L'obsessionnel Marcelo Bielsa. Le jusqu'au- boutiste. L'idéaliste. Le perfectionniste. L'orateur qui collectionne les phrases alambiquées. L'honnête homme aux principes non négociables, principes vecteurs de déstabilisation de sa propre personne, de ses joueurs, des clubs qu'il a dirigés. Le tacticien admiré par ses pairs. L'homme à la vie ascétique, mais qui n'aime rien tant que partager un bon fromage ou enfourner quelques tacos. Le consommateur boulimique de vidéos. L'impitoyable coach qui adore par-dessus tout faire rire les enfants. Le formateur devenu entraîneur, puis sélectionneur. Le professeur aux colères noires et aux envolées philosophiques... Depuis son arrivée à Marseille, la France a appris à connaître Marcelo Bielsa, cet entraîneur qui fascine le monde du football depuis plus de vingt ans, assis sur une glacière ou le regard incliné vers le sol. Un entraîneur scientifique à l'âme de poète que Pep Guardiola admire... Ces Miscellanées raconteraient " El Loco ", le grand personnage de la saison de Ligue 1, par l'anecdote, de ses débuts sur le banc à Newell's Old Boys, en Argentine, jusqu'à son arrivée en France, en passant par le Chili, le Mexique et l'Espagne. Un Bielsa qui n'a pas foncièrement changé depuis ses débuts, mais qui a surpris partout, et pour le moins fasciné. L'ouvrage peut s'avaler ou se picorer, depuis son sofa ou assis sur... une glacière.
Citations du livre "Les moments de ma vie où j’ai le plus progressé sont liés aux échecs, alors que les moments de ma vie où j’ai régressé sont liés au succès. Quand tu gagnes, le message d’admiration est trop confus. Le succès déforme, nous fait nous relâcher, trompe, nous conduit à nous enamourer excessivement de nous-mêmes ; l’échec est le contraire, il est formateur, nous rend solides, nous rapproche de nos convictions, nous rend cohérents. Bien entendu, je me dédie au sport de compétition pour gagner, et je travaille ce que je travaille car je veux gagner, mais si je ne distinguais pas ce qui est réellement formateur et ce qui est secondaire, je serais dans l’erreur […] Dans n’importe quel domaine, on peut gagner ou perdre, mais l’important est la noblesse des recours utilisés, l’important est le cheminement, la dignité avec laquelle j’ai parcouru ce sentier dans la recherche de mon objectif"
" Je tiens à souligner qu’il vaut mieux être prestigieux que populaire, que le parcours qui nous mène quelque part est bien plus important que le succès espéré, que les faits sont plus significatifs que les mots, que démontrer est plus important que parler, qu’il faut ouvrir la voie à tout ce qui nourrit ce qu’il y a de noble en nous, et éviter ce qui stimule nos instincts les plus mesquins"
"Défaite ou victoire, sang ou applaudissements, sont des valeurs très chères à l’être humain. Dans l’échec, je souffre beaucoup de l’injustice des critiques, je ne suis jamais parvenu à dominer cela […] mais j’ai réussi, en revanche, à ne pas croire à la durabilité du succès. Comme on ne cherche pas à comprendre pourquoi tu as gagné, rien n’importe, ils t’adulent pour avoir gagné et non pas car tu méritais de gagner, donc j’ai toujours eu conscience que cet étendard (de la victoire) était une imposture"
"Je suis un amoureux de la création, reconnaît Bielsa, mais je n’ignorerai jamais les aspects du football liés à la volonté. Courir est un acte volontaire, pas d’inspiration. Tout le monde peut courir, créer, seulement quelques-uns […] Je suis inflexible sur la dépense physique, parce qu’elle dépend de chacun, pas du fait que Dieu décide de vous illuminer. "