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Ciné journal

224 pages, Paperback

First published April 7, 1998

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Serge Daney

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Profile Image for Hugo LALLOZ.
21 reviews
August 20, 2026
C'est Emmanuel Burdeau qui m'a conseillé le livre. Ça peut donc être bien. Ça l'est.

J'ai lu un copain. Non pas parce que Serge et moi partageons le café - j'en bois pas - mais parce qu'il s'adresse au lecteur de Libération (donc pas à moi, j'évite, mais bon...) comme à un ami. Avec le tact que ça suppose. C'est-à-dire assez peu, tout de même. Parce qu'ensemble, on s'est bien marrés. Il est drôle, Serge. Il sait drôlement dire du mal des films. Il sait les aimer aussi. J'ai d'ailleurs, par son humour, plus envie de le suivre que de le réfuter. J'ai presque envie de ne plus aimer E.T. pour rire encore un petit coup avec lui.

Puis j'ai comme l'impression que mon nouveau pote Serge n'aime pas beaucoup se distinguer. Critique, journaliste, universitaire, théoricien, touriste : ça changera rien. Il peut tout faire, pourvu que le cinéma continue de bouger. Et puis bon, il paie les voyages. Il m'a fait rencontrer Satyajit Ray. Il m'a emmené au Japon lire des mangas. Il voyage avant que le voyage ne devienne une rubrique, avant que le manga ne devienne une industrie culturelle à expliquer dans les dossiers du mois. Il regarde ailleurs pour vérifier que le cinéma n'est pas seulement ce qui se passe chez lui.

Oui, parce qu'il vient des années 80, Serge. Alors forcément, il est parfois un peu vieillot. Parfois même parano. Il voit la télévision prendre la place du cinéma, ou plutôt prendre la place que le cinéma occupait dans notre manière de regarder le monde. Qu'il se rassure : ma génération ne saurait déjà plus très bien décrire Yann Barthès - si, en fait : il ressemble à un connard - et elle ne cherche même plus la télécommande dans les plis du canapé. La télévision est morte, donc elle va très bien.

Bon d'accord : si j'étais Serge, j'éviterais quand même de taper ''Squeezie'' sur Google. Ça poserait problème. Mais je ne crois pas qu'il ait connu Google.

Avec lui, je me suis surtout rappelé que les années 80, ce n'était pas seulement Arnold. Il y avait aussi Satyajit Ray, les mangas, les films dont personne ne parlait encore ici. Il y avait des images partout, et Serge était déjà parti les chercher.

Qui l'eût cru : les années 80 avaient aussi de bons films.
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