Deuxième roman de Maude Nepveu-Villeneuve, La remontée s’ouvre sur la disparition de David, ancien amant de Clarisse, avec qui elle n’a plus de contact depuis des années. Lorsque celle-ci apprend la nouvelle au hasard d’un coup de téléphone, elle laisse derrière elle sa fille et toutes ses ambivalences maternelles pour partir jusque chez lui, à Sainte-Catherine-sur-Mer, un village perdu du Bas-du-Fleuve. S’amorce alors une quête intérieure mêlant deuil, création et filiation, à travers les révélations d’un récit intimiste qui se refuse à être un téléroman.
Au travers de ses études universitaires en dramaturgie et en littérature, Maude Nepveu-Villeneuve touche à différents genres littéraires, tant en création qu’en recherche. En 2006, elle cofonde la compagnie de théâtre de marionnettes Les Veilleurs, pour laquelle elle coécrit deux spectacles (Bleu, 2007, et Bleu : table rase, 2008). Elle publie également des articles, des nouvelles et des essais dans diverses revues (L’Artichaut, Main blanche, Autobus 64 Nord, Rappel) ainsi que la nouvelle « Ma mère, elle était canon » dans Le livre noir de ta mère (Éditions de Ta Mère, 2009). Elle travaille comme correctrice pigiste, enseigne la littérature au collégial et, depuis 2011, fait partie des quatre têtes dirigeantes des Éditions de Ta Mère. Partir de rien est son premier roman.
Un livre important sur l'expérience d'être parent qui ne se complaît pas à décrire une tranche de vie singulière et intime mais au contraire, qui s'efforce (et qui réuissit, à mon avis) à aborder certaines émotions vécues tant par le père que la mère. Oeuvre fascinante qui met en scène des émotions particulièrement complexes sans toutefois les simplifier ou les édulcorer. Sans viser vers l'universel, La Remontée réuissis néamoins à correctement mettre en scène le vif et le vulnérable que l'on vit lorsqu'on est parent.
Un livre magnifique, sur les processus de deuil et sur la maternité. J'ai beaucoup aimé l'écriture de Maude Nepveu-Villeneuve, ça me donne envie de lire son premier roman.
Un très beau roman, un page turner captivant qui nous tient en haleine tout au long de la lecture !
L’histoire de Clarisse, ses réflexions sur la maternité, sur la fuite, sur ses propres décisions, ses remords et ses réactions sont touchantes et authentiques.
Les personnages sont intéressants et sincères ! À lire !
La remontée, de Maude Nepveu-Villeneuve, c’est l’histoire de Clarisse, une fille imparfaite, un peu détruite par la vie, mais qui malgré tout cherche le bien. C’est l’histoire d’une amoureuse qui tombe pour le beau David avec qui elle passe un été à aimer. C’est aussi l’histoire d’un couple qui se sépare pour des raisons pratiques, mais qui continue mutuellement de penser l’un à l’autre. Clarisse continue de penser à lui parce qu’elle élève seule leur fille, Lavinia, secret qu’elle n’a pas confié à David.
Les années passent et c’est par un soir d’exposition à la galerie où elle travaille que Clarisse reçoit l’appel d’une dame qui cherche David. Un peu sur un coup de tête, elle décide d’aller à Sainte-Catherine-sur-mer, un village du Bas-du-Fleuve, pour participer à sa recherche. La dame l’accueille chez elle où elle héberge déjà quelques chambreurs, dont David, et c’est ainsi qu’elle se trouve projetée dans un univers où le silence et la nature la ramènent à cet été passé avec lui. Rapidement, on déclare que David est disparu et ce n’est que quelques temps plus tard que son décès est confirmé.
Le roman de Nepveu-Villeneuve est composé d’éléments qui sont toujours gagnants dans mon coeur ; un exil qui permet l’introspection, que très peu d’actions, mais beaucoup d’émotions et surtout, une écriture finement sincère pour que je crois entièrement à l’histoire de Clarisse. La construction du personnage est marquante, dès les premières pages, elle nous est décrite comme simplement humaine, comme une fille qui essaie juste de faire le bien, même quand le mal survient.
La réflexion sur la maternité est rassurante. Loin d’être la mère parfaite, Clarisse a envie parfois de « sacrer son camp ». Le visage de sa fille, aussi magnifique soit-il, ne la satisfait pas à 100%, elle l’aime inconditionnellement, mais il y a quand même un mais. J’aime le fait que Nepveu-Villeneuve ne représente pas la maternité comme une source incommensurablement heureuse. Être mère lui fait mal par l’amour qu’elle ressent pour sa fille, mais lui fait mal aussi, parce qu’elle ne se sent pas toujours à la hauteur de ce que la société nous vend face à la magie de la maternité. Clarisse a perdu la garde de sa fille suite à un événement malheureux. On lui a enlevé sa fille et elle est coincée entre un sentiment de douceur immense et une certaine libération. Clarisse tente durant ces quelques jours à Ste-Catherine-Sur-Mer de trouver une réponse et une force pour continuer. Le décès du père de sa fille, de son grand amour, devient une quête intérieure vers une solution pour remonter la pente glissante sur laquelle elle est en train de glisser.
