour aussi, moins d'intellectualisation.
Lu d’une seule traite. Magnifique écriture poétique et sans fioriture. C’est le deuxième roman de cette autrice que je lis et j’ai l’impression d’avoir trouvé une écrivaine que je suivrai pendant longtemps. Très beau récit d’amour qui met en scène une guerre qu’on mène à l’autre, mais qui n’est bien sûr souvent qu’une guerre qu’on mène à nous-même.
Julia Kerninon est une virtuose de l'écriture. J'ai commencé les premières pages perplexes face à ce héros si différent, lâche et médiocre comparé à Liv Maria. Mais l'écriture de Julia Kerninon fait tout, c'est splendide, tout est rendu poétique, et la complexité apparaît au fur et à mesure des pages. "La vérité ne se répartit pas exclusivement entre la parole et le silence, entre ce qui est dit et ce qui est tu, mais [...] elle occupe d'abord et surtout les territoires immenses et sans nom qui les séparent "
Julia Kerninon décrit une histoire d’amour qui n’aurait pas dû être. Parce que tout les sépare : l’âge, le milieu social, le pays d’où ils viennent. Et pourtant, c’est une passion absolue qui va les unir. Un beau roman qui aurait pu l’être encore plus s’il avait été plus long et si on avait pu en savoir encore plus sur les personnages, leur passé et leur histoire.
On découvre dans ce roman un couple qui semble n'avoir rien en commun (âge, milieu social, etc.) et à travers les souffrances des deux personnages, se dessine aussi l'histoire de leurs deux pays - l'Autriche et la Hongrie.
J'ai acheté ce livre sur les conseils de ma libraire, qui l'avait beaucoup aimé. Si je partage largement son avis, j'ai vraiment regretté que le roman soit si court et se lise si vite (à peine plus d'une heure de lecture !) car la plume de l'auteure m'a séduite et l'histoire était très prometteuse.
I picked up this book during a trip to the beautiful city of Budapest and read it while i was there. While the historical aspect was very interesting, and exactly the reason why I bought the book, I didn't really like the character of Attila, who I found was just despicable to Theodora. Still a book worth a read, the writing is nice enough and as a side note the cover is stunning.
Une de mes résolutions de 2021 est de lire les œuvres de mes auteurs et autrices préférées. Ce roman était le seul que je n’avais pas lu de Julia Kerninon, ma romancière française préférée. J’ai retrouvé avec plaisir sa plume très aiguisée. Une maîtrise de la langue française. Si j’ai aussi trouvé ce roman un peu trop intellectuel et manquant parfois de passion (on voit les progrès avec Liv Maria) j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l’histoire de la Hongrie et de sa relation ambiguë avec l’Autriche.
S'il y a bien une chose dont je suis sûre en lisant Julia Kerninon c'est que sa plume ne déçoit jamais. Une narration fine, tranchante parfois, des métaphores superbement trouvées - tellement qu'on aurait aimé les écrire. Cependant, j'ai trouvé que les personnages manquaient de relief, on n'a nulle part où s'accrocher, et l'histoire glisse toute seule...
Quel livre, quel style, quels personnages, quelle histoire... Et, mon Dieu, quelle autrice. J'avais déjà craqué pour Buvard, sublime et unique, je suis maintenant submergée par celui-ci.
Après avoir mené une autre vie, un mariage très jeune, un divorce, une vie volage, trois enfants avec Irisz, Attila triste, seul, quitte tout, sa Puszta pour s'établir à Budapest.
Il va peindre pendant un an... Il deviendra ensuite sexteur, trieur de poussins dans une usine de fois gras.
Attila a 51 ans, il est d'origine modeste, il est hongrois marqué par l'histoire de son peuple, les guerres du passé de l'empire austro-hongrois.
Un jour il rencontre Théodora, 25 ans, elle est une riche héritière d'une des plus vieilles lignées autrichiennes. A la tête de la fortune de son père, le plus célèbre des chanteurs d'opéra.
Ce sont deux mondes qui s'opposent, âge, milieu social, laissant les traces du passé historique entre leurs deux peuples et pourtant entre eux va naître une belle histoire d'amour : le dernier amour d'Attila Kiss.
C'est une plume alerte, acérée. L'écriture est très belle, ciselée. Un récit qui reprend l'histoire d'un peuple.
Peut-être pas le bon moment pour moi, car malgré toutes ces qualités, j'avoue être restée en dehors.
Ma note : 7.5/10
Les jolies phrases
Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu'à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre - par la considération des forces en présence.
Mon amour pour elle, c'est comme déserter mon pays, c'est coucher avec l'ennemi, c'est trahir ma conscience de classe, c'est accepter de fermer les yeux, de mettre mes mains sur mes oreilles et d'oublier qu'ils nous ont laissés derrière, autrefois, que c'est à cause de leur atavisme, de leur besoin navrant de protéger leur ville muséale, que nous en sommes là.
...c'était minuscule, mais l'amour est la forme la plus haute de la curiosité et je suis tombée amoureuse de toi.
De la musique parfaite inventée par un idiot, un idiot qui n'était touchant que quand il chantait, et qui dans le civil était juste une brute, mais les brutes sont parfois capables de grandes choses, comme l'a maintes fois démontré l' Histoire, et tout le ressentiment de Theodora ne faisait pas le poids face à sa connaissance profonde de l'opéra.
Je ne sais pas comment Julia Kerninon fait pour être d'une telle justesse dans son écriture. C'est beau, c'est différent, c'est juste, c'est recherché et ça semble si simple. Je l'ai lu en étant perplexe sur ce que je lisais et finalement j'ai été ravie, séduite, comme toujours.
Un roman doux et déconnecté du monde. Où l'amour est une guerre, où l'on croit qu'un vainqueur est nécessaire, où il faudrait, peut-être, baisser les armes.
Une histoire d’amour comme son titre l’indique qui manque de passion, de romantisme, de sensualité. Heureusement qu’il y avait de bonnes descriptions et un bon contexte historique...
Certaines phrases retiennent de l’orfèvrerie...on ne peut pas noter tout dans un carnet de citations!? Histoire d’amour sur fond d’Histoire ( Autriche/Hongrie ).
Une histoire originale sous la plume incroyale de Julia Kerninon !
C'est le 2e livre de Julia Kerninon, mais c'est pour moi le premier que je lis. Je l'ai lu dans le cadre de ma formation, juste avant d'avoir la chance de recevoir l'auteur à la librairie (je ferais un article dessus, c'était une très belle rencontre). J'ai été captivé par l'écriture de cette jeune femme. Elle écrit tellement bien ! L'histoire était originale, sans prise de tête. Cette histoire d'amour est différente des autres, et le contexte y est pour beaucoup. Cet homme qui refuse d'aimer cette jeune femme. Mais malgré tout ses efforts, il ne peut lui résister. A dévorer, à découvrir !
Comment peut-on aimer et détester si intensément la même personne? La peur d'aimer l'Autre... Lecture intense, mais une légère déception: j'ai préféré son premier roman "Buvard". Je l'ai trouvé mieux construit, plus réfléchi, le verbe meilleur (quoique... l'ouvrage ici est très bien écrit malgré un début "léger").