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Charlotte Delbo

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Charlotte Delbo (1913-1985) est non seulement l’un des écrivains de la littérature dite des camps les plus étudiés dans les pays anglo-saxons, où elle est considérée à l’égal de Primo Lévi, mais une femme au destin exceptionnel. Près de 30 ans après sa mort, alors qu’on commémore en 2013 le centenaire de sa naissance, Violaine Gelly et Paul Gradvohl reviennent sur la vie de ce formidable témoin du XXe siècle. Issue d’une famille modeste, elle poursuit des études de philosophie à la Sorbonne et adhère aux Jeunesses communistes, où elle rencontre Georges Dudach qu'elle épouse en 1936. En 1939, elle fait la connaissance de Louis Jouvet, devient son assistante et sa confidente. Une rencontre intellectuelle décisive, qui place le théâtre au cœur de son expression. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la résistance avec son époux. Ce dernier est arrêté et fusillé. De leur dernière entrevue, Charlotte tirera, vingt ans plus tard, une pièce de théâtre, Une scène jouée dans la mémoire. Le 17 août 1942, Charlotte Delbo est déportée dans un convoi de prisonnières politiques françaises à Auschwitz-Birkenau puis Ravenbsbrück. Libérée le 23 avril 1945, elle est rapatriée en France en mai. Après la guerre, son combat continue. Elle travaille à l’ONU et, à partir des années 1960 et la parution de la trilogie Auschwitz et après, elle ne cesse plus d’écrire : textes brefs, poèmes en prose, pièces de théâtre (sur les massacres dans la Grèce des colonels, les procès contre les autonomistes basques), construisant progressivement une œuvre discrète mais majeure qui, mêlant témoignage et littérature, accorde une place de premier ordre aux femmes.

324 pages, Kindle Edition

First published January 3, 2013

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About the author

Violaine Gelly est psycho-praticienne et écrivain. Elle a été rédactrice en chef de Psychologies Magazine.

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
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April 3, 2016
Pas grand-chose à dire sur l'écriture elle-même, la biographie n'a rien de très original dans sa forme ni dans son style, mais la personne de Charlotte Delbo est extraordinaire, et je suis sidérée de la découvrir si tard. Je suis reconnaissante envers les auteurs d'avoir consacré un livre à cette vie de femme, résistante, déportée, écrivain, poète, et d'avoir posé la question : pourquoi la connaissons-nous si peu? Deux hypothèses sont évoquées : la première, des questions de date de publication (les livres de Charlotte Delbo auraient en quelque sorte manqué leur public, à contretemps des attentes des lecteurs) ; la seconde, le fait que Charlotte Delbo soit une femme. Et quand on voit à quel point Charlotte Delbo ou Germaine Tillion sont méconnues par rapport à Robert Antelme ou Primo Levi, on se dit que malheureusement, ce n'est pas une hyptohèse si farfelue...
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1,159 reviews47 followers
October 24, 2017
   Charlotte Delbo est assez connue aux États-Unis grâce à ses écritures sur son expérience au camps concentrationnaire, mais en France, sa popularité est moins. Ici, un journaliste (Violaine Gelly) et un historien chercheur (Paul Gradvohl) se met ensemble pour creuser dans la vie de cette femme forte, lyrique, raffinée. Cette femme qui a joué un rôle dangereux et clandestin avec les communistes français pendant la guerre jusqu’à sa capture en 1942. Les auteurs passe presqu’un quart du livre sur sa vie avant guerre jusqu’avant sa capture, avec des détails sur sa famille et son rapport avec eux, son rencontre avec Georges Dudach, son futur mari, et son temps avec le théâtre l’Athénée, sous la direction de Louis Jouvet.

