Pour se relever d’un accident grave, Laurent Hasse entreprend une traversée de la France à pied. En plein hiver, du sud vers le nord, il va parcourir 1 500 km à la rencontre de lui-même et des autres. Des inconnus lui ouvrent leur porte et se racontent le temps d’un café, d’une nuit ou de quelques jours. Lucette, la vieille dame dans les montagnes pyrénéennes, André, un boulanger dans le Cantal, Laurent et Izia, un couple d’éleveurs dans la Creuse, Eriola, jeune en banlieue parisienne, ou encore Bernard, instituteur en Picardie… À tous, il pose alors une même question : « C’est quoi le bonheur pour vous ? » Voici, à travers le regard décalé d'un anti-héros, une France inattendue, ni pessimiste ni naïve. Une France intime et réelle. Loin des clichés, voici le bonheur selon les Français.
Laurent Hasse a 45 ans. Il vit en région parisienne et travaille comme réalisateur pour la télévision et le cinéma. De ce voyage à travers la France, il a également tiré, en 2012, un documentaire, Le Bonheur, terre promise, sélectionné dans de nombreux festivals internationaux et plusieurs fois récompensé. « Marcher permet de lever le regard sur la beauté du monde et le visage de l’autre. Un jour, Laurent Hasse s’est élancé. » (Kathleen Evin, L’Humeur vagabonde, France Inter)
Laurent Hasse prend la décision, suite à un grave accident en vélo, de traverser la France à pied. Il commence son périple aux Pyrénées et marche jusqu’à Dunkerque. Comme si ceci n’était pas assez de challenge, il le fait en hiver… Son récit montre la difficulté d’une telle marche quand il fait froid, quand il neige, quand il pleut. L’incertitude où dormir le soir devient une question de survie, si on n’a pas beaucoup d’amis ou de connaissances d’un ami chez qui on peut squatter pour une nuit. Ces rencontres sont la partie la plus motivante de son récit. Ses émotions refroidissent avec les températures dehors et ce n’est pas toujours agréable d’avoir encore une journée grise et maussade à lire. Laurent Hasse part avec l’idée de chercher le bonheur et il demande à tous les personnes qu’il rencontre ce qui signifie le bonheur pour eux. Les réponses sont variées et parfois étonnantes, parfois touchantes : - « Ça c’est le bonheur, pour nous en tout cas. Ça peut sembler maso, mais ça fait partie de notre métier. » - « Le bonheur, c’est aussi ça, reprendre contact avec l’authenticité qui quiconque peut dégager. » - « … avant toute chose il faut s’appartenir à soi-même et le bonheur c’est quand on est à soi. » - « … nos rêves se sont brisés contre la réalité. Donc rechercher le bonheur, moi, je n’y crois plus du tout. »
Quand il passe des endroits que j’ai connu comme pèlerine, comme Decazeville ou Conques, j’ai reconnu dans ses descriptions les lieux. Par contre, de tout le reste, je ne garde dans la tête qu’une seule masse grise et désagréable. Des émotions de Laurent Hasse, je me rappelle presque uniquement la déprime… Je trouve qu’il manquait un peu de détails de ses rencontres au niveau émotionnel parfois. Laurent Hasse n’est certainement pas un Sylvain Tesson, et son récit est loin de l’intérêt que je pourrais porter à l’autre, mais c’était une lecture intéressante et je lui témoigne tout mon respect pour avoir réussi son projet malgré la saison et ses doutes.