Au final, La remontée est un nouveau coup de coeur pour moi. Ce deuxième roman n’a fait que me donner envie de lire Partir de loin, le premier roman de Maude Nepveu-Villeneuve. L’écriture est simple, reliée à la nature, au besoin d’évasion, à cette envie continuelle de simplement être bien. La remontée, c’est un désir profond de « remonter », de retrouver la source de création, de bien-être en soi. La simplicité de l’écriture, les remises en question et l’envie de se sentir épanouie font de Clarisse un personnage auquel je me suis attachée et j’oserais même dire associée dans sa tourmente continuelle de vouloir être bien.
« Elle avait l’habitude des fins abruptes; elle s’était toujours sauvée dès que ça devenait difficile, elle avait coupé tellement de ponts déjà qu’elle s’était elle-même construit son île avec les retailles. »
Les éditions de Ta Mère publient le deuxième roman de Maude Nepveu-Villeneuve, La remontée. Après Partir de rien, Nepveu-Villeneuve revient avec un roman à la prémisse accrocheuse : Clarisse reçoit un appel lui annonçant qu’un ancien amant, David, est disparu. La jeune femme abandonne alors son amant du moment et associé, Renaud, ainsi que sa galerie d’art pour rejoindre le Bas-du-Fleuve. Elle part donc retrouver les dernières traces de son ami disparu; elle espère qu’il ne soit pas mort. Arrivée sur place, elle s’installe dans la maison de chambre où David habitait avant sa disparition et y rencontre quelques personnes, un peu amochées par la vie, mais qui semblent enclines à l’intégrer à leur petite communauté. On comprend aussi qu’elle n’a pas laissé que sa galerie d’art derrière elle. En effet, une petite fille que les services sociaux lui ont enlevée prétextant de mauvais traitements l’attend aussi à Montréal.
Clarisse est avant tout un personnage compliqué, auquel on a d’emblée de la difficulté à s’attacher. On comprend qu’elle a vécu des moments difficiles par le passé et qu’elle se questionne beaucoup sur son rôle de mère. Comment peut-elle arriver à conjuguer sa vie de mère monoparentale avec sa vie artistique qu’elle a d’ailleurs complètement abandonnée à la suite de la naissance de sa fille? Sa fuite vers le Bas-du-Fleuve ne fait qu’accentuer ce sentiment qu’elle a de ne pas prendre ses responsabilités, mais ouvre aussi des blessures du passé qui mériteraient d’être explorées. La grande majorité du roman tourne autour de ses remises en question et sur les émotions et les sentiments de Clarisse. C’est d’ailleurs une des forces du roman : montrer les aléas de l’âme, questionner la maternité et, surtout, considérer à quel point le rôle de mère peut devenir poignant. Il serait par contre important d’aller plus loin, et par moments, le roman manque de profondeur. Lorsque Clarisse se demande si elle devrait faire un atelier de peinture dans la chambre de sa fille ou lorsqu’elle se questionne sans cesse à qui elle pourrait laisser son enfant, on décroche un peu de tant de désabusement. On aimerait plutôt dire à la jeune femme d’aller chercher de l’aide parce qu’elle en a clairement besoin.
Nepveu-Villeneuve s’attaque donc à un sujet tabou encore de nos jours : une femme a-t-elle le droit, peut-elle renoncer à son rôle de mère? Avec le dénouement de la disparition de David, Clarisse trouvera les réponses à ses questions, bien sûr, mais elle trouvera beaucoup plus, une partie d’elle-même qu’elle croyait noyée dans la routine et les méandres de la vie.
Extrait:
« La semaine avait été presque parfaite. Les gens, les restaurants, les bars, les galeries, tout les avait enchantés. C’était le genre de voyage qu’ils n’auraient pas pu faire avec Lavinia, Clarisse y avait pensé souvent, mais elle n’avait rien dit, parce qu’elle était gênée de profiter autant de son existence sans elle, et parce qu’elle ne voulait pas donner raison à Renaud, qui lui avait dit, après l’accident, quand elle avait commencé à replonger prudemment dans sa vie d’avant, celle des bars bondés, des fêtes qui se terminent à six heures du matin, des brunchs qui s’étirent jusqu’au souper et des fins de semaine dans le Nord, que c’était peut-être mieux ainsi : ça n’avait pas été l’idée du siècle, avait-il ajouté, de faire un bébé avec quelqu’un qu’elle ne connaissait presque pas et de l’élever toute seule, et elle devait bien s’en rendre compte, maintenant. »
Je suis reconnaissante pour la fin de ce livre, et pour son exploration courageuse d’une réalité très taboue, celle de regretter d’être devenue mère.
