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Révolution et état de violence

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Les contestations révolutionnaires de 2011 ont, pour un temps, changé les termes du débat dans la «rue arabe» mais aussi le regard que le reste du monde portait sur les sociétés moyen-orientales. L'héritage de la domination ottomane, le colonialisme et le post-colonialisme, l'autoritarisme, l'islamisme, la question palestinienne... semblaient, durant cette courte période, cesser de fournir les clefs d'intelligibilité du monde arabe. Tout convergeait, enfin, pour laisser supposer que le djihadisme des années 1980-2000 cédait place à une communion universelle entre ce monde et l'Occident. Pourquoi les promesses de 2011 ont-elles finalement été suivies d'un état de violence et d'effondrement social dans de nombreuses sociétés ? Comment ces révolutions ont-elles fait bouger les lignes de force structurant le monde arabe ? Quelles étaient les différences structurelles et conjoncturelles entre la Tunisie et l'Egypte d'une part, les autres sociétés arabes de l'autre ? Quelles sont les conditions permettant à une crise révolutionnaire de devenir un moment de vérité aussi bien pour les pouvoirs que pour les sociétés ? C'est à ces questions que répond Hamit Bozarslan, dans un essai aussi limpide que nécessaire.

304 pages, Paperback

Published April 9, 2015

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Hamit Bozarslan

49 books14 followers
1958 Lice doğumlu olan Hamit Bozarslan tarih ve siyaset bilimi alanlarında doktorasını tamamladıktan sonra 1995-1997 yılları arasında Berlin’de bulunan Centre Marc Bloch’da araştırmacı olarak yer almış, ardından EHESS-École des Hautes Etudes en Sciences Sociales’de (Paris Sosyal Bilimler Yüksek Okulu) çalışmaya başlamıştır. 2002-2008 yılları arasında, aynı kurum içinde yer alan Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman (İslâm ve Müslüman Toplumları Enstitüsü) başkanlığını da yürütmüştür. Halen EHESS bünyesinde profesör olarak araştırmalarına devam etmektedir. Ortadoğu’da şiddet, siyasal hareketler, Kürt sorunu gibi konularda çalışmalarıyla tanınmaktadır. İletişim Yayınları tarafından yayımlanan eserleri arasında Ortadoğu: Bir Şiddet Tarihi (2010), Ortadoğu’nun Siyasal Sosyolojisi (2012) ve Türkiye Tarihi: İmparatorluktan Günümüze (2015) adlı kitapları yer almaktadır. Lüks ve Şiddet, İbn Haldun’da Tahakküm ve Direniş (2016) adlı çalışması Med 21 Programı İbn Haldun ödülüne layık görülmüştür.

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Profile Image for Yves Gounin.
441 reviews68 followers
January 11, 2016
Le cinquième anniversaire de l'immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 et de l'exil forcé de Ben Ali le 14 janvier 2011 est passé inaperçu. Comme si l'espoir qui s'était levé en Tunisie était aujourd'hui retombé, la révolution dégénérant en un état de violence généralisé.

C'est le constat pessimiste que dresse Hamit Bozarslan dans la continuité de ses précédents travaux sur le Moyen Orient. Revenant sur le Printemps arabe, il souligne sa soudaineté. A l'instar de la chute du Mur en 1989, il était prévisible mais imprédictible : le pouvoir était en crise (leaders vieillissants et impopulaires, « capitalisme des copains », revendications sociales de plus en plus virulentes ...) mais semblait solidement arrimé (la croissance économique était satisfaisante, des élections venaient d'avoir lieu, la question sociale était sous traitée aux organisations islamistes).

Pourquoi le Printemps arabe a-t-il éclaté en Tunisie et en Égypte ? Pourquoi entraîna-t-il la chute du régime dans ces deux pays ? Pourquoi ne s'étendit-il pas au reste de la région ? Hamit Bozarslan consacre le plus long chapitre de son livre aux "effets de domino de 2011". L'expression doit être maniée avec prudence. Certes, en écho au renversement de Ben Ali et de Moubarak, la "rue arabe" s'est embrasée, du Maroc au Bahreïn en passant par Benghazi et Alep. Mais l’histoire des années 2011-2015 est celle d'une renationalisation du Printemps arabe, chaque Etat gérant à sa façon la contestation : le Maroc de Mohamed VI en donnant l'impression de lâcher du lest sans rien lâcher en réalité, la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Assad en ouvrant le feu contre la rébellion au risque d'internationaliser le conflit et d'y perdre le pouvoir, l'Arabie saoudite et l'Algérie en utilisant la rente pétrolière pour faire taire les revendications, etc.
Pour décrire la situation post-révolutionnaire Hamit Bozarslan emprunte au philosophe Frédéric Gros la notion d’état de violence caractérisé par le brouillage des catégories : guerre/paix, acteurs armés étatiques, non étatiques. De Libye en Irak, de Syrie au Yémen, tous les pays connaissent les mêmes phénomènes : la disparition des appareils d'Etat, la milicianisation du pouvoir, la fragmentation territoriale, l'effondrement des sociétés, leur précaire recomposition autour de la confession et de la tribu ... Même la Tunisie et l’Egypte, passées l’ivresse du moment révolutionnaire et la mise en place d’un processus démocratique qui conduit à la victoire électorale des partis islamistes, connaissent une réaction thermidorienne et le retour au pouvoir d’élites associées à l’ancien régime.

Au terme de ce tour d'horizon, une conclusion paradoxale s'impose. D'un côté, le Moyen Orient par les problématiques qu'il génère continue son expansion entamée dans les années 80 vers l'est (Iran, Afghanistan) puis dans les années 90 vers l'ouest (Algérie). L'élargissement post-2011 ne s'est pas réalisé en Asie mais au sud vers l'Afrique. C'est en Somalie, au Nigeria, au Mali autant qu’en Syrie-Irak que le jihad enregistre ses premières tentatives encore imparfaites de territorialisation. De l'autre, l'éclatement des cadres étatiques et la recomposition des sociétés ont conduit au recroquevillement des identités au point de faire perdre à la notion de Moyen Orient sa pertinence.
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