   Un peu plus de cent pages – presqu’un tiers du livre – est consacrée à son temps aux camps concentrationnaire. Cette partie était difficile à lire, parce qu’on voit les détails des auteurs, récrée à partir des lettres de Delbo, ses écritures, et les écritures et des interviews avec ses camarades du camp. Et c’est assez détaillé – on se perd dans les noms des autre membres du convoi du 24 janvier 1943, en les suivant d’un camp à l’autre, de la vie à la mort. On voit le sens d’unité qui naît entre ces femmes, ces prisonniers politiques, ces femmes qui luttent quand même pour l’espoir, pour la joie, pour leurs idéals et leurs maris fusillés. Ces femmes qui, au lieu de se laisser devenir égocentrique au but de survivre, deviennent de plus en plus liées entre elles : elles se soucient pour l’une l’autre, elles s’aident, elles partagent la force pour pousser toujours vers l’avenir, avec l’espoir d’être libérée. Cette partie fait une époque essentielle dans la vie de Charlotte Delbo, car elle a informé ses écritures d’après, mais il est de mon avis que le temps consacré à son temps aux camps était un peu trop par rapport à sa vie entier.

   En lisant le temps « après » la guerre, j’ai eu l’impression d’une distance entre nous et Delbo, une distance où elle est à l’autre côté d’une salle, et entre elle et nous sont tout ses amis, sa famille, même ses écritures, et qu’on doit parler à eux et lire ce qu’il y a écrit pour parvenir à parler à Delbo, mais on n’arrivera jamais jusqu’à elle. Probablement une grande partie de cet sentiment est dû au fait que ce livre est une biographie, et non pas une autobiographie ni des mémoires. Mais quand même, j’étais un peu… déçue avec cette distance ; s’il y avait quelques observations de plus sur Charlotte par ses proches dans ce livre, je pense que je sentirais plus proche à elle, je pense que j’aurais pu la voir plus clairement.

   Ceci étant dit, les auteurs s’appuient souvent, mais pas trop, sur les écritures de Delbo – ses mémoires, ses lettres – pour créer le sens de cette époque-là. Entre les chapitres on retrouve des extraits de sa poésie, de ses mémoires. Les mots de Delbo augmentent cette biographie, ils donnent un peu de la poésie à sa vie, sans submerger l’histoire elle-même. On voit dans ces extraits ce que Delbo avait dit elle-même : tous que vous voulez savoir se trouvent dans ses œuvres complètes. Par contre, on ne trouve pas beaucoup de la Charlotte qui rit, qui prend des jeunes sous son aile après guerre et qui les guide, qui est magnifique, belle et raffinée. Elle reste là, formée des mots dessinés qu’on ne voit qu’à travers les autres, hors de portée. On la suit, sans jamais l’atteindre.

   Quand même cette biographie reste un œuvre bien travaillé : on voit les recherches de l’historien chercheur, on lit les phrases intéressant et accessible de la journaliste. Elle est à la fois érudite et intime. Il y a pas mal des notes de bas de page et une bibliographie pour des lectures à suivre, et des détails pour où trouver des traces de sa vie, comme le tombeau commun de George Dudach et les autres fusillés avec lui à Père-Lachaise, et la retraite préférée de Delbo à Breteau.

Deux citations préférées/qui nous font penser :
   « Certains ont dit que la déportation ne pouvait pas entrer dans la littérature, que c’était trop terrible, que l’on n’avait pas le droit d’y toucher…Dire ça, c’est diminuer la littérature, je crois qu’elle est assez grande pour tout englober. Un écrivain doit écrire sur ce qui le touche. J’y suis allée, pourquoi n’aurais-je pas le droit d’écrire là-dessus ce que j’ai envie d’écrire ? Il n’y a pas de mots pour le dire. Eh bien, vous n’avez qu’à en trouver ! Rien ne doit échapper au langage. » -- page 259, citation tiré de L’Express, 14-20 février 1966.

   Il existe une autre explication au silence qui entoure l’œuvre de Delbo, plus compliquée à défendre parce que sans doute encore plus inconsciente que la précédente [qu’elle était à contre-temps en tant que déportée politique]. Ce qui ne l’empêche pas d’être vraisemblable. L’hypothèse que nous formons est que Charlotte est moins lue parce qu’il s’agit d’une femme. Si l’on peut lire plus facilement des témoignages d’hommes, serait-ce parce que ces derniers sont, par essence, des guerriers ? En combattant, ils n’ont fait que leur devoir d’homme. […] – page 281
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