J’ai quand même trouvé vraiment difficile de lire les passages où Clarisse parle de sa fille en songeant à l’abandonner à d’autres. J’ai ressenti une certaine détresse à l’évocation de cela.
Pour ce qui est de l’histoire d’amour, j’ai trouvé que c’était un drôle d’angle pour l’aborder. On arrive après l’idylle, plus tard, trop tard. Trop de temps a passé, des choses qui auraient du être dites sont restées sécrètes, et maintenant, il est juste trop tard.
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Un récit simple et à la fois tortueux, qui ne se dévoile pas tout de suite mais qui fait gasp de surprise quand on en comprend enfin tous les contours. J’ai beaucoup apprécié la thématique du doute maternelle, je ne m’y attendais pas du tout et j’ai beaucoup réfléchi pendant ma lecture, habitée par cette angoisse profonde du regret de la parentalité - une angoisse propre à la trentaine, quand on ressent l’étau se resserrer sur notre propre avenir avec ou sans enfants, je crois!
Le sujet est vraiment intéressant ! Certaines phrases m'ont percutée ! Mais... mais. Je ne sais pas si c'est l'attente folle et l'envie d'aimer si fort ce livre qui m'a déçue ou si vraiment il manque un quelque chose dedans pour vraiment accrocher/m'accrocher ! Les deux étoiles sont très personnelles !
Les romans de Maude Nepveu-Villeneuve ne laissent jamais indifférent. La Remontée, c'est une histoire de disparition et de regrets. Le genre qui fait se demander comment serait notre vie si on avait fait certaines choses différemment. Un récit qui aborde aussi la maternité d'une façon qui nous est rarement racontée.
Un livre qui m’a transporté dans les réflexions de la personnages principale sans jugement et sans détour. J’ai beaucoup apprécié la simplicité avec laquelle on entre dans son cheminement. Les sujets sont lourds (mort, maternité et dpj), mais abordés avec légèreté.
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Ce livre fait partie du genre de fiction qui est vraiment bon, mais que je me dis "pourquoi est-ce que je lis ça?" Je me suis sentie tellement croche en lisant ça. Pendant toute la soirée après la fin de ma lecture, j'étais angoissée, avec la vague impression que quelqu'un allait venir chercher ma fille et la placer en famille d'accueil. J'y ai même rêvé (, parce que mon subconscient est quétaine, mais je m'assume).
Les descriptions de la parentalité étaient dérangeantes et vraies, dérangeantes parce que vraies - la touche de soulagement une fois Lavinia partie que Clarisse enfouit loin d'elle-même, noyée dans l'horreur d'être loin de sa fille mais là quand même. (Cette histoire d'enfant qui s'en va en Russie avec I no longer wish to parent this child, quelle horreur. Pauvre bébé.)
Par contre toute l'histoire avec David, et le voyage en Gaspésie, ne m'a pratiquement pas touchée. J'avais juste hâte d'arriver à l'heureuse fin où mère et enfant sont réunies (ça paraît-tu que je lis beaucoup de Harlequins?).
J'ai été complètement happée par cette histoire de fuite, de deuil et de parentalité. Fâchée par moments contre la personnage principale, émue à d'autres, et surtout impressionnée par le doigté et la sensibilité avec laquelle l'auteure traite du deuil et des sentiments ambivalents face à la parentalité. J'ai refermé le livre avec l'impression d'avoir accompagné les personnages dans leur transformation, et ceux-ci m'ont habitée encore après avoir refermé le livre.
Mon amie Maude m’avait dit qu’elle n’avait pas particulièrement aimé ce roman. J’aurais dû l’écouter, car nous avons habituellement des goûts de lecture similaires. Je n’ai pas détesté ce roman, mais je n’avais pas particulièrement le goût de poursuivre ma lecture non plus. J’ai lu les dernières pages un peu en diagonale. J’ai trouvé qu’il était difficile de s’attacher au personnage principal et qu’il ne se passait pas grand chose.
Un coup de cœur pour cette auteure! Cette histoire m'a beaucoup touchée et je l'ai trouvée très inspirante... comme quoi parfois c'est difficile d'assumer les choix que le l'on fait et surtout d'en subir les conséquences... l'impact du regret et du vide. Un gros 4 ⭐️